
Hyperprolactinémie
26 août 2026
Fibromes utérins (myomes)
26 août 2026Ménorragies / métrorragies (règles abondantes / continues)
Les ménorragies désignent des règles anormalement abondantes et/ou prolongées survenant à intervalles réguliers, tandis que les métrorragies désignent des saignements utérins survenant en dehors des règles ou de façon irrégulière. Ces deux termes, aujourd'hui regroupés sous l'appellation internationale de « saignements utérins anormaux » (classification FIGO PALM-COEIN), peuvent relever de causes structurelles (fibromes, polypes, adénomyose, hyperplasie/cancer de l'endomètre) ou non structurelles (trouble de l'ovulation, trouble de la coagulation, cause iatrogène). Ils concernent une proportion importante de femmes à un moment de leur vie, avec un retentissement souvent sous-estimé en termes de qualité de vie et de risque d'anémie ferriprive. L'enjeu principal est une démarche diagnostique rigoureuse pour identifier la cause avant tout accompagnement de soutien, la correction systématique d'une éventuelle carence martiale, et l'orientation sans délai en cas de signe d'alerte.
En quelques mots
- Toujours situer le saignement dans le temps (avant/après la ménopause, âge de la femme, contexte de grossesse) : le seuil de vigilance change radicalement selon ces éléments, une métrorragie post-ménopausique imposant systématiquement une exploration rapide.
- Ne jamais attribuer par défaut des saignements abondants ou irréguliers au « cycle normal » sans exploration : la classification FIGO PALM-COEIN rappelle la diversité des causes possibles, structurelles comme non structurelles, certaines potentiellement sévères.
- Rechercher systématiquement les signes de carence martiale (fatigue, pâleur, essoufflement, palpitations) associés à des règles abondantes : l'anémie ferriprive est une complication fréquente, souvent négligée, alors qu'elle est directement actionnable.
- Chez l'adolescente avec ménorragies sévères dès les premières règles, penser à un trouble de la coagulation sous-jacent (maladie de Willebrand notamment), cause souvent sous-diagnostiquée.
- Toujours éliminer une grossesse (dont une grossesse extra-utérine) devant tout saignement anormal chez une femme en âge de procréer, avant toute autre orientation diagnostique.
- Soutenir la correction d'une carence martiale associée, souvent au cœur du retentissement sur la qualité de vie
- Accompagner le terrain hormonal en cas de trouble ovulatoire sous-jacent
- Réduire l'inflammation et soutenir le confort pendant les épisodes de saignement abondant
- Accompagner le vécu émotionnel et le retentissement sur la qualité de vie
- Orienter sans délai vers le bilan médical approprié selon l'âge et le contexte

Diagnostic
L'interrogatoire précise le type de saignement (cyclique et abondant = ménorragies ; hors cycle ou irrégulier = métrorragies ; association des deux = ménométrorragies) et son retentissement sur la qualité de vie (nombre de protections utilisées, présence de caillots, débordements, réveils nocturnes). Un test de grossesse est systématique chez la femme en âge de procréer. Le bilan de première intention comprend une NFS avec ferritine (recherche d'anémie), une échographie pelvienne endovaginale (recherche de fibrome, polype, adénomyose, épaisseur de l'endomètre), et selon l'âge et le contexte, une hystéroscopie avec biopsie de l'endomètre (notamment après 45 ans ou en présence de facteurs de risque d'hyperplasie/cancer de l'endomètre : obésité, SMOP, tamoxifène). Un bilan de la coagulation est recommandé chez l'adolescente avec ménorragies sévères dès la ménarche, ou en cas d'antécédents personnels/familiaux évocateurs. La classification internationale FIGO PALM-COEIN organise les causes en deux catégories : structurelles (Polype, Adénomyose, Léiomyome/fibrome, Malignité et hyperplasie) et non structurelles (Coagulopathie, trouble Ovulatoire, causes Endométriales, Iatrogènes, et Non classées).
- Fibromes utérins, notamment sous-muqueux (voir fiche dédiée)
- Adénomyose (voir fiche dédiée)
- Polype endométrial ou cervical
- Hyperplasie ou cancer de l'endomètre (à ne jamais méconnaître, en particulier après 45 ans ou en présence de facteurs de risque)
- Trouble de l'ovulation (cycles anovulatoires, fréquents en périadolescence, en périménopause, ou en cas de SMOP — voir fiches dédiées)
- Trouble de la coagulation (maladie de Willebrand notamment, à évoquer surtout chez l'adolescente)
- Cause iatrogène (DIU au cuivre augmentant le flux menstruel, traitement anticoagulant, saignements sous contraception hormonale)
- Cause infectieuse (cervicite, endométrite)
- Grossesse et ses complications (fausse couche, grossesse extra-utérine — à éliminer systématiquement)
- Dysthyroïdie (l'hypothyroïdie notamment est associée à des règles abondantes)
- Règles abondantes nécessitant un changement de protection fréquent (moins de 2h), présence de caillots, débordements
- Règles prolongées au-delà de 7 jours
- Saignements survenant en dehors des règles, ou cycles totalement irréguliers
- Signes de carence martiale : fatigue, pâleur, essoufflement à l'effort, palpitations, chute de cheveux
- Douleurs pelviennes associées selon la cause sous-jacente
- Retentissement sur la vie quotidienne, professionnelle et sociale (organisation autour des règles, restriction d'activités)
Évolution favorable : une fois la cause identifiée et traitée (correction hormonale, traitement d'un fibrome/polype, correction de la carence martiale), nette amélioration du flux et de la qualité de vie, dans des délais variables selon la cause.
Évolution défavorable : anémie ferriprive chronique, parfois sévère, avec un retentissement majeur sur la fatigue et la qualité de vie ; en l'absence de diagnostic d'une cause structurelle, persistance ou aggravation des saignements ; retard diagnostique d'une hyperplasie ou d'un cancer de l'endomètre en l'absence d'exploration adaptée, en particulier après 45 ans. Signes imposant une consultation en urgence : saignement très abondant avec signes de choc (malaise, tachycardie, pâleur intense), douleur pelvienne aiguë associée, métrorragie post-ménopausique (toujours à explorer sans délai).
- Fibromes utérins, polypes, adénomyose (causes structurelles les plus fréquentes)
- Troubles de l'ovulation (périadolescence, périménopause, SMOP, dysthyroïdie)
- Troubles de la coagulation (maladie de Willebrand, traitement anticoagulant)
- Dispositif intra-utérin au cuivre
- Surpoids/obésité (hyperœstrogénie relative par aromatisation périphérique, facteur de risque d'hyperplasie de l'endomètre)
- Antécédents familiaux de troubles hémorragiques
- Âge (périadolescence et périménopause, deux périodes de cycles plus volontiers anovulatoires)
- Carence martiale non corrigée, entretenant un cercle vicieux de fatigue et de moindre tolérance au saignement
- Stress chronique perturbant la régularité de l'ovulation
- Surpoids non pris en charge
- Traitement anticoagulant non ajusté
- Alimentation pro-inflammatoire et carencée
Physiopathologie
- Hémostase endométriale physiologique
- Lors des règles, la desquamation de l'endomètre s'accompagne d'une hémostase locale complexe faisant intervenir la vasoconstriction des artérioles spiralées, l'agrégation plaquettaire et la formation de dépôts de fibrine, ainsi qu'une activité fibrinolytique locale équilibrée permettant l'arrêt du saignement en quelques jours
- Mécanisme des causes structurelles (PALM)
- Un fibrome, en particulier sous-muqueux, ou un polype augmente la surface endométriale exposée et peut perturber la vascularisation et la contractilité utérine locale, favorisant un saignement plus abondant et prolongé
- L'adénomyose perturbe la vascularisation et l'hémostase de l'endomètre adjacent aux foyers ectopiques
- Une hyperplasie de l'endomètre, liée à une exposition œstrogénique prolongée non compensée par la progestérone, épaissit anormalement la muqueuse, dont la desquamation devient irrégulière et abondante
- Mécanisme des causes non structurelles (COEIN)
- En cas d'anovulation (trouble ovulatoire), l'absence de corps jaune fonctionnel prive l'endomètre de l'action stabilisatrice de la progestérone ; l'endomètre, exposé aux seuls œstrogènes, s'épaissit de façon prolongée et irrégulière puis se desquame de façon incomplète et anarchique, expliquant des saignements imprévisibles, parfois abondants
- En cas de trouble de la coagulation, le défaut d'hémostase locale (déficit en facteur de von Willebrand notamment) prolonge et amplifie le saignement menstruel physiologique
- Certains troubles primitifs de l'hémostase endométriale locale (déséquilibre entre facteurs vasoconstricteurs et fibrinolytiques au niveau de l'endomètre lui-même) peuvent également être en cause, sans anomalie systémique de la coagulation
- Conséquences systémiques
- Une perte sanguine menstruelle chronique excessive dépasse la capacité de régénération des réserves en fer de l'organisme → épuisement progressif des réserves ferriques puis anémie ferriprive, dont les symptômes (fatigue, essoufflement) peuvent eux-mêmes aggraver la perception du retentissement global
Cause structurelle (fibrome, polype, adénomyose, hyperplasie de l'endomètre) ou non structurelle (trouble de l'ovulation, trouble de la coagulation, cause iatrogène) perturbant l'architecture utérine ou l'hémostase endométriale normale
→ desquamation anormale, prolongée ou incomplète de l'endomètre, avec un défaut d'hémostase locale
→ saignement menstruel abondant (ménorragies) et/ou survenant en dehors du cycle normal (métrorragies)
→ perte sanguine chronique excédant la capacité de régénération des réserves en fer
→ anémie ferriprive progressive, avec un retentissement cumulatif sur la qualité de vie, la fatigue et les performances au quotidien, en l'absence d'identification et de correction de la cause sous-jacente.
Accompagnement allopathique
Objectif : prévenir les saignements abondants chez les femmes à risque (trouble ovulatoire connu, fibrome de petite taille)
Traitement : contraception hormonale (notamment progestative continue ou DIU au lévonorgestrel) pour stabiliser l'endomètre et réduire le flux, correction précoce d'un trouble thyroïdien ou d'un surpoids identifié
Objectif : réduire le saignement, traiter la cause identifiée et corriger l'anémie associée
Traitement : acide tranexamique (antifibrinolytique, pris uniquement pendant les règles) et AINS en première intention pour réduire le flux et la douleur ; DIU au lévonorgestrel, souvent considéré comme l'option médicale la plus efficace pour réduire durablement les ménorragies ; contraception estroprogestative ou progestatifs continus selon le profil ; traitement spécifique de la cause structurelle identifiée (polypectomie, myomectomie — voir fiche Fibromes utérins) ; supplémentation en fer systématique en cas d'anémie associée ; en dernier recours, ablation de l'endomètre ou hystérectomie en cas d'échec des traitements médicaux et sans désir de grossesse
Évaluation fonctionnelle du terrain
- Comment décririez-vous vos règles (durée, abondance, présence de caillots, nombre de protections utilisées) ?
- Avez-vous des saignements en dehors de vos règles, ou vos cycles sont-ils irréguliers ?
- Depuis quand ces saignements sont-ils abondants ou irréguliers, et est-ce ainsi depuis vos premières règles ou est-ce plus récent ?
- Avez-vous des signes de fatigue, de pâleur, d'essoufflement pouvant évoquer une anémie ?
- Avez-vous un dispositif intra-utérin, une contraception hormonale, ou un traitement anticoagulant en cours ?
- Avez-vous des antécédents personnels ou familiaux de troubles de la coagulation ou de saignements excessifs (épistaxis fréquents, ecchymoses faciles) ?
- Quel est votre poids/IMC actuel ?
- Avez-vous un diagnostic connu (fibrome, polype, adénomyose, SMOP, trouble thyroïdien) ?
- Un test de grossesse a-t-il été réalisé ?
- Comment ces saignements retentissent-ils sur votre quotidien et votre qualité de vie ?
Bilans conventionnels (à faire prescrire par le médecin traitant/gynécologue)
- NFS et ferritine (recherche d'anémie ferriprive)
- Test de grossesse
- Échographie pelvienne endovaginale
- Bilan thyroïdien (TSH)
- Hystéroscopie avec biopsie de l'endomètre selon l'âge et les facteurs de risque
- Bilan de coagulation (notamment recherche de maladie de Willebrand) chez l'adolescente ou en cas de contexte évocateur
Bilans fonctionnels (Laboratoire Barbier/BIOAVENIR, LIMS, Synlab)
- Statut martial complet et statut en vitamine C — à prioriser en première intention compte tenu du risque de carence
- Bilan hormonal fonctionnel du cycle si trouble ovulatoire suspecté
- Statut inflammatoire et stress oxydatif
Accompagnement naturopathique
Accompagnement naturopathique préventif
Objectif : s'adresser aux femmes à risque (trouble ovulatoire connu, périadolescence, périménopause) sans saignement anormal actuel, afin de soutenir la régularité du cycle et prévenir une carence martiale
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse du cycle et des antécédents, bilan du statut martial de référence. Outil mobilisé en premier : Alimentation (apports en fer et vitamine C).
- Séance 2 (à 4-6 semaines) : réévaluation
- Suivi : point annuel ou selon l'évolution du contexte (périménopause notamment)
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Adolescente avec cycles encore irréguliers en périmenarche, sans ménorragie sévère | Sensibiliser et surveiller sans dramatiser | Information sur la physiologie de l'anovulation fréquente à cet âge, orientation médicale si les règles sont très abondantes dès le début |
| Femme en périménopause avec cycles de plus en plus irréguliers | Anticiper le risque de saignement abondant lié à l'anovulation | Sensibilisation, orientation gynécologique si les saignements deviennent très abondants ou surviennent après un intervalle prolongé d'aménorrhée |
| Surpoids connu, sans trouble du cycle actuel | Prévenir le risque d'hyperœstrogénie relative et d'hyperplasie de l'endomètre | Accompagnement pondéral progressif, alimentation anti-inflammatoire |
Accompagnement naturopathique de soutien
Objectif : accompagner une femme avec ménorragies/métrorragies déjà explorées et diagnostiquées, en soutien du traitement médical, pour corriger une éventuelle carence martiale et soutenir le confort au quotidien
Protocole :
- Séance 1 : bilan complet du parcours diagnostique et du traitement en cours, vérification du statut martial. Outils mobilisés dans l'ordre : Micronutrition (fer si carence) en premier, puis Alimentation, puis Phytologie de soutien selon la cause.
- Séance 2 (à 4-6 semaines) : évaluation de l'évolution du flux et de la fatigue, ajustement
- Suivi : contrôle de la ferritine après correction, adaptation selon l'évolution du traitement médical
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Ménorragies avec anémie ferriprive confirmée | Corriger la carence martiale en priorité | Fer associé à la vitamine C, orientation vers un contrôle de la ferritine, plantes hémostatiques douces en cure courte ciblée |
| Trouble ovulatoire identifié comme cause (SMOP, périménopause) | Soutenir la régularité du cycle en coordination avec le traitement | Se référer à la Boîte à outils de la fiche correspondante (SMOP ou Périménopause/Ménopause) |
| Cause structurelle identifiée (fibrome, polype, adénomyose) | Accompagner en coordination avec le traitement de la cause | Se référer à la Boîte à outils de la fiche correspondante (Fibromes utérins ou Adénomyose) |
| Retentissement psychologique et social marqué des saignements abondants | Accompagner le vécu et la qualité de vie | Gestion du stress, orientation psychologique si besoin, aménagements pratiques du quotidien |
Boîte à outils
Priorité :
- Aliments riches en fer héminique (viande rouge maigre, abats) ou non héminique associé à la vitamine C : soutien direct de la synthèse d'hémoglobine
- Modalité : quotidien en cas de carence, associer une source de vitamine C au même repas pour le fer non héminique
- Alimentation anti-inflammatoire de type méditerranéen : soutien du terrain hormonal global
- Modalité : intégration quotidienne
Options complémentaires :
- Aliments riches en vitamine K (légumes verts à feuilles) : cofacteur de la coagulation
- Modalité : quotidien
Précautions : aucune restriction stricte nécessaire ; adapter les apports en fer selon les résultats du bilan
Priorité :
- Fer (bisglycinate, mieux toléré), si carence confirmée par bilan : correction de l'anémie ferriprive
- Modalité : dosage selon le niveau de carence, à distance du thé/café, avec vitamine C pour l'absorption
Options complémentaires :
- Vitamine C : cofacteur de l'absorption du fer et de la synthèse du collagène vasculaire
- Modalité : 500 à 1000 mg/jour en cure
- Bioflavonoïdes (rutine, quercétine) : soutien traditionnel de la fragilité capillaire
- Modalité : selon formulation, cure de plusieurs semaines
Précautions : fer — ne jamais supplémenter sans carence confirmée par bilan, et contrôler la ferritine après quelques mois de cure
Priorité :
- Cohérence cardiaque quotidienne : soutien de la régularité du cycle et réduction de l'impact du stress sur l'ovulation
- Modalité : 5 à 10 minutes, 2 à 3 fois par jour
Options complémentaires :
- Sophrologie
- Modalité : séances régulières
Précautions : aucune
Priorité :
- Activité physique modérée et régulière, adaptée à la tolérance (notamment en cas d'anémie) : soutien global de l'équilibre hormonal
- Modalité : 30 minutes, 3 à 5 fois par semaine, à adapter selon la fatigue
Options complémentaires : aucune spécificité supplémentaire
Précautions : adapter l'intensité en cas d'anémie non corrigée (fatigue, essoufflement à l'effort)
Naturopathique : réévaluation à 4-6 semaines, contrôle de l'évolution de la fatigue et du flux
Conventionnel : suivi gynécologique selon la cause identifiée, contrôle de la ferritine après correction d'une carence, orientation en urgence en cas de saignement très abondant ou de métrorragie post-ménopausique
Autre : psychologue en cas de retentissement marqué, diététicien en cas de carence complexe à corriger
Priorité :
- Achillée millefeuille : plante hémostatique et antispasmodique utérine traditionnellement utilisée en cas de règles abondantes
- Modalité : infusion, cure courte ciblée sur les jours de règles abondantes
Options complémentaires :
- Bourse-à-pasteur : plante hémostatique traditionnelle
- Modalité : cure courte ciblée sur les jours de règles abondantes
- Gattilier, en cas de trouble ovulatoire identifié comme cause, pour soutenir la régularité du cycle (hors contraception hormonale)
- Modalité : cure sur plusieurs cycles
Précautions : plantes hémostatiques à utiliser en cure courte et ciblée uniquement, jamais en continu ; gattilier à éviter en cas de traitement hormonal en cours sans avis médical
Priorité :
- HE de ciste ladanifère : traditionnellement utilisée pour son effet hémostatique local, usage prudent
- Modalité : très diluée, usage ponctuel pendant les règles abondantes
Options complémentaires :
- Hydrolat de cyprès : usage traditionnel de soutien de la circulation veineuse
- Modalité : selon besoin
Précautions : toute huile essentielle à utiliser très diluée et de façon ponctuelle uniquement ; déconseillée en cas de désir de grossesse en cours de cycle ou de grossesse
Priorité :
- Hydratation suffisante : soutien général, en particulier en cas de perte sanguine importante
- Modalité : 1,5 L/jour en moyenne
Options complémentaires : aucune spécificité supplémentaire
Précautions : aucune
Priorité :
- Sommeil suffisant et régulier : soutien de la régulation hormonale et de la récupération en cas de fatigue liée à l'anémie
- Modalité : 7 à 9h par nuit
- Suivi d'un calendrier menstruel précis (durée, abondance) : aide au diagnostic et au suivi de l'évolution
- Modalité : application ou carnet, en continu
Options complémentaires : aucune spécificité supplémentaire
Précautions : aucune
- Fer — ne jamais supplémenter sans carence confirmée par bilan
- Plantes hémostatiques — cure courte et ciblée uniquement, jamais en continu
- Gattilier — prudence en cas de traitement hormonal en cours
- Vérifier systématiquement qu'un bilan étiologique a été réalisé avant toute prise en charge de soutien — des ménorragies/métrorragies ne sont jamais un diagnostic final en soi, mais un symptôme à explorer
Rappels
Cycle endométrial et hémostase menstruelle
- L'endomètre se développe sous l'effet des œstrogènes en phase folliculaire, puis se stabilise sous l'effet de la progestérone en phase lutéale ; en l'absence de grossesse, la chute des deux hormones déclenche sa desquamation
- L'arrêt normal du saignement menstruel repose sur un équilibre fin entre vasoconstriction des artérioles spiralées, agrégation plaquettaire, formation de fibrine et activité fibrinolytique locale
Classification FIGO PALM-COEIN
- Cette classification internationale distingue les causes structurelles, visibles à l'imagerie (Polype, Adénomyose, Léiomyome, Malignité/hyperplasie), des causes non structurelles (Coagulopathie, trouble Ovulatoire, cause Endométriale primitive, Iatrogène, Non classée), offrant un cadre systématique pour l'enquête étiologique
Fer et hématopoïèse
- Le fer est un constituant essentiel de l'hémoglobine, protéine assurant le transport de l'oxygène par les globules rouges ; la ferritine reflète les réserves en fer de l'organisme et chute avant l'apparition d'une anémie franche, ce qui en fait un marqueur précoce utile
- Une perte menstruelle chronique excessive dépasse progressivement la capacité d'absorption intestinale du fer alimentaire, expliquant la fréquence de la carence martiale dans ce contexte
Amont :
- Trouble de l'ovulation : prive l'endomètre de l'action stabilisatrice de la progestérone, favorisant des saignements irréguliers et parfois abondants
- Cause structurelle (fibrome, polype, adénomyose) : perturbe directement l'architecture et la vascularisation utérine
- Trouble de la coagulation : amplifie et prolonge le saignement menstruel physiologique
- Déséquilibre thyroïdien : l'hypothyroïdie notamment est associée à des règles plus abondantes
Aval :
- Anémie ferriprive chronique : fatigue, essoufflement, palpitations, retentissement sur les performances cognitives et physiques au quotidien
- Retentissement psycho-émotionnel et social : organisation de la vie quotidienne autour des règles, restriction d'activités, impact sur la vie professionnelle et intime
- En l'absence de diagnostic étiologique, risque de retard diagnostique d'une pathologie sous-jacente potentiellement plus sévère (hyperplasie, cancer de l'endomètre)
Niveaux de preuves
- ⭐⭐⭐ Classification FIGO PALM-COEIN comme cadre de référence international pour l'enquête étiologique des saignements utérins anormaux
- ⭐⭐⭐ Efficacité du DIU au lévonorgestrel comme option médicale de référence pour réduire durablement les ménorragies
- ⭐⭐⭐ Nécessité d'une exploration de l'endomètre (hystéroscopie/biopsie) devant des saignements anormaux après 45 ans ou en présence de facteurs de risque d'hyperplasie
- ⭐⭐ Efficacité de l'acide tranexamique et des AINS sur la réduction du flux menstruel
- ⭐⭐ Fréquence et sous-diagnostic des troubles de la coagulation (maladie de Willebrand) chez l'adolescente avec ménorragies sévères
- ⭐ Usage traditionnel des plantes hémostatiques (achillée millefeuille, bourse-à-pasteur) en cas de règles abondantes, peu d'essais cliniques robustes
Sources
- FIGO (International Federation of Gynecology and Obstetrics) — Classification PALM-COEIN des saignements utérins anormaux
- Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) — recommandations sur la prise en charge des ménométrorragies
- NICE Guideline — Heavy menstrual bleeding: assessment and management
- American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG) — Practice Bulletin on Abnormal Uterine Bleeding
- Cochrane Database of Systematic Reviews — revues sur l'acide tranexamique et le DIU au lévonorgestrel dans les ménorragies
- PubMed — revues sur la physiopathologie de l'hémostase endométriale
