
Dysbiose intestinale
26 août 2026
Diarrhée chronique fonctionnelle
26 août 2026Constipation chronique fonctionnelle
Trouble fonctionnel du transit caractérisé par une fréquence de selles diminuée, un effort de poussée excessif, des selles dures et/ou une sensation d'évacuation incomplète, en l'absence de cause organique identifiable ou de syndrome de l'intestin irritable associé (dans ce dernier cas, on parle de SII à prédominance constipation, voir fiche SII). Très fréquente, avec une nette prédominance féminine, elle regroupe en réalité plusieurs mécanismes physiopathologiques distincts (transit lent, dyssynergie ano-rectale, constipation à transit normal avec hypersensibilité) qu'il est utile de distinguer pour orienter l'accompagnement. L'enjeu principal de l'accompagnement est d'identifier le mécanisme prédominant en cause avant de proposer un protocole, une approche uniquement basée sur les fibres pouvant aggraver une dyssynergie ano-rectale non reconnue.
En quelques mots
- Toujours rechercher les signes d'alarme (rectorragies, amaigrissement, anémie, apparition après 50 ans, antécédents familiaux de cancer colorectal, changement récent et net des habitudes de transit) avant tout accompagnement fonctionnel : leur présence impose une orientation médicale pour éliminer une cause organique.
- Distinguer, autant que possible en anamnèse, la constipation de transit lent (ralentissement global de la progression colique) de la dyssynergie ano-rectale (trouble de la coordination lors de l'exonération, avec effort de poussée inefficace voire contre-productif) : une augmentation des fibres peut aggraver les symptômes en cas de dyssynergie non identifiée.
- Rechercher systématiquement la prise de médicaments constipants (opiacés, certains antidépresseurs, fer, anticholinergiques) et les causes métaboliques (hypothyroïdie, hypercalcémie, diabète) avant de retenir le caractère purement fonctionnel de la constipation.
- Ne pas négliger l'impact de l'hydratation et de l'activité physique, souvent insuffisamment questionnées alors qu'elles constituent des leviers de première ligne simples et sans risque.
- Explorer systématiquement le lien avec la hernie hiatale (voir fiche dédiée) et le reflux gastro-œsophagien : les efforts de poussée répétés liés à la constipation chronique sont un facteur aggravant mécanique reconnu de ces pathologies.
- Identifier le mécanisme prédominant (transit lent, dyssynergie ano-rectale, constipation à transit normal) pour cibler l'accompagnement
- Optimiser l'hydratation, les apports en fibres adaptées et l'activité physique
- Rééduquer la posture et le comportement d'exonération en cas de composante comportementale ou dyssynergique
- Soutenir la motricité colique par des leviers alimentaires, phytothérapeutiques et comportementaux
- Réduire les facteurs aggravants évitables (sédentarité, médicaments constipants évitables, stress chronique)
- Prévenir les complications mécaniques secondaires (hémorroïdes, fissures, hernie hiatale, voir fiches dédiées)

Diagnostic
- Diagnostic clinique reposant sur les critères de Rome (Rome IV puis Rome V à partir de 2026) : au moins deux des critères suivants sur les trois derniers mois (avec début des symptômes au moins 6 mois avant le diagnostic) — moins de trois selles complètes par semaine, effort de poussée pour au moins 25 % des défécations, selles dures ou en billes pour au moins 25 % des défécations, sensation d'évacuation incomplète pour au moins 25 % des défécations, sensation de blocage ano-rectal pour au moins 25 % des défécations, manœuvres manuelles nécessaires pour au moins 25 % des défécations ; sans que les critères du syndrome de l'intestin irritable ne soient remplis (voir fiche dédiée).
- Absence de signes d'alarme et bilan de première intention normal (NFS, CRP, calcémie, TSH) permettant d'orienter vers une cause fonctionnelle plutôt qu'organique.
- Explorations spécialisées de seconde intention en cas de résistance au traitement de première ligne bien conduit : temps de transit colique aux marqueurs radio-opaques (distinction transit lent versus transit normal), manométrie ano-rectale et test d'expulsion du ballonnet (recherche d'une dyssynergie ano-rectale), défécographie dans certains cas.
- Coloscopie réservée aux situations avec signes d'alarme, changement récent net des symptômes, ou après 50 ans selon les recommandations de dépistage en vigueur.
- Syndrome de l'intestin irritable à prédominance constipation (voir fiche SII), présence de douleurs abdominales associées au trouble du transit remplissant les critères spécifiques
- Hypothyroïdie, cause métabolique classique à rechercher systématiquement
- Diabète, par neuropathie autonome digestive associée
- Maladie de Parkinson et autres pathologies neurologiques affectant la motricité digestive
- Cancer colorectal, à éliminer systématiquement en cas de signes d'alarme ou de changement récent et net du transit
- Constipation médicamenteuse (opiacés, anticholinergiques, fer, certains antidépresseurs, inhibiteurs calciques)
- Dyssynergie ano-rectale (parfois classée comme sous-type de la constipation fonctionnelle plutôt que réellement différentielle), trouble de la coordination musculaire lors de l'exonération
- Mégacôlon ou mégarectum d'origine congénitale ou acquise, cause rare mais à évoquer en cas de résistance sévère au traitement
- Fréquence de selles diminuée (moins de trois par semaine)
- Selles dures, fragmentées ou en billes (types 1-2 de l'échelle de Bristol)
- Effort de poussée excessif et prolongé
- Sensation d'évacuation incomplète
- Sensation de blocage ano-rectal lors de la défécation
- Recours à des manœuvres manuelles pour faciliter l'exonération dans les formes évoluées
- Ballonnements et distension abdominale
- Douleurs abdominales, en particulier en fosse iliaque gauche
- Fatigue et malaise général associés à la stase digestive prolongée
- Signes souvent négligés en médecine conventionnelle : aggravation nette lors des changements de rythme de vie (voyages, stress), lien avec le cycle menstruel chez la femme, retentissement psychologique et social de la gêne liée à l'exonération
Évolution favorable : amélioration significative du confort digestif en quelques semaines avec une prise en charge structurée adaptée au mécanisme identifié (hydratation, fibres adaptées, activité physique, rééducation ano-rectale si dyssynergie), la plupart des constipations fonctionnelles répondant bien à une approche par paliers bien conduite.
Évolution défavorable : en l'absence de prise en charge adaptée, risque de complications mécaniques secondaires aux efforts de poussée répétés (hémorroïdes, fissures anales, voir fiche dédiée ; hernie hiatale, voir fiche dédiée ; prolapsus rectal dans les formes sévères et prolongées), de fécalome chez les personnes fragiles ou âgées, et de « maladie des laxatifs » en cas d'usage chronique mal encadré de laxatifs stimulants (dépendance fonctionnelle, hypokaliémie, atteinte du plexus myentérique à très long terme selon certaines données). Signes devant faire orienter vers une consultation médicale : rectorragies, amaigrissement inexpliqué, changement récent et net des habitudes de transit après 50 ans, anémie inexpliquée, douleur abdominale intense et inhabituelle.
- Alimentation pauvre en fibres et hydratation insuffisante
- Sédentarité
- Sexe féminin (prédominance nette, influence hormonale probable sur la motricité colique)
- Grossesse (voir fiche Troubles de la grossesse), par l'effet de la progestérone sur la motricité digestive et la compression mécanique utérine
- Périménopause et ménopause (voir fiche dédiée)
- Prise de médicaments constipants (opiacés, anticholinergiques, fer, certains antidépresseurs, inhibiteurs calciques)
- Hypothyroïdie, diabète, hypercalcémie
- Troubles neurologiques (Parkinson, sclérose en plaques, lésions médullaires)
- Dyssynergie ano-rectale constitutionnelle ou acquise (souvent liée à des habitudes de rétention volontaire installées dès l'enfance)
- Antécédents de chirurgie pelvienne ou d'accouchements difficiles, pouvant favoriser un trouble de la statique pelvienne associé
- Rétention volontaire répétée de l'envie d'exonérer (contraintes horaires, gêne à déféquer hors du domicile)
- Sédentarité persistante
- Hydratation insuffisante
- Voyages et changements de rythme de vie
- Stress chronique
- Usage prolongé et non encadré de laxatifs stimulants, pouvant entretenir une dépendance fonctionnelle
- Position d'exonération inadaptée (assise classique sans surélévation des pieds, moins physiologique que la position accroupie)
- Poursuite de médicaments constipants évitables sans réévaluation
Physiopathologie
- Constipation de transit normal (la plus fréquente)
- Progression colique globalement normale, mais perception de symptômes de constipation liée à une hypersensibilité rectale ou à des troubles de la perception de l'exonération
- Souvent associée à une composante fonctionnelle ou anxieuse, proche du spectre du syndrome de l'intestin irritable
- Constipation de transit lent
- Ralentissement global de la progression du contenu colique, par diminution de l'activité motrice propulsive colique
- Mécanismes sous-jacents variés : atteinte du système nerveux entérique, réduction du nombre de cellules interstitielles de Cajal coliques (cellules pacemaker, voir également fiche Gastroparésie pour leur rôle analogue au niveau gastrique), causes hormonales (hypothyroïdie), neurologiques ou médicamenteuses
- Dyssynergie ano-rectale (ou anisme)
- Trouble de la coordination entre la poussée abdominale et le relâchement du plancher pelvien et du sphincter anal externe lors de la tentative d'exonération
- Au lieu de se relâcher, le sphincter anal externe et le muscle puborectal se contractent paradoxalement lors de la poussée, créant un obstacle fonctionnel à l'évacuation
- → effort de poussée inefficace, sensation de blocage, recours fréquent à des manœuvres manuelles
- Conséquences communes en cas de constipation prolongée
- Stagnation prolongée des selles dans le côlon, avec réabsorption accrue d'eau et durcissement progressif du bol fécal
- Distension colique chronique pouvant, à terme, altérer davantage la sensibilité et la motricité rectale (cercle vicieux)
- Efforts de poussée répétés et prolongés augmentant la pression intra-abdominale, facteur mécanique aggravant pour la hernie hiatale (voir fiche dédiée) et les hémorroïdes (voir fiche dédiée)
Mécanisme initial variable selon le sous-type (transit colique ralenti, hypersensibilité rectale à transit normal, ou dyssynergie de la coordination ano-rectale)
→ progression insuffisante ou évacuation inefficace du contenu colique
→ stagnation prolongée des selles avec réabsorption hydrique accrue et durcissement du bol fécal
→ effort de poussée répété et sensation d'évacuation incomplète
→ distension colique chronique pouvant aggraver en retour la sensibilité et la motricité rectale
→ complications mécaniques secondaires liées aux efforts de poussée répétés (hémorroïdes, fissures, hernie hiatale) en l'absence de prise en charge adaptée au mécanisme en cause
Accompagnement allopathique
Objectif : prévenir l'installation d'une constipation chronique chez les personnes à risque et prévenir les complications mécaniques secondaires.
Traitement : mesures hygiéno-diététiques de première ligne (hydratation, fibres, activité physique), recommandées de façon constante mais avec un niveau de preuve globalement limité selon les synthèses disponibles ; réévaluation périodique des traitements constipants évitables chez les personnes à risque ; dépistage et correction des causes métaboliques (hypothyroïdie notamment) chez les personnes à risque.
Objectif : restaurer un transit satisfaisant et confortable selon une stratégie par paliers.
Traitement : selon un consensus international récent évaluant les différentes options par niveau de preuve, les recommandations les plus fortes concernent le polyéthylène glycol (macrogol), le picosulfate de sodium, le linaclotide, le plécanatide et le prucalopride, avec des recommandations conditionnelles pour les fibres, le lactulose, le séné, l'oxyde de magnésium et la lubiprostone ; en pratique, la stratégie par paliers reste la référence : mesures hygiéno-diététiques en première ligne, puis laxatifs de lest ou macrogol (utilisables sans limite de durée), puis laxatifs stimulants en usage ponctuel strict (bisacodyl, picosulfate, séné, du fait du risque d'hypokaliémie et de dépendance fonctionnelle en cas d'usage chronique non encadré), puis en cas d'échec des agents sécrétagogues (linaclotide, plécanatide, lubiprostone) ou un prokinétique (prucalopride, agoniste sélectif du récepteur 5-HT4, approuvé pour la constipation chronique idiopathique et particulièrement indiqué dans les formes à transit lent) ; le tenapanor, inhibiteur de l'échangeur sodium/hydrogène NHE3, est approuvé aux États-Unis notamment pour le SII à prédominance constipation mais n'est pas encore disponible en France à ce jour ; en cas de dyssynergie ano-rectale confirmée par manométrie, la rééducation par biofeedback est le traitement de référence, avec une efficacité supérieure aux laxatifs seuls dans cette indication spécifique.
Évaluation fonctionnelle du terrain
- Combien de selles avez-vous par semaine ? Depuis quand ce rythme est-il installé ?
- Ressentez-vous un effort de poussée important ? Une sensation de blocage ou d'évacuation incomplète ?
- Avez-vous recours à des manœuvres manuelles pour faciliter l'exonération ?
- Quelle est votre consommation d'eau et de fibres au quotidien ?
- Quel est votre niveau d'activité physique ?
- Prenez-vous des médicaments pouvant ralentir le transit (opiacés, fer, certains antidépresseurs) ?
- Avez-vous des antécédents ou des symptômes évocateurs d'hypothyroïdie ?
- Avez-vous déjà utilisé des laxatifs ? Lesquels, à quelle fréquence, depuis combien de temps ?
- Vous retenez-vous parfois d'aller à la selle par contrainte horaire ou par gêne ?
- Avez-vous des douleurs abdominales associées au trouble du transit (orientant vers un SII, voir fiche dédiée) ?
- Avez-vous des signes d'alarme (sang dans les selles, perte de poids, changement récent et net du transit) ?
Bilans conventionnels (à faire prescrire par le médecin traitant) :
- NFS, CRP
- TSH
- Calcémie, glycémie
- Coloscopie selon indication (signes d'alarme, âge, antécédents familiaux)
- Temps de transit colique aux marqueurs radio-opaques et manométrie ano-rectale en cas de résistance au traitement de première ligne
Bilans fonctionnels (à prioriser en première intention selon la clinique, laboratoires Barbier/BIOAVENIR, LIMS, Synlab) :
- Analyse du microbiote intestinal (voir fiche Dysbiose intestinale)
- Bilan du statut en magnésium, cofacteur de la motricité digestive
- Recherche de SIBO en cas de composante ballonnement marquée et de suspicion de profil méthanogène (voir fiche dédiée, l'excès de méthane étant associé à un ralentissement du transit)
Accompagnement naturopathique
Accompagnement naturopathique préventif
Objectif : s'adresse aux personnes à risque (sédentarité, hydratation insuffisante, grossesse, période périménopausique, prise de médicaments constipants) avant l'installation d'une constipation chronique constituée ; but recherché : limiter les facteurs de risque modifiables.
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse, identification des facteurs de risque modifiables (hydratation, fibres, activité physique), premiers conseils.
- Séance 2 : renforcement des mesures hygiéno-diététiques, introduction d'une routine d'exonération favorable.
- Séance 3 : consolidation des routines, réévaluation clinique.
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Sédentarité et hydratation insuffisante sans trouble constitué | Prévenir l'installation d'une constipation chronique | Renforcement de l'hydratation et de l'activité physique quotidienne, structuration des repas |
| Grossesse en cours (voir fiche Troubles de la grossesse) | Anticiper la constipation gravidique fréquente | Conseils alimentaires et posturaux anticipés, hydratation renforcée |
| Prise de médicaments constipants au long cours (opiacés, fer) | Prévenir l'installation d'une constipation iatrogène | Orientation vers une réévaluation avec le médecin prescripteur, mesures hygiéno-diététiques renforcées dès l'introduction du traitement |
Accompagnement naturopathique de soutien
Objectif : restaurer un transit satisfaisant chez une personne présentant une constipation chronique constituée, en adaptant l'approche au mécanisme prédominant identifié.
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse approfondie, orientation vers l'identification du mécanisme prédominant (transit lent versus dyssynergie versus transit normal) si le tableau ne s'améliore pas avec les mesures de première ligne, mise en place des mesures hygiéno-diététiques de base.
- Séance 2 : introduction de la phytothérapie et de la micronutrition ciblées selon le mécanisme, travail sur la posture et le comportement d'exonération.
- Séance 3 : ajustement du protocole selon l'évolution, renforcement de l'activité physique et de la gestion du stress.
- Séances suivantes : suivi trimestriel de consolidation, orientation vers une rééducation ano-rectale spécialisée en cas de suspicion de dyssynergie non améliorée par les mesures de première ligne.
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Constipation de transit lent avec ballonnements modérés | Stimuler la motricité colique globale | Fibres solubles progressives, activité physique régulière incluant renforcement abdominal doux, phytothérapie stimulante douce, hydratation renforcée |
| Suspicion de dyssynergie ano-rectale (effort de poussée inefficace, sensation de blocage) | Ne pas aggraver par un excès de fibres, orienter vers la rééducation | Orientation vers manométrie ano-rectale et biofeedback si confirmé, posture d'exonération adaptée (surélévation des pieds), sans augmentation agressive des fibres en attendant |
| Constipation avec efforts de poussée répétés et hémorroïdes ou hernie hiatale associées (voir fiches dédiées) | Réduire les complications mécaniques secondaires | Prise en charge du transit en priorité pour limiter les efforts de poussée, soins locaux complémentaires si hémorroïdes |
| Constipation périménopausique ou gravidique (voir fiches dédiées) | Adapter l'accompagnement au contexte hormonal | Fibres et hydratation renforcées, activité physique adaptée, phytothérapie compatible avec le contexte (grossesse notamment, validée par le médecin) |
Boîte à outils
Priorité :
- Fibres solubles progressives (psyllium, graines de lin moulues, avoine) : augmentation du volume et de l'hydratation du bol fécal
- Modalité : introduction très progressive sur plusieurs semaines pour éviter les ballonnements réactionnels, toujours associée à une hydratation suffisante
- Pruneaux et jus de pruneau : effet laxatif doux documenté, apport en sorbitol et en fibres
- Modalité : quelques pruneaux le matin à jeun ou un verre de jus dilué
Options complémentaires :
- Kiwis : effet démontré sur la fréquence et le confort du transit dans plusieurs études
- Modalité : 2 kiwis par jour
- Eau riche en magnésium (eaux minérales naturellement riches en magnésium) : effet osmotique doux
- Modalité : en dehors des repas
Précautions : en cas de suspicion de dyssynergie ano-rectale, ne pas augmenter agressivement les fibres sans accompagnement postural et comportemental associé, au risque d'aggraver l'inconfort sans améliorer l'évacuation ; introduction toujours progressive des fibres, quel que soit le profil.
Priorité :
- Magnésium (citrate ou oxyde, formes à effet plus laxatif que le bisglycinate) : effet osmotique doux sur le transit
- Modalité : 300 à 400 mg/jour, à ajuster selon la tolérance et l'effet recherché
Options complémentaires :
- Probiotiques ciblés (certaines souches documentées sur la fréquence des selles) : soutien du microbiote et de la motricité colique
- Modalité : souches documentées, cure de plusieurs semaines
Précautions : le magnésium à visée laxative est à utiliser avec prudence en cas d'insuffisance rénale (risque d'accumulation) ; toujours réévaluer l'effet à quelques semaines plutôt que d'augmenter indéfiniment les doses.
Priorité :
- Cohérence cardiaque quotidienne : réduction du stress et soutien de la motricité digestive via l'axe intestin-cerveau
- Modalité : 3 fois 5 minutes par jour
Options complémentaires :
- Sophrologie ou méditation de pleine conscience, en particulier en cas de composante de rétention volontaire liée à l'anxiété ou à la gêne
- Modalité : séances hebdomadaires ou pratique autonome guidée
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Marche régulière et activité physique quotidienne : stimulation mécanique de la motricité colique, effet démontré même à intensité modérée
- Modalité : 30 minutes, idéalement quotidienne
- Renforcement doux de la sangle abdominale : soutien de l'efficacité de la poussée abdominale lors de l'exonération
- Modalité : 2 à 3 fois par semaine
Options complémentaires :
- Yoga avec postures de torsion et d'ouverture du bassin
- Modalité : 1 à 2 séances par semaine
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Naturopathique : suivi mensuel en phase d'ajustement initial, puis trimestriel une fois le transit stabilisé.
Conventionnel : médecin traitant ou gastro-entérologue pour le bilan de première intention et en cas de résistance au traitement, spécialiste de médecine physique ou kinésithérapeute spécialisé en rééducation périnéale pour le biofeedback en cas de dyssynergie ano-rectale confirmée.
Autre : ostéopathe en cas de composante posturale ou de trouble de la statique pelvienne associé, psychologue en cas de composante anxieuse marquée autour de l'exonération.
Priorité :
- Plantago (psyllium) : laxatif de lest de référence, mécanisme physique et non irritant
- Modalité : introduction très progressive, toujours avec une hydratation abondante associée
- Mauve ou guimauve (mucilages) : effet laxatif doux et lubrifiant
- Modalité : macérat à froid, en cure
Options complémentaires :
- Bourdaine ou séné en usage ponctuel et de courte durée uniquement (laxatifs stimulants) : effet stimulant direct sur la motricité colique
- Modalité : usage ponctuel strict, jamais en cure prolongée du fait du risque de dépendance fonctionnelle et d'atteinte du plexus myentérique à très long terme
Précautions : les laxatifs stimulants (bourdaine, séné) sont à réserver à un usage ponctuel et bref, jamais en cure prolongée sans avis médical, du fait du risque de « maladie des laxatifs » (dépendance fonctionnelle, hypokaliémie) ; contre-indiqués en cas de grossesse sans avis médical et d'occlusion suspectée.
Priorité :
- Hydrolat de romarin à verbénone ou de fenouil : soutien digestif doux
- Modalité : 1 cuillère à café diluée dans un verre d'eau, le matin
Options complémentaires :
- Massage abdominal avec huile végétale et quelques gouttes d'huile essentielle de basilic exotique diluée (sens horaire, suivant le cadre colique) : stimulation mécanique locale
- Modalité : quelques minutes le matin, en massage doux dans le sens horaire
Précautions : le massage abdominal est à réaliser dans le sens horaire, suivant le trajet anatomique du côlon, pour un effet stimulant cohérent avec le sens physiologique de la progression colique.
Priorité :
- Hydratation renforcée et régulière : condition indispensable à l'efficacité de toute approche par les fibres
- Modalité : au moins 1,5 à 2 L/jour, davantage en cas d'apport de fibres augmenté
- Verre d'eau fraîche ou tiède à jeun le matin : stimulation du réflexe gastro-colique
- Modalité : dès le réveil, avant le petit-déjeuner
Options complémentaires :
- Bains chauds avec application locale de chaleur sur l'abdomen en cas de spasme associé
- Modalité : quelques minutes, en cas d'inconfort
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Respect systématique de l'envie d'exonérer sans rétention volontaire : condition essentielle pour ne pas entretenir une hyposensibilité rectale acquise
- Modalité : se rendre aux toilettes dès que le besoin se fait sentir, sans attendre
- Position d'exonération physiologique (pieds surélevés sur un marchepied, genoux au-dessus des hanches) : optimisation de l'angle ano-rectal pour une évacuation plus facile
- Modalité : utilisation d'un marchepied aux toilettes, systématiquement
Options complémentaires :
- Tentative d'exonération à heure régulière, idéalement après le petit-déjeuner (moment de réflexe gastro-colique naturellement plus actif)
- Modalité : quotidiennement, sans forcer en l'absence de besoin réel
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
- Laxatifs stimulants (bourdaine, séné, bisacodyl, picosulfate) réservés à un usage ponctuel et bref, jamais en cure prolongée sans avis médical
- Ne pas augmenter agressivement les fibres en cas de suspicion de dyssynergie ano-rectale non explorée, au risque d'aggraver l'inconfort sans bénéfice
- Magnésium à visée laxative à utiliser avec prudence en cas d'insuffisance rénale
- Phytothérapie stimulante contre-indiquée en cas de grossesse sans avis médical et en cas d'occlusion suspectée
- Toute apparition de signe d'alarme (rectorragies, amaigrissement, changement récent et net du transit après 50 ans) impose une réorientation médicale immédiate
Rappels
Motricité colique
- Le côlon assure la réabsorption de l'eau et des électrolytes tout en propulsant le contenu digestif restant vers le rectum grâce à des contractions segmentaires et des mouvements de masse péristaltiques, ces derniers étant particulièrement actifs après les repas (réflexe gastro-colique)
- Les cellules interstitielles de Cajal coliques jouent un rôle de pacemaker analogue à celui décrit au niveau gastrique (voir fiche Gastroparésie)
Défécation et coordination ano-rectale
- L'exonération normale nécessite une coordination fine entre l'augmentation de la pression abdominale (poussée) et le relâchement simultané du sphincter anal externe et du muscle puborectal
- L'angle ano-rectal, formé par le muscle puborectal, s'ouvre normalement lors de cette coordination ; la position accroupie ou les pieds surélevés favorisent cette ouverture par rapport à la position assise classique
Réflexe gastro-colique
- Augmentation de la motricité colique en réponse à l'arrivée d'aliments dans l'estomac, particulièrement marquée après le repas du matin, expliquant l'intérêt de proposer un temps dédié à l'exonération après le petit-déjeuner
Amont :
- Hypothyroïdie, diabète, troubles neurologiques
- Grossesse et périménopause (voir fiches dédiées)
- Prise de médicaments constipants
- Dysbiose intestinale (voir fiche dédiée) et SIBO à profil méthanogène (voir fiche dédiée)
- Habitudes comportementales de rétention volontaire installées précocement
Aval :
- Hémorroïdes et fissures anales (voir fiche dédiée), conséquence mécanique directe des efforts de poussée répétés
- Hernie hiatale (voir fiche dédiée), aggravée par l'hyperpression abdominale répétée liée aux efforts de poussée
- Fécalome et complications chez les personnes fragiles ou âgées en l'absence de prise en charge
- Retentissement psychologique et social lié à l'inconfort chronique et à l'anxiété autour de l'exonération
- Risque de dépendance fonctionnelle aux laxatifs stimulants en cas d'usage prolongé non encadré
Niveaux de preuves
- ⭐⭐⭐ Efficacité du polyéthylène glycol (macrogol), du picosulfate de sodium, du linaclotide, du plécanatide et du prucalopride, recommandations les plus fortes du consensus international le plus récent
- ⭐⭐⭐ Efficacité de la rééducation par biofeedback dans la dyssynergie ano-rectale confirmée, supérieure aux laxatifs seuls dans cette indication
- ⭐⭐⭐ Risque de complications mécaniques secondaires (hémorroïdes, hernie hiatale) liées aux efforts de poussée répétés non pris en charge
- ⭐⭐ Efficacité du psyllium et des fibres solubles sur la fréquence et la consistance des selles
- ⭐⭐ Efficacité des kiwis et des pruneaux sur le confort et la fréquence du transit
- ⭐⭐ Niveau de preuve globalement limité mais recommandation constante des mesures hygiéno-diététiques de première ligne (hydratation, fibres, activité physique)
- ⭐⭐ Risque de « maladie des laxatifs » (dépendance fonctionnelle, hypokaliémie) en cas d'usage chronique non encadré des laxatifs stimulants
- ⭐ Usage traditionnel de la mauve et de la guimauve en soutien laxatif doux et lubrifiant
- ⭐ Bénéfice du massage abdominal dans le sens horaire en stimulation mécanique locale
Sources
- Chang L. et al., consensus international multi-sociétés sur les traitements pharmacologiques de la constipation chronique, synthétisé par Medscape, 2023-2026
- The Rome Foundation, critères de Rome IV puis Rome V (2026) pour les troubles fonctionnels intestinaux
- Practical Gastro, Pharmacological Management of Chronic Constipation, 2026
- AstucesPharma, Laxatifs constipation : quel traitement choisir ?, synthèse des recommandations 2024-2026
- Luthra P., Ford A.C. et al., revue Cochrane sur l'efficacité du prucalopride dans la constipation chronique idiopathique, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2021
- ANSM et Haute Autorité de Santé (HAS), recommandations relatives au bon usage des laxatifs
