
Hernie hiatale
26 août 2026
Syndrome de l’intestin irritable (SII)
26 août 2026Gastroparésie (ralentissement vidange gastrique)
Trouble de la motilité gastrique caractérisé par un retard de la vidange de l'estomac en l'absence de tout obstacle mécanique, associant nausées, vomissements, satiété précoce et ballonnements post-prandiaux. Touche principalement les personnes diabétiques (gastroparésie diabétique, la plus fréquente et la mieux caractérisée), mais aussi des formes idiopathiques (souvent post-virales) et post-chirurgicales. L'enjeu principal de l'accompagnement est double : soutenir le statut nutritionnel souvent fragilisé et adapter très finement la texture et le rythme alimentaire, la corrélation entre l'amélioration objective de la vidange gastrique et le soulagement symptomatique étant par ailleurs imparfaite, ce qui justifie une approche centrée sur les symptômes autant que sur la seule vidange.
En quelques mots
- Toujours rechercher la cause sous-jacente (diabète mal équilibré, chirurgie gastrique ou vagale antérieure, contexte post-viral, cause idiopathique) : la prise en charge diffère selon l'étiologie et le diabète nécessite une coordination stricte avec l'équilibre glycémique.
- Ne pas se fier uniquement à la sévérité mesurée du retard de vidange gastrique (scintigraphie) pour évaluer l'accompagnement à proposer : l'amélioration de la vidange ne prédit pas toujours le soulagement symptomatique, l'approche doit rester centrée sur les symptômes rapportés.
- Surveiller systématiquement l'état nutritionnel et le risque de dénutrition, fréquent dans les formes sévères du fait de l'intolérance alimentaire progressive.
- Adapter strictement la texture et le fractionnement alimentaire avant toute autre intervention : c'est le levier le plus robuste et le premier à ajuster, avant la phytothérapie ou la micronutrition.
- Chez la personne diabétique, ne jamais négliger le cercle vicieux bidirectionnel : une glycémie mal contrôlée aggrave la gastroparésie, et une vidange gastrique imprévisible complique à son tour l'équilibre glycémique (délai variable entre prise alimentaire et absorption du glucose).
- Adapter la texture, le volume et le rythme alimentaire pour réduire les symptômes et prévenir la dénutrition
- Soutenir la motricité digestive par des leviers non médicamenteux (posture, activité physique post-prandiale, respiration)
- Accompagner l'équilibre glycémique en cas de gastroparésie diabétique, en lien avec le diabétologue
- Réduire les facteurs aggravants (stress, sédentarité, certains médicaments ralentisseurs)
- Prévenir et corriger les carences nutritionnelles secondaires
- Soutenir la qualité de vie face à une pathologie chronique souvent invalidante et méconnue

Diagnostic
- Diagnostic reposant sur l'association de symptômes évocateurs (nausées, vomissements, satiété précoce, ballonnements post-prandiaux, douleur épigastrique) et d'un retard objectivé de la vidange gastrique, en l'absence d'obstacle mécanique identifié à l'endoscopie ou à l'imagerie.
- Scintigraphie de vidange gastrique aux solides : examen de référence, mesurant le pourcentage de rétention gastrique à 2 et 4 heures après un repas standardisé marqué.
- Test respiratoire à l'acide octanoïque marqué : alternative non irradiante à la scintigraphie, moins largement disponible.
- Endoscopie œso-gastro-duodénale systématique au préalable pour éliminer un obstacle mécanique (sténose, tumeur).
- Il est de plus en plus reconnu que l'amélioration de la vidange gastrique mesurée ne prédit pas de façon fiable le soulagement symptomatique, ce qui souligne la nature multifactorielle de la pathologie et l'intérêt d'une approche centrée sur les symptômes plutôt que sur la seule normalisation de la vidange.
- Dyspepsie fonctionnelle (voir fiche dédiée), avec vidange gastrique normale par définition, tableau clinique parfois très proche
- Reflux gastro-œsophagien (voir fiche dédiée)
- Gastrite (voir fiche dédiée)
- Ulcère gastro-duodénal (voir fiche dédiée)
- Sténose pylorique d'origine mécanique (ulcéreuse, tumorale), à éliminer systématiquement par l'endoscopie avant de retenir le diagnostic de gastroparésie
- Trouble du comportement alimentaire (anorexie mentale notamment), pouvant s'accompagner secondairement d'un authentique ralentissement de la vidange gastrique fonctionnel
- Syndrome de rumination, tableau parfois confondu avec les vomissements de la gastroparésie
- Cannabinoid hyperemesis syndrome en cas de consommation chronique de cannabis, à rechercher systématiquement en anamnèse
- Nausées, souvent quotidiennes
- Vomissements, parfois d'aliments non digérés ingérés plusieurs heures auparavant
- Satiété précoce
- Ballonnements et distension abdominale post-prandiaux
- Douleur ou inconfort épigastrique
- Perte de poids et dénutrition dans les formes sévères
- Reflux gastro-œsophagien associé fréquent (voir fiche dédiée)
- Fluctuations glycémiques imprévisibles chez la personne diabétique, du fait du décalage entre l'administration de l'insuline prandiale et l'absorption effective du glucose
- Fatigue chronique
- Signes souvent négligés en médecine conventionnelle : aggravation nette après les repas riches en graisses ou en fibres insolubles, sensation de blocage ou de lenteur digestive disproportionnée par rapport aux résultats des bilans standards
Évolution favorable : stabilisation symptomatique possible avec une adaptation alimentaire rigoureuse (texture, fractionnement) associée, selon la cause, à un meilleur équilibre glycémique ou à un traitement prokinétique adapté ; certaines formes post-virales ou post-chirurgicales peuvent s'améliorer spontanément sur plusieurs mois à quelques années.
Évolution défavorable : en l'absence de prise en charge adaptée, risque de dénutrition progressive, de troubles hydroélectrolytiques liés aux vomissements répétés, de bézoards gastriques (agglomérats de matières non digérées pouvant obstruer le pylore), et de déséquilibre glycémique chronique majoré chez la personne diabétique avec risque accru de complications microvasculaires. Signes imposant une orientation médicale rapide ou une hospitalisation : vomissements incoercibles avec incapacité à s'hydrater, perte de poids rapide et significative, signes de déshydratation ou de trouble électrolytique sévère, hypoglycémies ou hyperglycémies sévères et répétées chez le patient diabétique.
- Diabète de type 1 ou de type 2 mal équilibré au long cours, cause la plus fréquente (neuropathie autonome diabétique affectant l'innervation gastrique)
- Chirurgie gastrique ou œsophagienne antérieure, avec risque de lésion du nerf vague
- Cause idiopathique, souvent d'origine post-virale suspectée (gastro-entérite aiguë précédant l'apparition des symptômes)
- Maladies neurologiques (maladie de Parkinson, sclérose en plaques) affectant le système nerveux autonome
- Pathologies du tissu conjonctif (sclérodermie notamment)
- Certains médicaments ralentisseurs de la motricité digestive (opiacés, certains antidépresseurs, agonistes du GLP-1 à forte dose)
- Hypothyroïdie sévère non traitée
- Déséquilibre glycémique chronique chez la personne diabétique
- Alimentation riche en graisses et en fibres insolubles, ralentissant davantage la vidange gastrique
- Repas volumineux et peu fractionnés
- Sédentarité post-prandiale
- Stress chronique, par son effet sur la motricité digestive via l'axe intestin-cerveau
- Consommation de cannabis (cannabinoid hyperemesis syndrome pouvant aggraver ou mimer le tableau)
- Poursuite de médicaments ralentisseurs évitables sans réévaluation
Physiopathologie
- Fonctionnement normal de la vidange gastrique
Coordination fine entre le fundus (réservoir, relaxation adaptative), l'antre (broyage et propulsion) et le pylore (régulation du passage vers le duodénum), sous contrôle du système nerveux entérique, du nerf vague et des cellules interstitielles de Cajal (véritables « pacemakers » électriques de l'estomac) - Atteinte neuropathique (gastroparésie diabétique)
L'hyperglycémie chronique altère la fonction du nerf vague et des cellules interstitielles de Cajal
→ perte de la coordination normale des contractions antrales et parfois pylorospasme associé
→ retard de vidange, majoré par l'hyperglycémie elle-même qui ralentit indépendamment la motricité gastrique (cercle vicieux bidirectionnel avec le diabète) - Atteinte post-chirurgicale
Lésion directe ou fonctionnelle du nerf vague lors d'une chirurgie gastrique, œsophagienne ou bariatrique
→ perte du contrôle vagal normal de la motricité antrale et de la relaxation pylorique - Forme idiopathique post-virale
Infection virale initiale (souvent non identifiée rétrospectivement) suspectée d'endommager transitoirement ou durablement le système nerveux entérique ou les cellules interstitielles de Cajal - Dissociation entre vidange gastrique et symptômes
L'hypersensibilité viscérale, l'altération de l'accommodation gastrique (relaxation adaptative du fundus au repas) et des facteurs centraux (axe intestin-cerveau) contribuent aux symptômes indépendamment du seul degré de retard de vidange mesuré
→ explique pourquoi l'amélioration pharmacologique de la vidange ne s'accompagne pas toujours d'un soulagement symptomatique proportionnel
Atteinte du contrôle neuromusculaire de la motricité gastrique (neuropathie diabétique, lésion vagale post-chirurgicale, atteinte post-virale idiopathique)
→ dysfonction des cellules interstitielles de Cajal et perte de la coordination antro-pylorique
→ retard de la vidange gastrique aux solides
→ nausées, vomissements, satiété précoce, ballonnements post-prandiaux
→ chez le patient diabétique, cercle vicieux bidirectionnel entre déséquilibre glycémique et aggravation de la gastroparésie
→ dissociation fréquente entre le degré de retard de vidange mesuré et l'intensité des symptômes ressentis, du fait de composantes sensitives et centrales associées
Accompagnement allopathique
Objectif : prévenir l'apparition ou l'aggravation de la gastroparésie chez les personnes à risque, en particulier les patients diabétiques.
Traitement : optimisation stricte de l'équilibre glycémique au long cours chez la personne diabétique, seule mesure préventive solidement établie ; évaluation et suivi de la fonction vagale avant toute chirurgie gastrique ou œsophagienne à risque ; réévaluation régulière des traitements ralentisseurs de la motricité digestive chez les patients à risque.
Objectif : réduire les symptômes, améliorer la vidange gastrique lorsque cela est cliniquement pertinent, et maintenir un état nutritionnel satisfaisant.
Traitement : le seul prokinétique approuvé de longue date reste le métoclopramide, dont l'usage est limité par ses effets secondaires neurologiques (usage restreint dans le temps) ; la dompéridone et l'érythromycine sont utilisées en alternative ou en deuxième intention selon les pays et la tolérance ; les nouveaux agonistes du récepteur 5-HT4 de dernière génération (prucalopride, vélusétrag, felcisétrag) montrent une meilleure sécurité d'emploi mais l'AGA (American Gastroenterological Association) recommande, dans sa mise à jour 2025, de ne pas utiliser le prucalopride en traitement de première intention de la gastroparésie ; le relamorelin, agoniste du récepteur à la ghréline, montre des résultats prometteurs en cours d'évaluation, en particulier dans la gastroparésie diabétique ; les antiémétiques (ondansétron, aprépitant) sont réservés aux formes modérées à sévères, à utiliser avec prudence du fait de leurs effets secondaires ; en cas de forme sévère réfractaire, des options interventionnelles existent (toxine botulique intrapylorique, pyloromyotomie endoscopique per-orale (G-POEM), stimulation gastrique électrique, voire nutrition entérale ou parentérale en cas de dénutrition sévère).
Évaluation fonctionnelle du terrain
- Depuis quand les symptômes sont-ils présents ? Y a-t-il eu un événement déclencheur identifiable (infection virale, chirurgie) ?
- Êtes-vous diabétique ? Depuis quand, et comment est votre équilibre glycémique actuellement ?
- Une scintigraphie de vidange gastrique a-t-elle été réalisée ? Quels en étaient les résultats ?
- Avez-vous des vomissements ? À quelle fréquence, et contiennent-ils des aliments non digérés ingérés plusieurs heures auparavant ?
- Avez-vous perdu du poids récemment de façon significative ?
- Quels traitements prenez-vous actuellement, notamment des opiacés, agonistes du GLP-1 ou antidépresseurs ?
- Consommez-vous du cannabis ?
- Comment décririez-vous la texture des aliments que vous tolérez le mieux et le moins bien ?
- Comment évaluez-vous votre niveau de stress au quotidien ?
- Quel est le retentissement des symptômes sur votre vie quotidienne, votre alimentation sociale, votre moral ?
Bilans conventionnels (à faire prescrire par le médecin traitant ou le gastro-entérologue) :
- Scintigraphie de vidange gastrique aux solides
- Endoscopie œso-gastro-duodénale pour éliminer un obstacle mécanique
- HbA1c et glycémies chez la personne diabétique
- Bilan nutritionnel (albuminémie, ionogramme, bilan des vitamines liposolubles en cas de dénutrition suspectée)
- Bilan thyroïdien
Bilans fonctionnels (à prioriser en première intention selon la clinique, laboratoires Barbier/BIOAVENIR, LIMS, Synlab) :
- Bilan du statut en magnésium, potassium et zinc, cofacteurs de la fonction neuromusculaire digestive
- Bilan du statut en vitamines liposolubles (A, D, E, K) en cas de dénutrition ou de malabsorption suspectée
- Analyse du microbiote intestinal en cas de troubles digestifs bas associés (SIBO fréquemment associé à la stase gastrique, voir fiche dédiée)
Accompagnement naturopathique
Accompagnement naturopathique préventif
Objectif : s'adresse aux personnes à risque (diabète mal équilibré, chirurgie gastrique programmée) avant l'installation d'un tableau de gastroparésie constitué ; but recherché : optimiser le terrain glycémique et digestif pour limiter le risque de bascule.
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse, évaluation de l'équilibre glycémique et des facteurs de risque, premiers conseils alimentaires et de gestion du stress.
- Séance 2 : renforcement de l'accompagnement de l'équilibre glycémique en lien avec le suivi médical.
- Séance 3 : consolidation des routines, réévaluation clinique.
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Diabète de longue durée avec équilibre glycémique fluctuant | Prévenir l'installation d'une neuropathie autonome digestive | Accompagnement nutritionnel de l'équilibre glycémique en lien avec le diabétologue, activité physique régulière |
| Chirurgie gastrique ou bariatrique programmée | Anticiper un éventuel retentissement post-opératoire sur la motricité gastrique | Préparation nutritionnelle pré-opératoire, information sur les signes d'alerte post-opératoires |
| Prise prolongée de médicaments ralentisseurs de la motricité digestive | Limiter le risque iatrogène | Orientation vers une réévaluation du traitement avec le médecin prescripteur, mesures alimentaires de soutien |
Accompagnement naturopathique de soutien
Objectif : réduire les symptômes et prévenir la dénutrition chez une personne présentant une gastroparésie diagnostiquée, en coordination stricte avec le suivi médical (et diabétologique le cas échéant).
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse approfondie, évaluation de l'état nutritionnel et des textures alimentaires tolérées, premiers ajustements du fractionnement et de la texture des repas.
- Séance 2 : introduction de la micronutrition de soutien (carences fréquentes), accompagnement de l'activité physique post-prandiale et de la gestion du stress.
- Séance 3 : ajustement fin du protocole alimentaire selon l'évolution, coordination avec le diabétologue si pertinent pour l'ajustement des doses d'insuline prandiale.
- Séances suivantes : suivi rapproché tant que le statut nutritionnel n'est pas stabilisé, puis espacement progressif.
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Gastroparésie diabétique avec fluctuations glycémiques marquées | Stabiliser la relation entre alimentation, vidange gastrique et équilibre glycémique | Coordination étroite avec le diabétologue, fractionnement strict des repas, textures adaptées, activité physique post-prandiale légère |
| Gastroparésie avec dénutrition débutante | Sécuriser les apports nutritionnels avant aggravation | Orientation vers un diététicien spécialisé, textures liquides/semi-liquides enrichies, suivi rapproché du poids |
| Gastroparésie idiopathique post-virale récente | Soutenir la récupération fonctionnelle spontanée possible | Alimentation adaptée transitoire, gestion du stress, activité physique douce régulière |
| Composante de reflux associée marquée (voir fiche RGO) | Réduire le double retentissement gastroparésie-reflux | Mesures posturales communes au RGO, fractionnement renforcé, coordination du traitement médical |
Boîte à outils
Priorité :
- Fractionnement en petits repas fréquents (5 à 6 par jour) : réduction du volume gastrique à vider à chaque prise
- Petites portions, toutes les 3 heures environ
- Réduction des graisses et des fibres insolubles, qui ralentissent le plus la vidange gastrique : adaptation de la texture au degré de tolérance
- Privilégier dans un premier temps des textures liquides, mixées ou bien cuites, à réévaluer selon la tolérance individuelle
- Position assise ou légèrement inclinée pendant et après les repas : soutien mécanique de la vidange gastrique par la gravité
- À maintenir au moins 1 à 2 heures après le repas
Options complémentaires :
- Repas liquides ou semi-liquides enrichis en cas de dénutrition ou de mauvaise tolérance des solides
- À construire avec un diététicien spécialisé selon les besoins nutritionnels
Précautions : toute adaptation alimentaire significative en cas de dénutrition avérée ou de gastroparésie sévère doit être construite avec un diététicien spécialisé, en coordination avec le médecin traitant ; ne pas restreindre davantage l'alimentation sans encadrement, au risque d'aggraver la dénutrition.
Priorité :
- Magnésium et potassium (selon bilan) : soutien de la fonction neuromusculaire digestive, à corriger en priorité en cas de vomissements répétés
- Selon dosage, formes bien tolérées digestivement (liquides ou effervescentes si tolérance solide réduite)
- Vitamines liposolubles (A, D, E, K) en cas de malabsorption ou de dénutrition suspectée : prévention des carences spécifiques
- Selon bilan, formes adaptées à la tolérance digestive
Options complémentaires :
- Zinc : cofacteur de la fonction digestive et de la cicatrisation
- Selon posologie, forme bien tolérée
- Gingembre (extrait standardisé) : soutien anti-nauséeux documenté
- Selon posologie du produit, à tester selon tolérance
Précautions : privilégier systématiquement des formes galéniques adaptées à la tolérance digestive réduite (liquides, effervescentes) plutôt que des comprimés volumineux difficiles à faire descendre sur un estomac ralenti.
Priorité :
- Cohérence cardiaque, en particulier avant les repas : réduction du stress anticipatoire lié à l'alimentation et soutien de la motricité digestive via l'axe intestin-cerveau
- 3 fois 5 minutes par jour, une séance avant les repas recommandée
Options complémentaires :
- Soutien psychologique en cas de retentissement marqué sur le rapport à l'alimentation et la vie sociale
- Orientation vers un professionnel formé aux pathologies digestives chroniques
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Marche légère après les repas : stimulation mécanique douce de la vidange gastrique
- 10 à 15 minutes, 20 à 30 minutes après le repas, à adapter selon la tolérance et la fatigue
Options complémentaires :
- Activité physique régulière en dehors des repas, adaptée à l'énergie disponible
- Selon tolérance individuelle, à ajuster en cas de dénutrition
Précautions : adapter strictement l'intensité en cas de dénutrition ou de fatigue marquée ; éviter toute activité intense immédiatement après les repas.
Naturopathique : suivi rapproché (toutes les 2 à 4 semaines) tant que le statut nutritionnel et symptomatique n'est pas stabilisé, puis trimestriel.
Conventionnel : gastro-entérologue pour le diagnostic et le suivi thérapeutique, diabétologue en cas de gastroparésie diabétique pour la coordination de l'équilibre glycémique et de l'insulinothérapie, diététicien spécialisé de façon quasi systématique compte tenu du risque nutritionnel.
Autre : psychologue en cas de retentissement marqué sur le rapport à l'alimentation et la vie sociale, kinésithérapeute pour un accompagnement respiratoire et postural si pertinent.
Priorité :
- Gingembre (extrait standardisé ou infusion concentrée) : effet prokinétique et anti-nauséeux documenté
- Selon posologie du produit ou infusion avant les repas
- Camomille matricaire : apaisement digestif doux
- Infusion entre les repas
Options complémentaires :
- Artichaut ou radis noir en cas de composante de lenteur biliaire associée
- Cure courte, selon tolérance
Précautions : le gingembre à forte dose est à utiliser avec prudence en cas de traitement anticoagulant ; introduire toute nouvelle plante progressivement pour vérifier la tolérance digestive sur un estomac déjà ralenti.
Priorité :
- Hydrolat de gingembre ou de menthe poivrée diluée (en l'absence de RGO associé significatif, sinon voir précaution de la fiche RGO) : soutien anti-nauséeux
- 1 cuillère à café diluée dans un verre d'eau, avant les repas
Options complémentaires :
- Inhalation d'huile essentielle de menthe poivrée en cas de nausée aiguë (voie olfactive, hors ingestion) : effet anti-nauséeux rapide
- Quelques inspirations directement au flacon, ponctuellement
Précautions : la menthe poivrée par voie orale est déconseillée en cas de RGO associé (voir fiche dédiée), fréquent dans la gastroparésie ; privilégier alors la voie olfactive ou le gingembre.
Priorité :
- Hydratation fractionnée en petites quantités tout au long de la journée : prévention de la déshydratation en cas de vomissements répétés, sans surcharger l'estomac en une seule prise
- Petites gorgées régulières, en dehors des repas de préférence
Options complémentaires :
- Solutés de réhydratation orale en cas de vomissements répétés
- Selon prescription ou conseil pharmaceutique en cas de perte hydrique significative
Précautions : en cas de vomissements incoercibles avec impossibilité de s'hydrater, orientation médicale urgente pour réhydratation intraveineuse.
Priorité :
- Maintien de la position assise ou semi-assise plusieurs heures après le repas du soir : soutien de la vidange nocturne et réduction du reflux associé
- Dernier repas plusieurs heures avant le coucher, position surélevée au coucher si nécessaire
Options complémentaires :
- Régularité des horaires de repas malgré les fluctuations d'appétit : soutien de la prévisibilité digestive, en particulier chez le patient diabétique
- Horaires aussi stables que possible, en coordination avec le schéma insulinique si pertinent
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
- Toute adaptation alimentaire significative en contexte de dénutrition doit être construite avec un diététicien spécialisé, jamais en autonomie complète
- Menthe poivrée par voie orale déconseillée en cas de RGO associé, fréquent dans ce contexte
- Gingembre à forte dose à utiliser avec prudence sous traitement anticoagulant
- Privilégier systématiquement des formes galéniques liquides ou effervescentes pour toute supplémentation, du fait de la tolérance digestive réduite aux comprimés volumineux
- Chez le patient diabétique, toute modification du rythme ou de la texture alimentaire doit être coordonnée avec le diabétologue pour l'ajustement du schéma insulinique
- Toute apparition de signe d'alarme (vomissements incoercibles, déshydratation, perte de poids rapide, déséquilibre glycémique sévère) impose une orientation médicale urgente
Rappels
Motricité gastrique normale
- Le fundus assure une fonction de réservoir grâce à sa relaxation adaptative (accommodation) lors de l'arrivée du bol alimentaire
- L'antre assure le broyage mécanique des aliments par des contractions péristaltiques puissantes, propulsant le contenu vers le pylore
- Le pylore régule finement le passage du contenu gastrique vers le duodénum, ne laissant passer que des particules de taille suffisamment réduite
Cellules interstitielles de Cajal
- Véritables cellules « pacemaker » de l'estomac, générant et propageant l'activité électrique rythmique de base (ondes lentes) qui coordonne les contractions musculaires gastriques
- Leur altération ou leur perte, documentée dans de nombreux cas de gastroparésie (diabétique, idiopathique), explique en grande partie la perte de coordination motrice
Innervation vagale
- Le nerf vague assure une part essentielle du contrôle de la motricité gastrique, de la sécrétion acide et de la relaxation adaptative du fundus
- Sa lésion, qu'elle soit chirurgicale ou neuropathique (diabète), perturbe profondément la coordination de la vidange gastrique
Amont :
- Diabète de type 1 ou 2 mal équilibré au long cours (voir fiche SMOP pour le contexte métabolique plus large)
- Chirurgie gastrique, œsophagienne ou bariatrique antérieure
- Infections virales antérieures, dans les formes idiopathiques
- Pathologies neurologiques (Parkinson, sclérose en plaques) ou du tissu conjonctif (sclérodermie)
Aval :
- Reflux gastro-œsophagien associé fréquent (voir fiche dédiée), par la stase gastrique prolongée
- Retentissement nutritionnel majeur en cas de forme sévère (dénutrition, carences en vitamines liposolubles et en oligoéléments)
- Retentissement sur l'équilibre glycémique chez la personne diabétique, par le décalage imprévisible entre alimentation et absorption du glucose
- SIBO (voir fiche dédiée) fréquemment associé à la stase gastrique et à la dysmotricité digestive globale
- Retentissement psychologique et social majeur, du fait de l'imprévisibilité des symptômes et des contraintes alimentaires strictes au quotidien
Niveaux de preuves
- ⭐⭐⭐ Rôle de la neuropathie diabétique autonome et de l'atteinte des cellules interstitielles de Cajal dans la physiopathologie de la gastroparésie diabétique
- ⭐⭐⭐ Absence de corrélation fiable entre l'amélioration de la vidange gastrique mesurée et le soulagement symptomatique (recommandation AGA 2025)
- ⭐⭐⭐ Efficacité limitée et effets secondaires significatifs du métoclopramide, seul prokinétique approuvé de longue date
- ⭐⭐⭐ Recommandation AGA 2025 de ne pas utiliser le prucalopride en traitement de première intention de la gastroparésie
- ⭐⭐ Efficacité prometteuse du relamorelin sur la vidange gastrique dans la gastroparésie diabétique, en cours d'évaluation
- ⭐⭐ Meilleur profil de sécurité cardiaque des nouveaux agonistes 5-HT4 (prucalopride, vélusétrag, felcisétrag) par rapport aux anciens prokinétiques
- ⭐⭐ Efficacité du gingembre sur les nausées d'origine digestive
- ⭐⭐ Efficacité du fractionnement alimentaire et de la réduction des graisses/fibres insolubles sur la tolérance symptomatique
- ⭐ Bénéfice de la marche post-prandiale légère sur la vidange gastrique
Sources
- American Gastroenterological Association (AGA), Clinical Practice Guideline on Management of Gastroparesis, Gastroenterology, 2025
- Kumar A. et al., Progress in Gastroparesis Management: From Pharmacotherapy to Interventional Treatments, JGH Open, 2026
- Camilleri M., Jencks K.J., Pharmacologic treatments for gastroparesis, Pharmacological Reviews, 2025
- Carbone F. et al., Prucalopride in Gastroparesis: A Randomized Placebo-Controlled Crossover Study, American Journal of Gastroenterology
- Société GI/SCRI (badgut.org), Un nouvel espoir pour la gastroparésie, 2026
- NHS Specialist Pharmacy Service, Choosing a prokinetic medicine for impaired gastrointestinal motility, 2025
