
Maladie de Crohn
26 août 2026
Maladie cœliaque
26 août 2026Rectocolite hémorragique
Maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI, voir fiche dédiée) caractérisée par une atteinte limitée à la muqueuse, continue et débutant toujours au rectum, pouvant s'étendre de façon rétrograde et continue vers le côlon proximal sans jamais toucher l'intestin grêle (à la différence de la maladie de Crohn, voir fiche dédiée). Se distingue par l'absence de sténose et de fistule (complications quasi exclusives de la maladie de Crohn du fait de l'atteinte transmurale de cette dernière), mais expose à un risque spécifique de colite aiguë grave, urgence médico-chirurgicale à connaître impérativement. L'enjeu principal de l'accompagnement, au-delà des éléments communs aux MICI, est la vigilance sur les signes de sévérité d'une poussée (pouvant évoluer vers une colite aiguë grave en quelques jours) et l'accompagnement de la surveillance oncologique spécifique liée à l'étendue de l'atteinte colique.
En quelques mots
- Savoir reconnaître les critères de gravité d'une poussée (critères de Truelove et Witts : plus de 6 émissions glairo-sanglantes par 24 heures associées à une fréquence cardiaque supérieure à 90/min, une température supérieure à 37,8°C, une hémoglobine inférieure à 10,5 g/dL ou une CRP supérieure à 30 mg/L) : leur présence définit une colite aiguë grave, urgence médico-chirurgicale nécessitant une hospitalisation immédiate, situation où l'accompagnement naturopathique n'a aucune place.
- Ne jamais banaliser une accélération du transit avec rectorragies même en l'absence de douleur importante : la RCH peut s'aggraver rapidement, contrairement à une évolution parfois plus insidieuse de la maladie de Crohn.
- Distinguer l'extension de l'atteinte (proctite limitée au rectum, colite gauche, pancolite) : cet élément conditionne à la fois le pronostic, le choix thérapeutique (traitements locaux possibles en cas de proctite) et surtout le rythme de la surveillance oncologique.
- Retenir que le rôle du tabac diffère de celui observé dans la maladie de Crohn : certaines données suggèrent un effet différent voire protecteur du tabagisme actif sur l'évolution de la RCH, ce qui ne doit cependant jamais conduire à recommander ou encourager le tabac, dont les risques globaux pour la santé restent très largement supérieurs à ce bénéfice hypothétique et spécifique.
- Vérifier systématiquement l'existence d'une cholangite sclérosante primitive associée (pathologie hépatobiliaire à rechercher en cas de cholestase inexpliquée) : sa présence impose une coloscopie de dépistage annuelle du cancer colorectal quelle que soit l'étendue de la RCH, à la différence du rythme habituel basé sur la seule étendue et l'ancienneté de la maladie.
- Reconnaître systématiquement les signes de gravité d'une poussée pour orienter en urgence si nécessaire
- Adapter l'accompagnement à l'étendue de l'atteinte (proctite, colite gauche, pancolite)
- Soutenir la muqueuse rectale et colique en phase de rémission et de poussée légère à modérée
- Accompagner la surveillance oncologique spécifique liée à l'étendue et à l'ancienneté de la maladie
- Soutenir la période post-opératoire en cas de colectomie (avec ou sans anastomose iléo-anale) et accompagner le risque spécifique de pochite
- S'inscrire en soutien des éléments communs aux MICI détaillés dans la fiche dédiée

Diagnostic
- Diagnostic reposant, comme pour l'ensemble des MICI, sur un faisceau d'arguments cliniques, endoscopiques et histologiques (voir fiche MICI pour le détail commun).
- Spécificité de la RCH : atteinte muqueuse continue (sans intervalle de muqueuse saine), débutant toujours au rectum et s'étendant de façon rétrograde et continue vers le côlon proximal selon une extension variable, sans jamais toucher l'intestin grêle ni la région ano-périnéale (sténoses rares, fistules absentes, à la différence de la maladie de Crohn).
- Rectosigmoïdoscopie prudente en cas de suspicion de poussée sévère, permettant un diagnostic rapide sans les risques d'une coloscopie complète en contexte inflammatoire aigu.
- Score endoscopique de Mayo (ou UC-DAI, Ulcerative Colitis Disease Activity Index), outil de référence pour quantifier objectivement l'activité endoscopique de la maladie.
- Score clinique de Lichtiger, particulièrement utile pour le suivi d'une poussée sévère hospitalisée, cotant le nombre de selles, leur caractère nocturne, le pourcentage de selles sanglantes, l'incontinence fécale, le recours à un traitement antidiarrhéique, les douleurs abdominales, l'état général et la tension abdominale ; une poussée sévère est définie par un score supérieur à 10 sur un maximum de 21, et l'objectif thérapeutique après 5 à 7 jours de traitement est un score inférieur à 10 avec une baisse d'au moins 3 points.
- Critères de Truelove et Witts pour définir la colite aiguë grave (voir points de vigilance), urgence médico-chirurgicale.
- Maladie de Crohn (voir fiche dédiée), en particulier en cas d'atteinte colique isolée pouvant être délicate à distinguer (colite dite indéterminée dans certains cas)
- Colite infectieuse (voir fiche Parasitoses intestinales pour certaines causes), à écarter systématiquement en cas de poussée initiale ou de rechute, par coprocultures et recherche de toxines (notamment Clostridioides difficile)
- Colite ischémique, en particulier chez le sujet âgé ou avec facteurs de risque vasculaire
- Colite microscopique, entité distincte sans atteinte macroscopique visible à l'endoscopie
- Syndrome de l'intestin irritable à prédominance diarrhéique (voir fiche SII), calprotectine fécale normale
- Cancer colorectal, à écarter systématiquement en cas de rectorragies isolées, en particulier après 50 ans ou en l'absence de diagnostic de MICI déjà établi
- Rectorragies, symptôme quasi constant et souvent au premier plan, plus fréquent et plus marqué que dans la maladie de Crohn du fait de l'atteinte rectale systématique
- Diarrhée glairo-sanglante, typique de cette pathologie
- Syndrome rectal (faux besoins, ténesme, épreintes), lié à l'atteinte rectale systématique
- Douleurs abdominales, généralement moins intenses que dans la maladie de Crohn en dehors des formes sévères
- Fièvre en cas de poussée sévère
- Manifestations extra-intestinales communes aux MICI (voir fiche dédiée), avec une association plus spécifique à la cholangite sclérosante primitive que dans la maladie de Crohn
- Absence de lésions ano-périnéales et de fistules, à la différence de la maladie de Crohn (élément clé du diagnostic différentiel)
- Signes de colite aiguë grave : accélération marquée du transit, altération de l'état général, fièvre, tachycardie (voir critères de Truelove et Witts)
- Signes souvent négligés en médecine conventionnelle : rectorragies minimes et intermittentes initialement attribuées à tort à des hémorroïdes (voir fiche dédiée) avant que le diagnostic de RCH ne soit posé
Évolution favorable : rémission clinique et endoscopique obtenue avec un traitement adapté à l'étendue et à la sévérité de l'atteinte, avec un bon contrôle au long cours possible sous traitement d'entretien bien conduit et observé.
Évolution défavorable : risque spécifique de colite aiguë grave, complication la plus redoutée de la RCH, urgence médico-chirurgicale pouvant évoluer vers le mégacôlon toxique (distension colique majeure avec risque de perforation, mettant en jeu le pronostic vital) en l'absence de prise en charge hospitalière rapide ; en cas d'échec du traitement médical intensif d'une colite aiguë grave, colectomie en urgence indiquée sans délai ; risque à long terme de cancer colorectal, majoré par l'étendue de l'atteinte au-delà de l'angle colique gauche, la durée d'évolution, la sévérité de l'inflammation, les antécédents familiaux de cancer colorectal, et l'existence d'une cholangite sclérosante associée (justifiant alors une coloscopie de dépistage annuelle indépendamment de l'étendue de la RCH). Signes imposant une hospitalisation en urgence : critères de Truelove et Witts positifs (voir points de vigilance), distension abdominale majeure, fièvre élevée, altération importante de l'état général.
- Voir la fiche MICI pour les facteurs communs (prédisposition génétique, dysbiose, hyperperméabilité intestinale)
- Tabagisme : rôle différent de celui observé dans la maladie de Crohn selon certaines données, un effet protecteur relatif du tabagisme actif étant parfois rapporté dans la littérature sur l'incidence de la RCH, sans que cela justifie en aucun cas d'encourager ou de maintenir le tabagisme, dont les risques globaux dépassent largement ce bénéfice spécifique et circonscrit
- Appendicectomie antérieure, association inverse parfois rapportée (effet protecteur discuté), à l'opposé de ce qui est parfois évoqué pour la maladie de Crohn
- Antécédents familiaux de MICI
- Prise d'AINS, facteur classique de déclenchement de poussée (commun aux MICI)
- Arrêt de traitement de fond non concerté
- Infections intercurrentes, en particulier à Clostridioides difficile, pouvant précipiter une poussée sévère
- Voir également la fiche MICI pour les facteurs aggravants communs (stress chronique, dette de sommeil)
Physiopathologie
Les mécanismes physiopathologiques généraux (dysbiose, hyperperméabilité intestinale, activation immunitaire inappropriée) sont communs aux MICI et détaillés dans la fiche dédiée. Les spécificités de la RCH sont les suivantes :
- Atteinte limitée à la muqueuse
Contrairement à la maladie de Crohn, l'inflammation de la RCH reste confinée à la muqueuse et à la sous-muqueuse superficielle, sans atteinte transmurale, ce qui explique l'absence de fistules et la rareté des sténoses - Profil immunitaire différent
Le profil immunitaire de la RCH est davantage orienté vers une réponse de type Th2-like, à la différence du profil Th1/Th17 davantage caractéristique de la maladie de Crohn, bien que ces distinctions restent schématiques et non absolues - Atteinte continue et rétrograde
L'inflammation débute systématiquement au rectum et s'étend de façon continue et rétrograde vers le côlon proximal, sans intervalle de muqueuse saine, contrairement au caractère discontinu (« skip lesions ») de la maladie de Crohn - Risque spécifique de mégacôlon toxique
L'inflammation sévère et étendue de la muqueuse colique peut, dans les formes graves, entraîner une paralysie de la motricité colique avec distension majeure (mégacôlon toxique), mécanisme propre aux colites étendues et sévères, avec un risque de perforation engageant le pronostic vital
Terrain génétique et dysbiose (voir fiche MICI pour le détail commun)
→ activation immunitaire inappropriée à profil davantage Th2-like, débutant au niveau rectal
→ inflammation continue limitée à la muqueuse colique, s'étendant de façon rétrograde et continue vers le côlon proximal selon l'étendue
→ dans les formes sévères et étendues, risque de paralysie de la motricité colique et de distension majeure (mégacôlon toxique)
→ risque de perforation et de colectomie en urgence en l'absence de prise en charge hospitalière rapide de la colite aiguë grave
Accompagnement allopathique
Objectif : prévenir les rechutes et prévenir le risque de cancer colorectal lié à l'inflammation chronique.
Traitement : traitement d'entretien au long cours adapté à l'étendue et à la sévérité (5-ASA, thiopurines, ou biothérapie selon le profil) ; surveillance endoscopique par coloscopie avec biopsies étagées, dont le rythme dépend de l'étendue de l'atteinte, de la durée d'évolution et de la présence ou non d'une cholangite sclérosante associée (dépistage annuel systématique dans ce dernier cas, indépendamment de l'étendue de la RCH).
Objectif : induire puis maintenir la rémission clinique et endoscopique, traiter en urgence la colite aiguë grave.
Traitement : selon les recommandations GETAID actualisées, les dérivés salicylés (5-ASA) constituent le traitement de choix des formes modérées, avec une place spécifique et plus large que dans la maladie de Crohn (où leur efficacité n'est pas démontrée) ; la corticothérapie est utilisée pour traiter les poussées mais n'est jamais un traitement de fond ; les thiopurines sont indiquées en traitement d'entretien en cas d'échec des salicylés ou de corticodépendance, bien que leur usage en monothérapie ait considérablement diminué ces dernières années au profit d'options plus ciblées ; le traitement par anti-TNF-alpha est indiqué en cas de poussée sévère corticorésistante ou de corticodépendance ; le védolizumab (anti-intégrine) est une alternative de premier choix du fait de son bon profil de tolérance ; pour la colite aiguë grave, hospitalisation systématique avec traitement médical intensif (corticothérapie intraveineuse), le score de Lichtiger devant descendre sous 10 avec une baisse d'au moins 3 points après 5 à 7 jours ; en cas d'échec, recours soit à la ciclosporine par voie intraveineuse (hors AMM), soit à l'infliximab, soit à la colectomie en urgence, cette dernière restant l'option de référence en cas de colite aiguë grave compliquée (perforation, hémorragie majeure, mégacôlon toxique) ou résistante au traitement médical intensif.
Évaluation fonctionnelle du terrain
- Voir la fiche MICI pour les questions communes (statut de la maladie, traitement en cours, dernier bilan, transit, stress)
- Quelle est l'étendue de votre atteinte (proctite, colite gauche, pancolite) ?
- Avez-vous une cholangite sclérosante primitive associée ou un bilan hépatique perturbé jamais exploré ?
- Avez-vous déjà eu une poussée sévère nécessitant une hospitalisation ?
- Quelle est la fréquence et l'abondance de vos rectorragies actuellement ?
- Avez-vous eu une colectomie ? Avec ou sans anastomose iléo-anale ? Des symptômes évocateurs de pochite (diarrhée, douleurs, fièvre) ?
- Quel est le rythme de votre surveillance endoscopique de dépistage du cancer colorectal ?
Bilans conventionnels (à faire prescrire ou à récupérer auprès du gastro-entérologue, en complément des bilans communs détaillés dans la fiche MICI) :
- Rectosigmoïdoscopie ou coloscopie avec biopsies étagées et score endoscopique de Mayo
- Bilan hépatique complet (recherche de cholangite sclérosante primitive associée)
- Coprocultures et recherche de toxines de Clostridioides difficile en cas de poussée, pour écarter une surinfection
- Voir la fiche MICI pour les bilans communs (NFS, CRP, calprotectine fécale, ferritine, vitamine D)
Bilans fonctionnels : voir la fiche MICI pour le détail commun (microbiote intestinal, perméabilité intestinale, statut en zinc, sélénium, magnésium).
Accompagnement naturopathique
Accompagnement naturopathique préventif
Objectif : voir la fiche MICI pour la trame commune ; s'adresse ici spécifiquement aux personnes en rémission avec surveillance oncologique à organiser selon l'étendue de l'atteinte.
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse spécifique de l'étendue de l'atteinte, vérification du rythme de surveillance endoscopique en cours.
- Séance 2 : coordination avec le suivi médical pour la surveillance oncologique, en particulier en cas de cholangite sclérosante associée.
- Séance 3 : voir la fiche MICI pour la suite du protocole commun.
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Pancolite ancienne sans cholangite sclérosante associée | Soutenir la surveillance oncologique adaptée à l'étendue | Coordination avec le rythme de coloscopie de dépistage recommandé, soutien du terrain digestif global |
| Cholangite sclérosante primitive associée | Sensibiliser à l'importance de la surveillance annuelle systématique | Orientation vers le respect strict du rythme de coloscopie annuelle, coordination hépato-gastro-entérologique |
| Antécédent de colite aiguë grave résolue | Prévenir la récidive de poussée sévère | Renforcement de l'observance thérapeutique, vigilance accrue sur les signes précoces de rechute |
Accompagnement naturopathique de soutien
Objectif : voir la fiche MICI pour la trame commune ; adaptation spécifique selon l'étendue de l'atteinte et la vigilance sur les signes de gravité.
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse approfondie incluant systématiquement l'évaluation de la sévérité actuelle (recherche des critères de Truelove et Witts) et l'étendue de l'atteinte.
- Séance 2 : voir la fiche MICI pour la suite du protocole commun, avec vigilance renforcée sur l'évolution du transit et des rectorragies.
- Séance 3 : réévaluation stricte de la sévérité à chaque séance, orientation médicale immédiate en cas de doute sur une aggravation.
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Poussée légère à modérée avec rectorragies limitées, sous traitement local ou 5-ASA | Soutenir le confort et la cicatrisation muqueuse, en surveillant l'absence de critère de gravité | Alimentation apaisante, soutien nutritionnel, vigilance systématique sur les critères de Truelove et Witts à chaque contact |
| Post-colectomie avec anastomose iléo-anale, symptômes évocateurs de pochite | Accompagner en coordination avec le gastro-entérologue | Orientation médicale pour confirmation diagnostique et traitement de la pochite, soutien digestif en parallèle |
| Proctite isolée avec syndrome rectal marqué | Soutenir le confort local | Soins locaux doux, coordination avec le traitement local prescrit (mousses ou suppositoires de 5-ASA) |
| Suspicion de rechute avec accélération du transit et rectorragies croissantes | Orienter en urgence relative vers une réévaluation médicale | Aucune temporisation naturopathique, orientation immédiate vers le gastro-entérologue ou les urgences selon la sévérité perçue |
Boîte à outils
Priorité :
- Alimentation apaisante et peu résiduelle en poussée active, en particulier en cas d'atteinte colique étendue : réduction de l'irritation mécanique de la muqueuse déjà inflammée
- Cuissons douces, réduction temporaire des fibres en poussée, réintroduction progressive en rémission
- Voir la fiche MICI pour les mesures alimentaires communes de fond
Options complémentaires : voir la fiche MICI
Précautions : à la différence de la maladie de Crohn, l'absence de risque sténosant dans la RCH permet une réintroduction des fibres en rémission sans la même vigilance mécanique, mais toujours progressive.
Priorité : voir la fiche MICI pour les compléments communs (fer, vitamine D, zinc, probiotiques ciblés notamment documentés en RCH)
Options complémentaires : voir la fiche MICI
Précautions : voir la fiche MICI
Priorité : voir la fiche MICI pour les mesures communes (cohérence cardiaque, accompagnement psychologique)
Options complémentaires : voir la fiche MICI
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité : voir la fiche MICI pour les mesures communes
Options complémentaires : voir la fiche MICI
Précautions : éviter toute activité intense en cas de rectorragies actives ou de suspicion de poussée sévère.
Naturopathique : voir la fiche MICI pour le rythme commun, avec vigilance systématique à chaque contact sur l'évolution des rectorragies et du transit.
Conventionnel : gastro-entérologue référent, avec un rythme de coloscopie de dépistage du cancer colorectal adapté à l'étendue, à l'ancienneté et à l'association éventuelle à une cholangite sclérosante primitive ; hépatologue en cas de cholangite sclérosante associée ; chirurgien viscéral en cas de colite aiguë grave ou d'indication de colectomie.
Autre : voir la fiche MICI (psychologue, association de patients).
Priorité : voir la fiche MICI pour les mesures communes (curcuma, notamment documenté en association au traitement de fond dans la RCH)
Options complémentaires : voir la fiche MICI
Précautions : voir la fiche MICI
Priorité : voir la fiche MICI
Options complémentaires : voir la fiche MICI
Précautions : voir la fiche MICI
Priorité : voir la fiche MICI ; hydratation renforcée systématique en cas de diarrhée glairo-sanglante active
Options complémentaires : voir la fiche MICI
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité : voir la fiche MICI pour les mesures communes
Options complémentaires : voir la fiche MICI
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
- Voir la fiche MICI pour les contre-indications communes
- Aucune approche naturopathique ne doit retarder une orientation médicale en cas de suspicion de colite aiguë grave (critères de Truelove et Witts)
- Le tabagisme ne doit jamais être encouragé ou maintenu au nom d'un éventuel effet protecteur sur la RCH, les risques globaux du tabac dépassant très largement ce bénéfice spécifique et circonscrit
- Toute accélération significative du transit avec rectorragies croissantes, fièvre ou altération de l'état général impose une orientation médicale immédiate, sans délai
Rappels
Voir la fiche MICI pour les rappels physiologiques communs. Spécificité de la RCH : l'atteinte strictement muqueuse (par opposition à l'atteinte transmurale de la maladie de Crohn) explique à la fois la fréquence des rectorragies (la muqueuse superficielle étant richement vascularisée et directement exposée) et l'absence de complications pénétrantes (fistules, abcès), tout en exposant au risque spécifique de mégacôlon toxique en cas d'inflammation sévère et étendue paralysant la motricité colique.
Amont : voir la fiche MICI pour les facteurs communs.
Aval : voir la fiche MICI pour les répercussions communes ; spécificité de la RCH : association plus marquée à la cholangite sclérosante primitive qu'à d'autres localisations, avec son propre retentissement hépatobiliaire et son risque de cholangiocarcinome à très long terme, justifiant une coordination hépato-gastro-entérologique étroite lorsque cette association est présente.
Niveaux de preuves
- ⭐⭐⭐ Atteinte muqueuse continue débutant au rectum comme caractéristique histologique distinctive de la RCH par rapport à la maladie de Crohn
- ⭐⭐⭐ Critères de Truelove et Witts comme référence pour définir la colite aiguë grave, urgence médico-chirurgicale
- ⭐⭐⭐ Nécessité d'une coloscopie de dépistage annuelle systématique en cas de cholangite sclérosante primitive associée, indépendamment de l'étendue de la RCH
- ⭐⭐⭐ Efficacité des 5-ASA dans les formes modérées de RCH, à la différence de la maladie de Crohn où leur efficacité n'est pas démontrée
- ⭐⭐⭐ Colectomie en urgence comme traitement de référence de la colite aiguë grave compliquée ou résistante au traitement médical intensif
- ⭐⭐ Effet protecteur relatif discuté du tabagisme actif sur l'incidence de la RCH, sans qu'il justifie en aucun cas son usage
- ⭐⭐ Efficacité du védolizumab comme alternative de premier choix du fait de son bon profil de tolérance
Sources
- SNFGE/GETAID, ANGH, CREGG, Recommandations de pratique pour le diagnostic et la prise en charge de la rectocolite hémorragique, actualisation 2022-2026
- Traitement de la rectocolite hémorragique en 2024-2025, ScienceDirect, synthèse des recommandations GETAID et ECCO
- VIDAL, Recommandations Rectocolite hémorragique, mise à jour 2025-2026
- EM-Consulte, Rectocolite hémorragique : conduite diagnostique et prise en charge thérapeutique
- Egora/Medscape, Rectocolite hémorragique : nouvelles recommandations françaises, commentaires du Pr David Laharie, CHU de Bordeaux
- SFED, Rectocolite hémorragique (RCH) : Score endoscopique de Mayo
