
Gastroparésie (ralentissement vidange gastrique)
26 août 2026
Syndrome de l’intestin perméable (hyperperméabilité intestinale)
26 août 2026Syndrome de l’intestin irritable (SII)
Trouble chronique de l'interaction intestin-cerveau associant douleurs abdominales récurrentes et troubles du transit (diarrhée, constipation ou alternance des deux), sans lésion organique identifiable aux examens complémentaires. Touche préférentiellement les femmes de moins de 50 ans (environ 80 % des cas), avec une physiopathologie multifactorielle associant hypersensibilité viscérale, dysbiose et dérégulation de l'axe intestin-cerveau. L'enjeu principal de l'accompagnement est de sortir la cliente d'une logique de recherche infructueuse d'une cause organique pour investir un travail fonctionnel global (alimentation, microbiote, stress), le diagnostic reposant sur un faisceau clinique et non sur un test unique.
En quelques mots
- Vérifier systématiquement l'absence de signes d'alarme (amaigrissement, rectorragies, anémie, apparition après 50 ans, antécédents familiaux de cancer colorectal ou de MICI) avant tout accompagnement : leur présence impose une réorientation médicale pour éliminer un diagnostic différentiel organique.
- Ne pas se limiter au sous-type transit (SII-D, SII-C, SII mixte) sans explorer les déclencheurs individuels : alimentaires, hormonaux (aggravation périmenstruelle fréquente), émotionnels.
- Rechercher systématiquement un contexte post-infectieux (gastro-entérite aiguë dans les mois précédant l'apparition des symptômes), qui oriente vers une piste physiopathologique et thérapeutique spécifique (SIBO notamment).
- Ne pas proposer d'éviction alimentaire large (FODMAP strict, sans gluten, etc.) sans cadre structuré et limité dans le temps : risque de restriction alimentaire chronicisée et de retentissement nutritionnel/social.
- Explorer systématiquement la sphère gynécologique chez la femme (endométriose notamment) en cas de douleurs pelviennes associées ou d'aggravation cyclique marquée : le chevauchement symptomatique est fréquent et les deux diagnostics ne s'excluent pas.
- Réduire l'hypersensibilité viscérale et l'inflammation de bas grade
- Identifier et réduire les déclencheurs alimentaires individuels sans installer de restriction chronique
- Rééquilibrer le microbiote intestinal (voir fiche Dysbiose intestinale)
- Restaurer la fonction de la barrière intestinale (voir fiche Hyperperméabilité intestinale)
- Réguler l'axe intestin-cerveau et la réponse au stress
- Normaliser le transit selon le sous-type (SII-D, SII-C, SII mixte)
- Redonner à la cliente un sentiment de contrôle sur ses symptômes et sortir de l'anxiété anticipatoire alimentaire

Diagnostic
- Diagnostic clinique, reposant sur les critères de Rome V (2026) : douleur ou inconfort abdominal récurrent, en moyenne au moins un jour par semaine sur les trois derniers mois, associé à au moins deux des critères suivants — lien avec la défécation, modification de la fréquence des selles, modification de la consistance des selles (échelle de Bristol).
- Absence de signes d'alarme et examens complémentaires de première intention normaux (NFS, CRP, éventuellement calprotectine fécale) permettant d'éliminer une pathologie organique.
- Sous-typage selon la consistance prédominante des selles (échelle de Bristol) : SII à prédominance diarrhéique (SII-D), SII à prédominance constipation (SII-C), SII mixte, SII non classé.
- Aucun test biologique ou d'imagerie ne confirme positivement le diagnostic : il s'agit d'un diagnostic d'exclusion raisonnée, pas d'un diagnostic par défaut après bilan négatif exhaustif systématique.
- Maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) (voir fiche dédiée) : calprotectine fécale élevée, signes d'alarme
- Maladie cœliaque (voir fiche dédiée)
- Sensibilité au gluten non cœliaque (voir fiche dédiée)
- SIBO (voir fiche dédiée), pouvant coexister avec ou mimer un SII, en particulier post-infectieux
- Dysbiose intestinale (voir fiche dédiée) sans tableau de SII constitué
- Colite microscopique (à évoquer notamment dans le SII-D après 50 ans)
- Parasitoses intestinales (voir fiche dédiée)
- Endométriose digestive (voir fiche Endométriose) chez la femme jeune, en cas de douleurs pelviennes cycliques associées
- Allergies et intolérances alimentaires (voir fiche dédiée), notamment intolérance au lactose ou au fructose
- Dyspepsie fonctionnelle (voir fiche dédiée) en cas de symptomatologie à prédominance haute
- Douleurs abdominales récurrentes, souvent soulagées ou aggravées par la défécation
- Ballonnements et distension abdominale, souvent croissants au cours de la journée
- Alternance ou prédominance diarrhée/constipation selon le sous-type
- Sensation d'évacuation incomplète
- Urgence défécatoire, en particulier dans le SII-D
- Mucus dans les selles
- Aggravation périmenstruelle fréquente chez la femme
- Fatigue chronique associée
- Anxiété, troubles de l'humeur, souvent en lien bidirectionnel avec les symptômes digestifs
- Troubles du sommeil
- Signes souvent négligés en médecine conventionnelle : sensibilités alimentaires multiples non IgE-médiées, symptômes extra-digestifs (céphalées, douleurs musculo-squelettiques, fatigue), aggravation nette au stress ou lors des changements de rythme de vie
Évolution favorable : amélioration significative de la qualité de vie en 2 à 3 mois avec une prise en charge structurée (alimentaire, microbiote, gestion du stress), sans disparition garantie des symptômes mais avec un net gain de contrôle et de prévisibilité. Favorisée par l'identification des déclencheurs individuels, un travail sur l'axe intestin-cerveau (hypnose, TCC) et l'évitement des restrictions alimentaires non structurées qui entretiennent l'hypervigilance digestive.
Évolution défavorable : le SII n'évolue pas vers une pathologie organique grave par lui-même (pas de risque de cancer ou de MICI démontré), mais en l'absence de prise en charge adaptée, risque de chronicisation de l'anxiété digestive, de restriction alimentaire de plus en plus large avec retentissement nutritionnel et social, d'isolement, et de sur-sollicitation médicale (examens répétés inutiles). Signes devant faire réévaluer le diagnostic : apparition de signes d'alarme en cours d'évolution (rectorragies, amaigrissement, anémie, fièvre), qui imposent une réorientation médicale immédiate.
- Antécédent de gastro-entérite infectieuse aiguë (SII post-infectieux, bien documenté)
- Dysbiose intestinale (voir fiche dédiée)
- Hyperperméabilité intestinale et micro-inflammation muqueuse de bas grade (voir fiche dédiée)
- Hypersensibilité viscérale, souvent d'origine multifactorielle (génétique, post-infectieuse, psychologique)
- Antécédents de stress précoce ou de traumatisme (facteur de vulnérabilité de l'axe intestin-cerveau)
- Terrain anxieux ou dépressif préexistant
- Prédisposition génétique et antécédents familiaux
- Prise antibiotique répétée
- Sexe féminin et influence hormonale (œstrogènes/progestérone modulant la sensibilité viscérale et la motricité digestive)
- Stress chronique et événements de vie anxiogènes
- Alimentation riche en FODMAPs non identifiés comme déclencheurs individuels
- Sédentarité
- Dette de sommeil
- Cycle menstruel (aggravation périmenstruelle fréquente)
- Prise de laxatifs au long cours (SII-C)
- Restriction alimentaire non structurée, entretenant l'hypervigilance et parfois la dysbiose
- Consommation d'alcool, de caféine, de boissons gazeuses
Physiopathologie
- Terrain de vulnérabilité
Prédisposition génétique et psychologique (antécédents de stress précoce, terrain anxieux), dans un sous-groupe infection gastro-intestinale aiguë initiale - Dérégulation de l'axe intestin-cerveau
Communication bidirectionnelle perturbée entre système nerveux entérique et système nerveux central, via le nerf vague et l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien. Le stress chronique modifie la motricité digestive et abaisse le seuil de perception douloureuse - Hypersensibilité viscérale
Sensibilisation des afférences sensitives digestives : des stimuli normaux (distension physiologique, gaz) sont perçus comme douloureux. Dans le SII post-infectieux, persistance d'une activation immunitaire à bas bruit après résolution de l'infection initiale, avec production d'anticorps anti-CdtB pouvant réagir de façon croisée avec la vinculine, protéine impliquée dans la motricité digestive - Dysbiose et micro-inflammation
Altération de la composition et de la diversité du microbiote intestinal, production accrue de gaz par fermentation bactérienne de certains glucides fermentescibles (FODMAPs) → distension et douleur chez les sujets hypersensibles, micro-inflammation muqueuse de bas grade, parfois associée à une hyperperméabilité intestinale - Troubles de la motricité digestive
Accélération du transit dans le SII-D, ralentissement dans le SII-C, liés à une dysrégulation des complexes moteurs migrants et à la modulation sérotoninergique intestinale (la sérotonine étant à 95 % d'origine entérique) - Auto-entretien du cercle symptomatique
L'anxiété anticipatoire liée aux symptômes digestifs aggrave en retour l'hypersensibilité viscérale et le stress perçu → boucle de rétroaction intestin-cerveau
Terrain de vulnérabilité (génétique, psychologique, parfois infection digestive initiale)
→ dérégulation de l'axe intestin-cerveau et hypersensibilité viscérale
→ dysbiose intestinale et fermentation excessive de glucides fermentescibles
→ distension et douleur abdominale chez un sujet hypersensible
→ troubles de la motricité digestive (accélération ou ralentissement du transit)
→ anxiété anticipatoire liée aux symptômes
→ auto-entretien du cercle intestin-cerveau et chronicisation
Accompagnement allopathique
Objectif : prévenir les rechutes symptomatiques et limiter le recours à une escalade médicamenteuse chez une personne déjà diagnostiquée et stabilisée.
Traitement : réassurance et éducation du patient sur le caractère bénin et chronique de la pathologie (élément thérapeutique à part entière selon les recommandations), maintien d'une activité physique régulière, suivi diététique de prévention des rechutes après une phase d'éviction FODMAP, orientation vers des approches de gestion du stress (thérapies cognitivo-comportementales, hypnose) en prévention des poussées liées au stress.
Objectif : soulager les symptômes en phase active selon le sous-type prédominant.
Traitement : essai d'éviction des FODMAPs sur 4 à 6 semaines avec réintroduction progressive encadrée par un diététicien ; traitement symptomatique selon le sous-type — lopéramide dans le SII-D, polyéthylène glycol ou prucalopride dans le SII-C, antispasmodiques (pinavérium, phloroglucinol) et paracétamol pour les douleurs, huile essentielle de menthe poivrée en forme gastro-résistante ; probiotiques ciblés en cas de contexte post-infectieux ou de prise antibiotique récente ; rifaximine en cure courte (non systématiquement disponible ou remboursée selon les pays) en cas de suspicion de composante SIBO associée ; antidépresseurs à faible dose (tricycliques ou IRS) en cas de douleur réfractaire ou de comorbidité anxio-dépressive ; hypnothérapie ou thérapies comportementales dirigées vers l'intestin en cas de résistance au traitement de première intention.
Évaluation fonctionnelle du terrain
- Depuis quand les symptômes ont-ils débuté ? Y a-t-il eu un événement déclencheur identifiable (gastro-entérite, changement de vie, stress majeur) ?
- Quel est le sous-type prédominant : plutôt diarrhée, constipation, ou alternance ?
- Les symptômes sont-ils rythmés par le cycle menstruel ?
- Avez-vous identifié des aliments qui déclenchent ou aggravent les symptômes ?
- Avez-vous déjà tenté des régimes d'éviction ? Lesquels, avec quel encadrement, et quels résultats ?
- Comment évaluez-vous votre niveau de stress au quotidien, et percevez-vous un lien avec vos symptômes digestifs ?
- Avez-vous des douleurs pelviennes, en particulier cycliques, en dehors des symptômes digestifs ?
- Avez-vous pris des antibiotiques récemment ou de façon répétée ?
- Comment est votre sommeil ?
- Avez-vous une activité physique régulière ?
- Quel est le retentissement des symptômes sur votre vie sociale, professionnelle, alimentaire ?
- Avez-vous des signes d'alarme (perte de poids inexpliquée, sang dans les selles, fièvre, réveils nocturnes par la douleur) ?
Bilans conventionnels (à faire prescrire par le médecin traitant, en première intention pour éliminer un diagnostic différentiel) :
- NFS, CRP
- Calprotectine fécale (notamment en cas de SII-D, pour écarter une MICI)
- Sérologie de la maladie cœliaque (anticorps anti-transglutaminase)
- TSH
- Coloscopie si signes d'alarme ou après 50 ans
Bilans fonctionnels (à prioriser en première intention selon la clinique, laboratoires Barbier/BIOAVENIR, LIMS, Synlab) :
- Analyse du microbiote intestinal (dysbiose, diversité bactérienne)
- Recherche de surcroissance bactérienne (SIBO), en particulier en contexte post-infectieux
- Marqueurs de perméabilité intestinale (zonuline)
- Bilan des intolérances alimentaires non IgE-médiées si suspicion clinique forte
- Bilan du stress oxydatif et du statut en magnésium
Accompagnement naturopathique
Accompagnement naturopathique préventif
Objectif : s'adresse aux personnes à risque (antécédent de gastro-entérite aiguë récente, terrain anxieux marqué, antécédents familiaux de SII) avant l'installation d'un tableau chronique constitué ; but recherché : limiter le risque de bascule vers un SII post-infectieux ou lié au stress installé.
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse, identification du contexte déclencheur potentiel, premiers conseils de structuration alimentaire et d'hygiène digestive.
- Séance 2 : introduction d'une pratique de gestion du stress régulière, soutien du microbiote si contexte post-infectieux ou post-antibiotique récent.
- Séance 3 : consolidation des routines, réévaluation clinique.
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Antécédent récent de gastro-entérite aiguë | Prévenir la bascule vers un SII post-infectieux | Soutien du microbiote, probiotiques ciblés, surveillance de l'évolution symptomatique sur 3 mois |
| Terrain anxieux marqué sans trouble digestif constitué | Réduire la vulnérabilité de l'axe intestin-cerveau | Cohérence cardiaque, orientation précoce vers une pratique de gestion du stress régulière |
| Antécédents familiaux de SII, alimentation actuelle riche en FODMAPs | Réduire l'exposition aux facteurs déclenchants sans restriction excessive | Structuration des repas, réduction progressive et ciblée des FODMAPs les plus fermentescibles |
Accompagnement naturopathique de soutien
Objectif : accompagner un SII diagnostiqué et symptomatique, en réduisant l'intensité et la fréquence des symptômes et en redonnant à la cliente des outils de gestion autonome.
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse approfondie, identification du sous-type et des déclencheurs, orientation vers les bilans fonctionnels pertinents, premiers conseils de structuration alimentaire sans éviction large immédiate.
- Séance 2 : mise en place encadrée d'un essai d'éviction FODMAP le cas échéant (en coordination avec un diététicien si besoin), introduction de la phytothérapie antispasmodique et de la micronutrition ciblée selon le sous-type.
- Séance 3 : réintroduction progressive et structurée des FODMAPs, renforcement du travail sur l'axe intestin-cerveau (cohérence cardiaque, hypnose si besoin d'orientation), ajustement de l'activité physique.
- Séances suivantes : suivi trimestriel, consolidation des routines, ajustement du protocole selon l'évolution du sous-type et du contexte de vie.
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| SII-D avec urgence défécatoire invalidante | Ralentir et stabiliser le transit, réduire l'anxiété anticipatoire | Phytothérapie astringente et antispasmodique, probiotiques ciblés, techniques de gestion du stress, structuration des repas |
| SII-C avec ballonnements marqués | Stimuler un transit régulier sans irritation | Fibres solubles progressives, hydratation renforcée, activité physique régulière, phytothérapie cholérétique douce |
| SII post-infectieux avec suspicion de SIBO associé | Traiter la composante de surcroissance bactérienne | Orientation vers bilan SIBO (voir fiche dédiée), phytothérapie antimicrobienne ciblée, réintroduction alimentaire très progressive |
| Composante anxieuse ou dépressive au premier plan | Réduire la dérégulation de l'axe intestin-cerveau | Orientation vers TCC ou hypnothérapie spécialisée, cohérence cardiaque quotidienne, phytothérapie adaptogène |
Boîte à outils
Priorité :
- Structuration des repas à horaires réguliers, sans sauter de repas : stabilisation de la motricité digestive
- Modalité : 3 repas/jour à horaires fixes, mastication ralentie
- Essai d'éviction des FODMAPs sur 4 à 6 semaines puis réintroduction progressive encadrée : identification des déclencheurs individuels
- Modalité : phase stricte de 4 à 6 semaines maximum, réintroduction aliment par aliment sur plusieurs semaines
- Fibres solubles (psyllium, gomme de guar partiellement hydrolysée) : régulation du transit dans les deux sens (SII-C et SII-D)
- Modalité : introduction très progressive, en augmentant les doses sur plusieurs semaines
Options complémentaires :
- Réduction du café, de l'alcool et des boissons gazeuses : diminution de l'irritation et de la distension digestive
- Modalité : réduction progressive selon tolérance individuelle
- Cuisson douce des légumes et réduction des crudités en phase symptomatique : meilleure tolérance digestive
- Modalité : privilégier légumes cuits vapeur en période de poussée
Précautions : l'éviction FODMAP ne doit jamais être prolongée au-delà de 6 à 8 semaines sans réintroduction structurée, au risque d'appauvrir le microbiote et d'installer une restriction alimentaire chronique ; vigilance particulière chez toute personne avec antécédent de trouble du comportement alimentaire, chez qui ce type de régime est déconseillé en autonomie et doit être encadré par un professionnel spécialisé.
Priorité :
- Magnésium (bisglycinate ou glycérophosphate selon transit) : réduction du stress, effet régulateur sur la motricité digestive
- Modalité : 300 mg/jour, forme adaptée au sous-type (citrate à éviter en cas de SII-D)
- Probiotiques ciblés selon le sous-type et le contexte (post-infectieux, post-antibiotique) : soutien du microbiote
- Modalité : souches documentées selon indication, cure de 4 à 12 semaines
Options complémentaires :
- Gomme de guar partiellement hydrolysée : fibre soluble bien tolérée, effet régulateur double sens
- Modalité : introduction progressive, 5 g/jour en augmentant selon tolérance
- Curcumine : soutien anti-inflammatoire doux
- Modalité : extrait standardisé, cure de plusieurs semaines
Précautions : introduire les probiotiques et les fibres progressivement pour éviter une aggravation transitoire des ballonnements ; réévaluer le choix de souche probiotique en l'absence d'amélioration à 4 semaines plutôt que de prolonger sans effet.
Priorité :
- Cohérence cardiaque quotidienne : régulation de l'axe intestin-cerveau, effet démontré sur l'hypersensibilité viscérale
- Modalité : 3 fois 5 minutes par jour
- Orientation vers une thérapie cognitivo-comportementale ou une hypnothérapie spécialisée dans les troubles digestifs fonctionnels en cas de retentissement marqué : efficacité clinique bien établie sur les symptômes du SII
- Modalité : orientation vers un praticien formé, plusieurs séances
Options complémentaires :
- Méditation de pleine conscience
- Modalité : 10 à 15 minutes par jour
- Journaling des symptômes et des émotions associées
- Modalité : quelques minutes le soir, sur plusieurs semaines
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Marche régulière et activité d'endurance douce : amélioration du transit et réduction du stress perçu
- Modalité : 30 minutes, 3 à 5 fois par semaine
Options complémentaires :
- Yoga, en particulier postures de torsion douce : soutien de la motricité digestive
- Modalité : 1 à 2 séances par semaine
Précautions : éviter les activités à impact très intense en période de poussée douloureuse ; adapter selon la tolérance digestive individuelle.
Naturopathique : suivi mensuel en phase d'ajustement (éviction/réintroduction FODMAP), puis trimestriel en phase stabilisée.
Conventionnel : médecin traitant ou gastro-entérologue pour le bilan initial d'exclusion et en cas de réapparition de signes d'alarme, diététicien spécialisé pour l'encadrement de tout régime d'éviction structuré.
Autre : psychologue ou thérapeute formé aux TCC/hypnothérapie digestive en cas de composante anxieuse marquée, sophrologue, gynécologue en cas de suspicion d'endométriose associée (voir fiche dédiée).
Priorité :
- Menthe poivrée (huile essentielle en gélule gastro-résistante ou EPS) : antispasmodique digestif, efficacité clinique documentée dans le SII
- Modalité : forme gastro-résistante, selon posologie du produit, cure de plusieurs semaines
- Mélisse : antispasmodique doux, soutien de l'axe intestin-cerveau
- Modalité : infusion ou EPS, plusieurs tasses par jour
Options complémentaires :
- Camomille matricaire : apaisement digestif et nerveux
- Modalité : infusion après les repas
- Curcuma : soutien anti-inflammatoire
- Modalité : intégration culinaire ou extrait standardisé
Précautions : la menthe poivrée est déconseillée en cas de RGO associé (voir fiche dédiée) car elle relâche le sphincter œsophagien inférieur ; forme gastro-résistante à privilégier systématiquement pour limiter ce risque.
Priorité :
- Hydrolat de mélisse ou de camomille romaine : apaisement digestif et nerveux
- Modalité : 1 cuillère à café diluée dans un verre d'eau, 2 fois par jour
Options complémentaires :
- Huile essentielle de basilic exotique en massage abdominal diluée : antispasmodique
- Modalité : 1 à 2 gouttes diluées dans une huile végétale, en massage sur le ventre
Précautions : huiles essentielles contre-indiquées en cas de grossesse non confirmée sans avis, et à utiliser diluées systématiquement.
Priorité :
- Hydratation régulière, en particulier en cas de SII-D (compensation des pertes) ou de SII-C (soutien du transit) : maintien de l'équilibre hydrique et du transit
- Modalité : 1,5 L/jour, fractionné dans la journée
Options complémentaires :
- Bains tièdes avec application de chaleur locale sur le ventre en cas de douleur/spasme : effet antalgique et décontractant
- Modalité : bouillotte tiède, 15 à 20 minutes
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Régularité des horaires de sommeil et de repas : soutien de la régulation du système nerveux entérique
- Modalité : horaires fixes, 7 à 9 heures de sommeil
- Tenue d'un journal alimentaire et symptomatique : identification des déclencheurs individuels
- Modalité : sur 2 à 4 semaines minimum, aliments, horaires, stress et symptômes
Options complémentaires :
- Rituel de détente avant le coucher (respiration, lecture) : réduction du stress vespéral
- Modalité : 15 à 20 minutes avant le coucher
Précautions : veiller à ce que le journal alimentaire ne devienne pas source d'hypervigilance ou d'anxiété alimentaire excessive ; limiter sa durée dans le temps une fois les déclencheurs identifiés.
- Éviction FODMAP à ne jamais prolonger au-delà de 6 à 8 semaines sans réintroduction structurée et encadrée
- Régime d'éviction déconseillé en autonomie chez toute personne avec antécédent de trouble du comportement alimentaire, à orienter vers un diététicien spécialisé
- Menthe poivrée déconseillée en cas de RGO associé (relâchement du sphincter œsophagien inférieur), sauf forme gastro-résistante
- Introduction progressive systématique des fibres et probiotiques pour éviter une aggravation transitoire des ballonnements
- Toute apparition de signe d'alarme en cours de suivi impose une réorientation médicale immédiate, quel que soit le stade du protocole naturopathique
Rappels
Axe intestin-cerveau
- Communication bidirectionnelle entre système nerveux entérique (le « deuxième cerveau », environ 200 millions de neurones) et système nerveux central, via le nerf vague, l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et le microbiote
- Le stress module directement la motricité digestive et la perception de la douleur viscérale
Motricité digestive
- Les complexes moteurs migrants assurent le nettoyage intestinal entre les repas ; leur dérégulation participe aux troubles du transit du SII
- La sérotonine, à 95 % produite par les cellules entérochromaffines de l'intestin, régule la motricité et la sensibilité viscérale
Microbiote intestinal
- Rôle dans la fermentation des glucides non digestibles (FODMAPs), source de gaz et de distension chez le sujet hypersensible
- Interaction directe avec le système immunitaire muqueux et la perméabilité intestinale
Amont :
- Dysbiose intestinale préexistante (voir fiche dédiée)
- Antécédent d'infection gastro-intestinale aiguë (SII post-infectieux)
- Terrain anxieux ou dépressif, stress précoce
- Hyperperméabilité intestinale (voir fiche dédiée)
Aval :
- Retentissement nutritionnel en cas de restriction alimentaire prolongée et non structurée, avec risque de carences et d'appauvrissement du microbiote
- Retentissement gynécologique par chevauchement fréquent avec l'endométriose (voir fiche dédiée), les douleurs pelviennes pouvant être mal attribuées dans un sens comme dans l'autre
- Retentissement psychologique : l'anxiété digestive anticipatoire entretient à son tour l'hypersensibilité viscérale via l'axe intestin-cerveau, créant une boucle de rétroaction
- Retentissement social et professionnel lié à l'urgence défécatoire et à l'imprévisibilité des symptômes, pouvant conduire à un isolement progressif
Niveaux de preuves
- ⭐⭐⭐ Critères de Rome comme référence diagnostique du SII (Rome V, 2026)
- ⭐⭐⭐ Efficacité du régime pauvre en FODMAPs sur les symptômes globaux du SII
- ⭐⭐⭐ Rôle de l'axe intestin-cerveau et de l'hypersensibilité viscérale dans la physiopathologie
- ⭐⭐⭐ Efficacité des thérapies cognitivo-comportementales et de l'hypnothérapie sur les symptômes du SII
- ⭐⭐ Efficacité de l'huile essentielle de menthe poivrée sur les douleurs abdominales du SII
- ⭐⭐ Existence d'un mécanisme post-infectieux auto-immun (cascade anti-CdtB/anti-vinculine) dans un sous-groupe de SII post-infectieux
- ⭐⭐ Efficacité de la rifaximine en cas de composante SIBO associée
- ⭐⭐ Intérêt des probiotiques ciblés selon le contexte (post-infectieux, post-antibiotique)
- ⭐ Usage traditionnel de la mélisse et de la camomille en soutien digestif et nerveux
- ⭐ Usage de la curcumine en soutien anti-inflammatoire dans le SII
Sources
- The Rome Foundation, Rome V Criteria for Disorders of Gut-Brain Interaction, 2026
- Goodoory V.C. et al., The Rome V criteria for the diagnosis of irritable bowel syndrome in secondary care: a diagnostic accuracy study, The Lancet Gastroenterology & Hepatology, 2026
- Butt M.F., Corsetti M., Rebuilding Rome — Revising Diagnostic Criteria for Irritable Bowel Syndrome, Alimentary Pharmacology & Therapeutics, 2025
- FMC-HGE, Recommandations sur la prise en charge du Syndrome de l'Intestin Irritable (SII), POSTU 2022, mise à jour 2026
- American College of Gastroenterology (ACG), Clinical Guideline: Management of Irritable Bowel Syndrome
- Thakur E.R. et al., Efficacy of Behavioural Therapies for Irritable Bowel Syndrome: A Systematic Review and Network Meta-analysis, Lancet Gastroenterology & Hepatology, 2025
- HAS, fiches de pertinence des soins relatives au SII
- SNFGE, Conseil de pratique — Syndrome de l'intestin irritable
