
Syndrome de l’intestin perméable (hyperperméabilité intestinale)
26 août 2026
Rectocolite hémorragique
26 août 2026Maladie de Crohn
Maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI) caractérisée par une atteinte transmurale et potentiellement discontinue de tout le tube digestif, de la bouche à l'anus, avec une prédilection pour l'iléon terminal et le côlon. Se distingue de la rectocolite hémorragique par cette atteinte transmurale et son caractère segmentaire, exposant à des complications propres (sténoses, fistules, abcès) que la RCH ne présente pas. L'enjeu principal de l'accompagnement, au-delà des éléments communs aux MICI, est le soutien du sevrage tabagique (facteur de risque et aggravant majeur et spécifique à cette maladie) et l'adaptation fine de l'accompagnement nutritionnel selon le phénotype (inflammatoire pur, sténosant, fistulisant) et la localisation des lésions.
En quelques mots
- Toujours identifier le phénotype de la maladie (inflammatoire pur, sténosant, fistulisant) et sa localisation (iléale, colique, iléo-colique, haute) : ces éléments déterminent à la fois le pronostic, la stratégie thérapeutique médicale et les précautions nutritionnelles à respecter (voir Boîte à outils).
- Rechercher systématiquement le statut tabagique et en faire une priorité absolue de l'accompagnement : le tabac est un facteur de risque et un facteur aggravant majeur et indépendant, spécifique à la maladie de Crohn (à la différence de la RCH où son rôle est débattu et parfois inversé).
- Ne jamais recommander de fibres insolubles ou de crudités en cas de sténose connue ou suspectée : le risque d'occlusion mécanique est réel et spécifique au phénotype sténosant de cette maladie.
- Rechercher systématiquement les lésions ano-périnéales (fissures, fistules, abcès) en anamnèse, très évocatrices de la maladie de Crohn et pouvant précéder de plusieurs années le diagnostic digestif : leur présence oriente vers une prise en charge spécialisée souvent multidisciplinaire (gastro-entérologue et chirurgien colo-proctologue).
- Vérifier systématiquement l'observance et le suivi du traitement de fond en cas de phénotype sévère : les recommandations GETAID 2025 insistent sur l'intérêt d'une stratégie thérapeutique précoce et adaptée au risque (combothérapie ou biothérapie d'emblée chez les patients à facteurs de mauvais pronostic), l'accompagnement naturopathique devant impérativement s'inscrire en soutien de cette stratégie et non en alternative.
- Soutenir le sevrage tabagique, priorité spécifique et non négociable de cette pathologie
- Adapter l'accompagnement nutritionnel au phénotype (inflammatoire, sténosant, fistulisant) et à la localisation des lésions
- Soutenir la cicatrisation et le confort en cas de lésions ano-périnéales associées
- Prévenir et corriger les carences nutritionnelles spécifiques à la localisation (carence en B12 et sels biliaires en cas d'atteinte ou de résection iléale)
- Accompagner la période péri-opératoire en cas de chirurgie de résection programmée
- Soutenir la rémission et l'observance du traitement de fond, en articulation avec les éléments communs détaillés dans la fiche MICI

Diagnostic
- Diagnostic reposant, comme pour l'ensemble des MICI, sur un faisceau d'arguments cliniques, endoscopiques, histologiques et radiologiques (voir fiche MICI pour le détail commun).
- Spécificité de la maladie de Crohn : lésions endoscopiques et histologiques discontinues (intervalles de muqueuse saine entre les zones atteintes, dites « skip lesions »), granulomes épithélioïdes à l'histologie (présents dans une minorité de biopsies mais très évocateurs lorsqu'ils sont retrouvés), atteinte transmurale visible à l'imagerie en coupe.
- Entéro-IRM ou entéro-scanner systématiquement recommandés pour évaluer l'atteinte de l'intestin grêle, souvent inaccessible à l'endoscopie standard, et pour rechercher des complications (sténose, fistule, abcès).
- Classification de Montréal (âge au diagnostic, localisation, comportement de la maladie : inflammatoire, sténosant ou pénétrant/fistulisant), outil de référence pour caractériser précisément chaque patient et orienter la stratégie thérapeutique.
- Selon les recommandations GETAID 2025, l'identification précoce des facteurs de mauvais pronostic (atteinte étendue du grêle, atteinte proximale ou rectale, lésions ano-périnéales, phénotype sténosant ou fistulisant d'emblée, tabagisme actif) est déterminante pour le choix de la stratégie thérapeutique initiale.
- Rectocolite hémorragique (voir fiche dédiée), pouvant être délicate à distinguer dans certains cas (colite dite indéterminée), la maladie de Crohn étant évoquée devant une atteinte transmurale, discontinue, ou une atteinte de l'intestin grêle
- Tuberculose intestinale, diagnostic différentiel classique de la maladie de Crohn iléo-cæcale, en particulier en zone d'endémie tuberculeuse
- Syndrome de l'intestin irritable (voir fiche dédiée)
- SIBO (voir fiche dédiée), pouvant compliquer ou mimer certains symptômes, en particulier en cas de sténose favorisant une stase
- Colite infectieuse (voir fiche Parasitoses intestinales pour certaines causes)
- Maladie cœliaque (voir fiche dédiée) en cas d'atteinte haute prédominante
- Endométriose digestive chez la femme jeune, pouvant mimer certains symptômes douloureux
- Douleurs abdominales, classiquement en fosse iliaque droite en cas d'atteinte iléo-cæcale, la plus fréquente
- Diarrhée chronique, moins souvent glairo-sanglante que dans la RCH (l'atteinte étant plus souvent grêlique que rectale)
- Amaigrissement et dénutrition, souvent plus marqués que dans la RCH du fait de la fréquence de l'atteinte de l'intestin grêle et de la malabsorption associée
- Fièvre modérée en poussée
- Lésions ano-périnéales : fissures, fistules, abcès, très évocatrices et pouvant précéder le diagnostic digestif de plusieurs années
- Manifestations extra-intestinales communes aux MICI (voir fiche dédiée) : arthralgies, aphtes buccaux récidivants, érythème noueux, uvéite
- Retard de croissance et pubertaire chez l'enfant et l'adolescent, en particulier en cas d'atteinte étendue de l'intestin grêle
- Signes de sténose : douleurs abdominales post-prandiales, ballonnements, épisodes de subocclusion
- Signes souvent négligés en médecine conventionnelle : fissures ou fistules anales isolées et récidivantes sans autre symptôme digestif franc, pouvant être le mode de révélation initial de la maladie
Évolution favorable : rémission clinique et endoscopique (cicatrisation muqueuse) obtenue en quelques semaines à quelques mois sous stratégie thérapeutique adaptée au phénotype et au risque, avec un pronostic amélioré par une stratégie précoce et adaptée selon les recommandations GETAID 2025, l'arrêt du tabac et une bonne observance thérapeutique.
Évolution défavorable : risque spécifique et plus élevé que dans la RCH de complications sténosantes (occlusion) et fistulisantes (fistules entéro-entériques, entéro-vésicales, entéro-cutanées, abcès), pouvant nécessiter une chirurgie de résection ; risque de récidive post-opératoire fréquent après résection, justifiant une surveillance endoscopique systématique à 6 mois et, chez les patients à facteurs de risque (tabagisme actif notamment), une biothérapie prophylactique précoce selon les recommandations actuelles ; dénutrition chronique en cas d'atteinte étendue de l'intestin grêle ; risque à long terme de cancer colorectal en cas d'atteinte colique étendue, justifiant une surveillance endoscopique dédiée. Signes imposant une orientation médicale immédiate : syndrome occlusif (douleurs, arrêt des matières et des gaz, vomissements), fièvre élevée associée à une masse abdominale (abcès), écoulement purulent périnéal avec fièvre.
- Voir la fiche MICI pour les facteurs communs (prédisposition génétique dont mutations NOD2/CARD15, dysbiose, hyperperméabilité intestinale, antibiothérapie répétée dans l'enfance)
- Tabagisme actif, facteur de risque et aggravant spécifique et majeur de la maladie de Crohn, à la différence notable de la RCH
- Appendicectomie, association discutée et propre à cette pathologie
- Alimentation occidentale riche en émulsifiants, pro-inflammatoire
- Tabagisme, facteur aggravant spécifique et majeur, à traiter en priorité absolue
- Prise d'AINS, facteur classique de déclenchement de poussée (commun aux MICI)
- Alimentation riche en fibres insolubles en cas de sténose connue, risque d'occlusion mécanique spécifique à ce phénotype
- Voir également la fiche MICI pour les facteurs aggravants communs (stress chronique, dette de sommeil, alimentation pro-inflammatoire)
Physiopathologie
Les mécanismes physiopathologiques généraux (dysbiose, hyperperméabilité intestinale, activation immunitaire inappropriée, production de cytokines pro-inflammatoires) sont communs aux MICI et détaillés dans la fiche dédiée. Les spécificités de la maladie de Crohn sont les suivantes :
- Atteinte transmurale
- L'inflammation touche l'ensemble de l'épaisseur de la paroi digestive, de la muqueuse jusqu'à la séreuse, à la différence de la RCH limitée à la muqueuse
- → cette atteinte en profondeur explique la formation possible de fistules (trajets anormaux traversant la paroi pour rejoindre un autre organe ou la peau) et d'abcès
- Caractère discontinu et segmentaire
- Les lésions alternent avec des segments de muqueuse macroscopiquement saine (« skip lesions »), pouvant toucher n'importe quel segment du tube digestif de la bouche à l'anus, avec une prédilection pour l'iléon terminal
- Évolution vers la sténose
- L'inflammation transmurale chronique et répétée peut aboutir à une fibrose pariétale progressive, rétrécissant la lumière digestive et provoquant un phénotype sténosant avec risque d'occlusion
- Rôle spécifique du tabac
- Le tabagisme altère la microcirculation intestinale et module négativement la réponse immunitaire muqueuse par des mécanismes propres, expliquant son rôle de facteur de risque et d'aggravation spécifique à la maladie de Crohn, à l'inverse de la RCH où son rôle apparaît différent voire protecteur selon certaines données, sans que cela justifie en aucun cas son usage
Terrain génétique et dysbiose (voir fiche MICI pour le détail commun)
→ activation immunitaire inappropriée contre le microbiote commensal, aggravée spécifiquement par le tabagisme actif
→ inflammation transmurale de la paroi digestive, pouvant toucher tout le tube digestif de la bouche à l'anus de façon discontinue
→ évolution possible vers la fibrose pariétale (phénotype sténosant) ou la formation de trajets fistuleux traversant la paroi (phénotype fistulisant)
→ complications spécifiques (occlusion, abcès, fistules entéro-cutanées ou entéro-viscérales) en l'absence de contrôle de la maladie
Accompagnement allopathique
Objectif : prévenir les rechutes et la récidive post-opératoire, prévenir les complications à long terme.
Traitement : arrêt du tabac accompagné, priorité absolue et spécifique à cette pathologie ; traitement de fond au long cours adapté au phénotype et au risque ; selon les recommandations GETAID 2025, une biothérapie prophylactique (anti-TNF, védolizumab, ou dans une moindre mesure ustékinumab) doit être prescrite 2 à 4 semaines après le rétablissement de la continuité digestive chez les patients présentant des facteurs de risque de récidive post-opératoire (tabagisme actif et au moins deux paramètres propres à la maladie tels qu'un antécédent de résection, un phénotype fistulisant, ou une exposition antérieure à au moins deux biothérapies) ; endoscopie de suivi systématique à 6 mois après rétablissement de la continuité, pour dépister une récidive infraclinique.
Objectif : induire puis maintenir la rémission clinique et endoscopique.
Traitement : selon les recommandations GETAID 2025, la première ligne de traitement d'induction repose sur une corticothérapie systémique (dose ≤ 40 mg/jour, moins d'un mois) ou le budésonide (moins efficace mais mieux toléré, pouvant être privilégié dans les formes moins sévères) ; dès lors que la maladie est corticodépendante, corticorésistante ou en présence d'une contre-indication, le traitement de première ligne repose sur un anti-TNF ou l'ustékinumab ; chez les patients naïfs de traitement avec facteurs de mauvais pronostic, une stratégie précoce combinant immunosuppresseur et biothérapie (« top-down », par exemple infliximab associé à l'azatioprine) permet d'obtenir des taux de rémission sans corticoïdes significativement supérieurs à une stratégie d'escalade progressive selon l'essai PROFILE ; en cas de perte de réponse à une biothérapie, optimisation de la dose ou de la fréquence d'administration avant de conclure à un échec, avec des taux de réponse clinique significatifs rapportés dans les cohortes GETAID ; prise en charge chirurgicale (résection segmentaire, stricturoplastie en cas de sténose courte) en cas de complication (sténose symptomatique, fistule compliquée, abcès, échec du traitement médical bien conduit) ; drainage radiologique ou chirurgical des abcès associé à une antibiothérapie ; aucun probiotique testé à ce jour (Lactobacillus johnsonii, Lactobacillus rhamnosus, VSL#3, ni les symbiotiques) n'a démontré d'efficacité dans les essais contrôlés randomisés portant sur l'induction ou le maintien de la rémission de la maladie de Crohn.
Évaluation fonctionnelle du terrain
- Voir la fiche MICI pour les questions communes (statut de la maladie, traitement en cours, dernier bilan, transit, stress)
- Quel est le phénotype de votre maladie (inflammatoire, sténosant, fistulisant) et sa localisation ?
- Avez-vous des lésions ano-périnéales (fissures, fistules, abcès) actuelles ou passées ?
- Fumez-vous ou avez-vous fumé ? Un accompagnement au sevrage est-il en cours ou envisagé ?
- Avez-vous eu une résection chirurgicale ? Si oui, un suivi endoscopique à 6 mois a-t-il été programmé ?
- Avez-vous des épisodes évocateurs de sténose (douleurs post-prandiales, ballonnements, subocclusions) ?
- Quelle est l'étendue de votre atteinte de l'intestin grêle, si connue ?
Bilans conventionnels (à faire prescrire ou à récupérer auprès du gastro-entérologue, en complément des bilans communs détaillés dans la fiche MICI) :
- Entéro-IRM ou entéro-scanner pour l'évaluation de l'atteinte de l'intestin grêle et la recherche de complications
- IRM pelvienne en cas de lésions ano-périnéales, pour cartographier d'éventuels trajets fistuleux
- Vitamine B12 systématique en cas d'atteinte ou de résection iléale (site d'absorption spécifique)
- Voir la fiche MICI pour les bilans communs (NFS, CRP, calprotectine fécale, ferritine, vitamine D)
Bilans fonctionnels : voir la fiche MICI pour le détail commun (microbiote intestinal, perméabilité intestinale, statut en zinc, sélénium, magnésium), avec une attention particulière au statut en B12 et en sels biliaires en cas d'atteinte iléale étendue ou de résection.
Accompagnement naturopathique
Accompagnement naturopathique préventif
Objectif : voir la fiche MICI pour la trame commune ; s'adresse ici spécifiquement aux personnes en rémission avec un phénotype à risque de récidive (tabagisme actif, antécédent de résection, phénotype fistulisant).
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse spécifique du phénotype et de la localisation, évaluation du statut tabagique et orientation vers un accompagnement au sevrage si pertinent.
- Séance 2 : renforcement de l'accompagnement au sevrage tabagique, coordination avec le suivi endoscopique post-opératoire si résection antérieure.
- Séance 3 : voir la fiche MICI pour la suite du protocole commun.
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Tabagisme actif chez un patient en rémission | Réduire le principal facteur de risque de rechute modifiable et spécifique | Accompagnement intensif au sevrage tabagique en lien avec le médecin traitant, gestion du stress associée au sevrage |
| Antécédent de résection avec facteurs de risque de récidive (tabagisme, phénotype fistulisant) | Soutenir la prévention de la récidive post-opératoire | Coordination stricte avec le suivi endoscopique à 6 mois et la biothérapie prophylactique en cours |
| Phénotype sténosant connu en rémission | Prévenir les épisodes de subocclusion | Éducation alimentaire préventive sur les fibres insolubles, sans attendre l'apparition de symptômes |
Accompagnement naturopathique de soutien
Objectif : voir la fiche MICI pour la trame commune ; adaptation spécifique selon le phénotype et la localisation de la maladie de Crohn.
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse approfondie incluant systématiquement la recherche de lésions ano-périnéales et l'évaluation du phénotype, orientation vers les bilans spécifiques (entéro-IRM, B12).
- Séance 2 : adaptation stricte de l'alimentation au phénotype (éviction des fibres insolubles si sténose), accompagnement intensif du sevrage tabagique.
- Séance 3 : voir la fiche MICI pour la suite du protocole commun (stress, sommeil, phytothérapie).
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Phénotype sténosant avec épisodes de subocclusion | Réduire le risque mécanique alimentaire | Éviction stricte des fibres insolubles et des crudités, textures mixées ou bien cuites, fractionnement des repas |
| Lésions ano-périnéales actives (fissures, fistules) | Soutenir le confort et la cicatrisation locale en coordination avec le chirurgien colo-proctologue | Soins locaux doux, hydratation, coordination stricte avec la prise en charge chirurgicale et médicale spécialisée |
| Atteinte ou résection iléale avec carence en B12 | Corriger la carence spécifique à cette localisation | Coordination avec la supplémentation en B12 prescrite (souvent injectable), soutien nutritionnel global |
| Tabagisme actif difficile à arrêter malgré les tentatives | Soutenir un sevrage progressif et non culpabilisant | Accompagnement en lien avec un tabacologue, gestion du stress renforcée, valorisation des efforts progressifs |
Boîte à outils
Priorité :
- Adaptation stricte de la texture alimentaire au phénotype : éviction des fibres insolubles et des crudités en cas de sténose connue ou suspectée, du fait du risque d'occlusion mécanique spécifique à ce phénotype
- Modalité : cuissons vapeur ou mijotées systématiques, textures mixées en cas de sténose serrée
- Voir la fiche MICI pour les mesures alimentaires communes (oméga-3, bouillon d'os, réduction des émulsifiants)
Options complémentaires : voir la fiche MICI
Précautions : la précaution sur les fibres insolubles en cas de sténose est spécifique et centrale pour la maladie de Crohn, à ne jamais négliger même en phase de rémission apparente si le phénotype sténosant est documenté.
Priorité :
- Vitamine B12 (forme injectable si malabsorption iléale confirmée) : correction de la carence spécifique à l'atteinte ou à la résection iléale
- Modalité : coordination stricte avec la prescription médicale
- Voir la fiche MICI pour les compléments communs (fer, vitamine D, zinc)
Options complémentaires : voir la fiche MICI
Précautions : voir la fiche MICI
Priorité :
- Accompagnement du sevrage tabagique intégrant la dimension émotionnelle et addictive : soutien spécifique et prioritaire
- Modalité : orientation vers un tabacologue, techniques de gestion du stress associées au sevrage
- Voir la fiche MICI pour les mesures communes (cohérence cardiaque)
Options complémentaires : voir la fiche MICI
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité : voir la fiche MICI pour les mesures communes
Options complémentaires : voir la fiche MICI
Précautions : adapter strictement en cas de phénotype sténosant ou de lésions ano-périnéales actives, éviter les efforts hyperpressifs en cas de fistule active.
Naturopathique : voir la fiche MICI pour le rythme commun, avec un suivi rapproché spécifique pendant la période de sevrage tabagique et la période péri-opératoire en cas de résection programmée.
Conventionnel : gastro-entérologue référent, chirurgien colo-proctologue en cas de lésions ano-périnéales ou de complication nécessitant une prise en charge chirurgicale, tabacologue pour le sevrage, diététicien en cas de dénutrition ou de phénotype sténosant nécessitant un accompagnement structuré.
Autre : voir la fiche MICI (psychologue, association de patients).
Priorité : voir la fiche MICI pour les mesures communes (curcuma, Boswellia serrata)
Options complémentaires : voir la fiche MICI
Précautions : voir la fiche MICI ; vigilance supplémentaire sur toute plante à effet laxatif ou stimulant du transit en cas de phénotype sténosant.
Priorité : voir la fiche MICI
Options complémentaires : voir la fiche MICI
Précautions : prudence renforcée en cas de lésions ano-périnéales actives, privilégier les hydrolats aux huiles essentielles sur cette zone.
Priorité : voir la fiche MICI
Options complémentaires : voir la fiche MICI
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Arrêt complet et définitif du tabac : mesure la plus impactante et spécifique à cette pathologie, à intégrer comme fondement de la routine globale
- Modalité : accompagnement structuré au sevrage, avec suivi rapproché
- Voir la fiche MICI pour les autres mesures communes
Options complémentaires : voir la fiche MICI
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
- Fibres insolubles et crudités formellement contre-indiquées en cas de sténose digestive connue ou suspectée
- Voir la fiche MICI pour les contre-indications communes (pas d'éviction alimentaire large, pas de jeûne prolongé, prudence phytothérapie/aromatologie en poussée)
- Toute apparition de syndrome occlusif, de fièvre avec masse abdominale, ou d'écoulement purulent périnéal impose une orientation médicale immédiate
Rappels
Voir la fiche MICI pour les rappels physiologiques communs (barrière intestinale, immunité intestinale, microbiote). Spécificité de la maladie de Crohn : l'atteinte transmurale (contrairement à l'atteinte muqueuse pure de la RCH) explique la possibilité de complications pénétrantes (fistules, abcès) propres à cette pathologie, l'inflammation pouvant franchir l'ensemble des couches de la paroi digestive jusqu'à la séreuse et au-delà.
Amont : voir la fiche MICI pour les facteurs communs ; le tabagisme constitue ici un facteur amont spécifique et majeur.
Aval : voir la fiche MICI pour les répercussions communes ; spécificité de la maladie de Crohn : risque de complications pénétrantes locales (fistules entéro-cutanées, entéro-vésicales, entéro-vaginales) avec leurs retentissements propres (infections urinaires récidivantes en cas de fistule entéro-vésicale par exemple, voir fiche Cystite/Infections urinaires récidivantes), et risque de dénutrition plus marqué qu'en cas de RCH du fait de la fréquence de l'atteinte de l'intestin grêle.
Niveaux de preuves
- ⭐⭐⭐ Atteinte transmurale et discontinue comme caractéristique histologique distinctive de la maladie de Crohn par rapport à la RCH
- ⭐⭐⭐ Rôle du tabagisme comme facteur de risque et aggravant spécifique et majeur de la maladie de Crohn
- ⭐⭐⭐ Efficacité de la stratégie combinée précoce (« top-down ») chez les patients à facteurs de mauvais pronostic (essai PROFILE)
- ⭐⭐⭐ Nécessité d'une biothérapie prophylactique post-opératoire chez les patients à risque de récidive
- ⭐⭐ Efficacité de l'optimisation posologique d'une biothérapie avant de conclure à un échec thérapeutique
- ⭐⭐ Absence d'efficacité démontrée des probiotiques testés à ce jour dans l'induction ou le maintien de la rémission de la maladie de Crohn
- ⭐⭐ Risque accru de complications sténosantes et fistulisantes propre à la maladie de Crohn par rapport à la RCH
Sources
- GETAID, ANGH, CREGG, Recommandations françaises pour la prise en charge de la maladie de Crohn, version longue et courte, 2025-2026, publiées dans Hépato-Gastro & Oncologie Digestive, JLE
- RecoMédicales, Recommandations sur la Maladie de Crohn, mise à jour du 27 mai 2026
- Egora, Des recommandations françaises dans la maladie de Crohn, synthèse 2025-2026
- FMC-HGE, Optimiser une biothérapie avant de conclure à son échec, POSTU 2025
- Law C.C.Y., Tkachuk B., Lieto S. et al., Early biologic treatment decreases risk of surgery in Crohn's disease but not in ulcerative colitis: systematic review and meta-analysis, Inflammatory Bowel Diseases, 2024
- Classification de Montréal des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin
