Pancréatite chronique
26 août 2026
Candidose buccale
26 août 2026Gingivite / parodontite
Maladies inflammatoires d'origine bactérienne touchant les tissus de soutien de la dent, allant de la simple inflammation gingivale réversible (gingivite) à la destruction progressive et irréversible du parodonte avec perte osseuse et risque de mobilité puis de perte dentaire (parodontite). Extrêmement fréquentes, la parodontite touchant selon les estimations une part significative des adultes à un degré ou un autre, avec un lien bidirectionnel de plus en plus documenté avec plusieurs pathologies systémiques (diabète, maladies cardiovasculaires). L'enjeu principal de l'accompagnement est de soutenir le traitement parodontal professionnel (détartrage, surfaçage radiculaire) indispensable et non substituable, tout en travaillant sur le terrain inflammatoire et immunitaire global qui module la sévérité et la récidive de la maladie.
En quelques mots
- Toujours vérifier si un diagnostic de stade a été posé par un chirurgien-dentiste ou un parodontiste (gingivite simple ou parodontite stade I à IV) : l'accompagnement naturopathique ne remplace jamais le traitement mécanique professionnel (détartrage, surfaçage radiculaire), qui reste le socle indispensable et non négociable de toute prise en charge.
- Rechercher systématiquement le tabagisme, facteur de risque et aggravant majeur de la parodontite, masquant paradoxalement certains signes cliniques (le tabac réduit la vascularisation gingivale et peut masquer le saignement, signe d'alerte précoce habituel).
- Explorer le lien bidirectionnel avec le diabète : une parodontite peut aggraver l'équilibre glycémique, et un diabète mal contrôlé aggrave la parodontite ; toute parodontite sévère ou résistante au traitement doit faire rechercher un diabète méconnu.
- Ne jamais négliger la période périnatale : la grossesse est une période à risque accru de gingivite (gingivite gravidique, voir fiche Troubles de la grossesse) du fait des modifications hormonales, et une parodontite non traitée pendant la grossesse est associée à un risque accru d'accouchement prématuré selon plusieurs études.
- Rechercher les formes nécrosantes (gingivite ou parodontite ulcéro-nécrosante), tableaux plus rares mais aigus et douloureux, associés à un terrain d'immunodépression ou de stress sévère, nécessitant une prise en charge médicale rapide incluant parfois une antibiothérapie.
- Soutenir l'observance du traitement parodontal professionnel, indispensable et non substituable
- Réduire l'inflammation systémique de bas grade pouvant aggraver ou entretenir la maladie parodontale
- Accompagner le sevrage tabagique, facteur de risque majeur et modifiable
- Soutenir l'équilibre glycémique en cas de diabète associé (lien bidirectionnel avec la parodontite)
- Renforcer l'immunité muqueuse buccale et le microbiote oral
- Accompagner l'hygiène bucco-dentaire quotidienne comme geste de prévention et de soutien du traitement

Diagnostic
- Diagnostic clinique par le chirurgien-dentiste ou le parodontiste, reposant sur l'examen clinique (saignement au sondage, profondeur des poches parodontales, mobilité dentaire) et un bilan radiographique (radiographies rétro-alvéolaires ou panoramique) permettant d'évaluer la perte osseuse alvéolaire.
- Selon la classification internationale de 2017 (dite de Chicago), la gingivite est définie par un saignement au sondage sans perte d'attache ni perte osseuse ; elle est qualifiée de généralisée lorsque le saignement touche plus de 30 % des sites examinés.
- La parodontite est stadifiée de I à IV selon la sévérité de la perte d'attache et de la perte osseuse, la complexité de la prise en charge et l'étendue (localisée ou généralisée), et gradée de A à C selon le risque de progression (notamment en fonction du tabagisme et du diabète associé).
- Un état parodontal stable après traitement est défini par un saignement au sondage inférieur à 10 % des sites et des poches de sondage peu profondes, objectif thérapeutique de référence selon les recommandations européennes (EFP).
- Recherche systématique de facteurs de risque et de comorbidités associées : tabagisme, diabète, à intégrer dans l'évaluation du grade de la maladie.
- Candidose buccale (voir fiche dédiée), en cas d'atteinte muqueuse plus diffuse avec dépôts blanchâtres, mécanisme distinct de la maladie parodontale
- Glossite, atteinte spécifique de la langue, à distinguer d'une atteinte gingivale isolée
- Gingivite ou parodontite ulcéro-nécrosante, forme aiguë et douloureuse distincte, associée à un terrain d'immunodépression ou de stress sévère
- Manifestations bucco-dentaires des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (voir fiche MICI), pouvant se manifester par des lésions gingivales ou muqueuses spécifiques
- Hyperplasie gingivale médicamenteuse (certains anticonvulsivants, immunosuppresseurs, inhibiteurs calciques), tableau distinct de gonflement gingival sans inflammation infectieuse primaire
- Lésions gingivales d'origine hématologique (leucémies notamment), à évoquer devant un tableau atypique ou résistant, en particulier chez l'enfant ou l'adulte jeune
- Gencives rouges, gonflées, sensibles au toucher
- Saignement gingival, spontané ou provoqué par le brossage, signe d'alerte précoce majeur souvent négligé par les patients eux-mêmes
- Halitose (mauvaise haleine)
- Rétraction gingivale et exposition progressive des racines dentaires dans la parodontite
- Mobilité dentaire progressive dans les stades avancés de parodontite
- Formation de poches parodontales, espace pathologique entre la gencive et la dent où s'accumule la plaque bactérienne
- Douleur, généralement absente dans la gingivite et la parodontite chronique non compliquée, mais pouvant être intense et associée à des ulcérations dans les formes nécrosantes
- Migration ou espacement dentaire progressif dans les formes évoluées
- Abcès parodontal possible en cas de surinfection localisée
- Signes souvent négligés en médecine conventionnelle : saignement gingival minime considéré à tort comme normal par de nombreux patients, alors qu'il constitue le signe d'alerte le plus précoce et le plus facilement réversible
Évolution favorable : la gingivite est entièrement réversible avec un contrôle rigoureux de la plaque dentaire (brossage, hygiène interdentaire) et un détartrage professionnel, sans séquelle ; la parodontite traitée de façon adaptée (détartrage, surfaçage radiculaire, suivi de maintenance parodontale régulier) peut être stabilisée durablement, même si la perte d'attache et la perte osseuse déjà survenues restent en grande partie irréversibles.
Évolution défavorable : en l'absence de traitement, la parodontite progresse vers une destruction osseuse et une perte d'attache croissantes, aboutissant à une mobilité dentaire puis à la perte des dents concernées, principale cause de perte dentaire chez l'adulte après 40 ans dans les pays développés. Au-delà de la sphère bucco-dentaire, la parodontite non traitée est associée, selon un lien bidirectionnel de plus en plus documenté, à une aggravation du contrôle glycémique chez le diabétique, à un risque cardiovasculaire accru, et, chez la femme enceinte, à un risque accru d'accouchement prématuré. Signes devant faire orienter en urgence vers une consultation dentaire : douleur intense, tuméfaction avec fièvre (abcès parodontal), ulcérations nécrotiques et douloureuses (forme ulcéro-nécrosante).
- Plaque dentaire bactérienne, cause directe et indispensable de la gingivite et de la parodontite, sans laquelle la maladie ne peut se développer
- Tabagisme, facteur de risque et aggravant majeur, modifiable, réduisant la vascularisation gingivale et masquant potentiellement le saignement, signe d'alerte habituel
- Diabète, en particulier mal équilibré, facteur de risque et de progression reconnu, dans une relation bidirectionnelle avec la parodontite
- Prédisposition génétique, notamment pour les formes précoces ou agressives
- Grossesse (voir fiche Troubles de la grossesse), par les modifications hormonales favorisant la gingivite gravidique
- Certains médicaments favorisant l'hyperplasie gingivale (anticonvulsivants, ciclosporine, inhibiteurs calciques)
- Stress chronique et immunodépression, en particulier pour les formes nécrosantes
- Facteurs locaux favorisant la rétention de plaque (mauvais alignement dentaire, restaurations dentaires débordantes, appareils orthodontiques)
- Hygiène bucco-dentaire insuffisante ou technique de brossage inadaptée
- Poursuite du tabagisme
- Déséquilibre glycémique persistant chez la personne diabétique
- Stress chronique
- Alimentation riche en sucres favorisant la prolifération de la plaque bactérienne
- Absence de suivi de maintenance parodontale régulier après un traitement initial
- Sécheresse buccale (certains médicaments, respiration buccale), réduisant l'effet protecteur naturel de la salive
Physiopathologie
- Formation du biofilm bactérien
- La plaque dentaire est un biofilm bactérien complexe se formant en continu à la surface des dents ; en l'absence d'élimination mécanique régulière (brossage, hygiène interdentaire), elle se minéralise progressivement en tartre, favorisant encore davantage la rétention bactérienne
- Réponse inflammatoire gingivale (gingivite)
- Les toxines et produits bactériens du biofilm déclenchent une réponse inflammatoire locale de l'hôte (recrutement de neutrophiles, production de cytokines pro-inflammatoires)
- Cette inflammation reste initialement limitée à la gencive superficielle, sans atteinte des tissus de soutien plus profonds : c'est la gingivite, stade réversible
- Extension aux tissus de soutien (parodontite)
- Chez certains individus, sous l'influence de facteurs de risque (génétiques, tabagisme, diabète), la réponse inflammatoire chronique s'étend en profondeur et devient dysrégulée
- → activation d'ostéoclastes et de métalloprotéinases matricielles, entraînant une destruction progressive du ligament alvéolo-dentaire et de l'os alvéolaire de soutien
- Formation de la poche parodontale
- La destruction des tissus de soutien s'accompagne d'une migration apicale de l'attache épithéliale, créant un espace pathologique (poche parodontale) entre la gencive et la dent, favorisant à son tour la prolifération d'une flore bactérienne anaérobie plus pathogène, dans un cercle vicieux auto-entretenu
- Dysbiose du microbiote oral
- La composition du microbiote buccal se modifie progressivement au cours de la maladie parodontale, avec une prédominance croissante d'espèces bactériennes anaérobies à Gram négatif (notamment Porphyromonas gingivalis), particulièrement associées à la progression de la parodontite
- Retentissement systémique
- L'inflammation parodontale chronique et la translocation de bactéries ou de leurs toxines dans la circulation générale via l'épithélium ulcéré des poches parodontales contribuent à une inflammation systémique de bas grade, expliquant les associations documentées avec le diabète et le risque cardiovasculaire
Accumulation de plaque dentaire bactérienne non éliminée (biofilm)
→ réponse inflammatoire gingivale locale de l'hôte, initialement réversible (gingivite)
→ chez les individus à risque (génétique, tabagisme, diabète), extension et dysrégulation de la réponse inflammatoire aux tissus de soutien profonds
→ activation d'ostéoclastes et de métalloprotéinases, destruction progressive du ligament alvéolo-dentaire et de l'os alvéolaire
→ formation de poches parodontales favorisant une flore bactérienne anaérobie plus pathogène, entretenant le cercle vicieux inflammatoire
→ mobilité puis perte dentaire en l'absence de traitement, avec translocation bactérienne contribuant à une inflammation systémique de bas grade et à ses retentissements associés (diabète, risque cardiovasculaire, grossesse)
Accompagnement allopathique
Objectif : prévenir l'apparition de la gingivite et la progression vers la parodontite chez les personnes à risque.
Traitement : détartrage et contrôle de plaque professionnel réguliers (une à deux fois par an selon le risque individuel), éducation à l'hygiène bucco-dentaire (technique de brossage, utilisation de brossettes interdentaires ou de fil dentaire), sevrage tabagique systématiquement recommandé, équilibre glycémique optimal chez le patient diabétique, suivi dentaire renforcé pendant la grossesse.
Objectif : éliminer l'infection bactérienne, stopper la progression de la destruction parodontale et stabiliser l'état parodontal.
Traitement : pour la gingivite, détartrage professionnel associé à un renforcement de l'hygiène bucco-dentaire, suffisant pour obtenir une résolution complète et réversible ; pour la parodontite, prise en charge structurée en étapes selon les recommandations européennes (EFP) : renforcement du contrôle de plaque et correction des facteurs de risque (sevrage tabagique, équilibre glycémique) en première étape, puis détartrage et surfaçage radiculaire (élimination mécanique du tartre sous-gingival et de la plaque bactérienne dans les poches parodontales) en deuxième étape, réévaluation à distance, puis étapes chirurgicales (chirurgie parodontale résective ou régénératrice) réservées aux poches résiduelles profondes après le traitement non chirurgical bien conduit ; l'antibiothérapie n'est pas recommandée en routine et reste réservée à des situations spécifiques (parodontites agressives, formes nécrosantes, terrain à risque), les données de haute qualité soutenant son usage systématique étant limitées selon les recommandations professionnelles actuelles ; suivi de maintenance parodontale régulier et prolongé, indispensable pour maintenir la stabilité obtenue et prévenir la récidive.
Évaluation fonctionnelle du terrain
- Un diagnostic de gingivite ou de parodontite a-t-il été posé par un dentiste ou un parodontiste ? À quel stade si parodontite ?
- Un traitement parodontal (détartrage, surfaçage radiculaire) a-t-il été réalisé ou est-il prévu ?
- Fumez-vous ou avez-vous fumé ?
- Avez-vous un diabète, et comment est-il équilibré ?
- Vos gencives saignent-elles au brossage ou spontanément ?
- Quelle est votre routine d'hygiène bucco-dentaire actuelle (fréquence de brossage, utilisation de brossettes interdentaires ou fil dentaire) ?
- Avez-vous une mobilité dentaire ou un espacement récent entre certaines dents ?
- Êtes-vous enceinte ou avez-vous récemment accouché (voir fiche Troubles de la grossesse) ?
- Comment évaluez-vous votre niveau de stress au quotidien ?
- Avez-vous un suivi de maintenance parodontale régulier en place ?
Bilans conventionnels (à faire prescrire par le chirurgien-dentiste, le parodontiste ou le médecin traitant) :
- Examen parodontal complet (sondage, radiographies) par le chirurgien-dentiste ou le parodontiste
- Glycémie à jeun et HbA1c en cas de parodontite sévère ou résistante sans diabète connu, ou de suivi d'un diabète déjà diagnostiqué
- NFS en cas de forme nécrosante ou de suspicion de cause hématologique sous-jacente
Bilans fonctionnels (à prioriser en première intention selon la clinique, laboratoires Barbier/BIOAVENIR, LIMS, Synlab) :
- Bilan du statut en vitamine C, cofacteur de la synthèse du collagène gingival et de la résistance capillaire
- Bilan du statut en vitamine D et en zinc, impliqués dans la modulation de la réponse immunitaire et inflammatoire
- Analyse du microbiote oral si disponible
- Bilan du stress oxydatif en cas de parodontite sévère ou résistante
Accompagnement naturopathique
Accompagnement naturopathique préventif
Objectif : s'adresse aux personnes à risque (tabagisme, diabète, grossesse, antécédents familiaux de parodontite) sans maladie parodontale constituée ou avec une gingivite simple ; but recherché : prévenir la progression vers une parodontite.
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse, vérification du suivi dentaire et du dernier détartrage, premiers conseils d'hygiène bucco-dentaire et d'alimentation anti-inflammatoire.
- Séance 2 : renforcement du soutien nutritionnel (vitamine C, oméga-3) et accompagnement au sevrage tabagique si pertinent.
- Séance 3 : consolidation des routines, réévaluation clinique.
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Tabagisme actif sans maladie parodontale constituée | Réduire le principal facteur de risque modifiable | Accompagnement au sevrage tabagique, renforcement du suivi dentaire préventif |
| Diabète associé à une gingivite simple | Prévenir la progression vers une parodontite | Optimisation de l'équilibre glycémique en lien avec le médecin, hygiène bucco-dentaire renforcée |
| Grossesse en cours avec gingivite gravidique débutante (voir fiche Troubles de la grossesse) | Prévenir l'aggravation et le risque associé à la grossesse | Suivi dentaire rapproché pendant la grossesse, hygiène bucco-dentaire renforcée |
Accompagnement naturopathique de soutien
Objectif : soutenir le traitement parodontal professionnel en cours et réduire l'inflammation et les facteurs de risque modifiables, en coordination stricte avec le suivi dentaire ou parodontal.
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse complète, vérification du stade diagnostiqué et du traitement parodontal en cours ou réalisé, mise en place des mesures nutritionnelles et d'hygiène de soutien.
- Séance 2 : introduction de la micronutrition ciblée (vitamine C, oméga-3, vitamine D), renforcement de l'accompagnement au sevrage tabagique si pertinent.
- Séance 3 : travail sur le stress et l'immunité, réévaluation de l'évolution en lien avec les rendez-vous de maintenance parodontale.
- Séances suivantes : suivi régulier et prolongé, en coordination avec le calendrier de maintenance parodontale, celle-ci étant indispensable au long cours.
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Parodontite stade I-II en cours de traitement (détartrage et surfaçage) | Soutenir la cicatrisation gingivale et réduire l'inflammation | Micronutrition ciblée (vitamine C, oméga-3), hygiène bucco-dentaire renforcée, phytothérapie apaisante locale |
| Parodontite associée à un diabète mal équilibré | Traiter conjointement les deux versants du lien bidirectionnel | Coordination avec le diabétologue pour l'équilibre glycémique, soutien anti-inflammatoire général |
| Gingivite simple avec tabagisme actif | Réduire le facteur de risque masquant le signe d'alerte du saignement | Accompagnement au sevrage tabagique, renforcement du contrôle de plaque |
| Parodontite avec composante de stress chronique marquée | Réduire l'impact du stress sur la réponse inflammatoire et immunitaire | Techniques de gestion du stress en priorité, soutien immunitaire général |
Boîte à outils
Priorité :
- Réduction des sucres rapides et des grignotages sucrés répétés : réduction du substrat de prolifération de la plaque bactérienne
- Modalité : structuration des repas, réduction des grignotages entre les repas
- Aliments riches en vitamine C (agrumes, kiwis, poivrons) : soutien de la synthèse du collagène gingival et de la résistance capillaire
- Modalité : intégration quotidienne
Options complémentaires :
- Aliments riches en oméga-3 (poissons gras) : soutien anti-inflammatoire
- Modalité : 2 à 3 portions par semaine
- Aliments croquants (crudités) en fin de repas : stimulation mécanique douce du nettoyage dentaire naturel
- Modalité : intégration régulière selon tolérance
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Vitamine C : cofacteur essentiel de la synthèse du collagène gingival, carence classiquement associée à une fragilité gingivale accrue
- Modalité : 500 à 1000 mg/jour, cure de plusieurs semaines
- Oméga-3 (EPA/DHA) : soutien anti-inflammatoire documenté en complément du traitement parodontal professionnel
- Modalité : 1 à 2 g/jour, cure prolongée
Options complémentaires :
- Coenzyme Q10 : usage traditionnel et données précliniques en soutien de la santé gingivale
- Modalité : selon posologie du produit, cure de plusieurs semaines
- Vitamine D et zinc : cofacteurs de la modulation immunitaire
- Modalité : selon bilan
Précautions : aucune supplémentation ne remplace le traitement mécanique professionnel (détartrage, surfaçage radiculaire), indispensable et non substituable.
Priorité :
- Cohérence cardiaque quotidienne : réduction du stress, facteur reconnu d'aggravation de la réponse inflammatoire parodontale, en particulier dans les formes nécrosantes
- Modalité : 3 fois 5 minutes par jour
Options complémentaires :
- Sophrologie ou méditation de pleine conscience
- Modalité : séances hebdomadaires ou pratique autonome guidée
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Activité physique régulière : soutien général de l'immunité et de la régulation de l'inflammation systémique de bas grade
- Modalité : 30 minutes, 3 à 5 fois par semaine
Options complémentaires : aucune spécificité supplémentaire.
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Naturopathique : suivi trimestriel de consolidation, en coordination avec le calendrier de maintenance parodontale.
Conventionnel : chirurgien-dentiste ou parodontiste pour le diagnostic, le traitement mécanique et le suivi de maintenance, indispensables et non substituables, diabétologue en cas de diabète associé nécessitant une optimisation, tabacologue en cas de sevrage tabagique à accompagner.
Autre : diététicien en cas d'accompagnement nutritionnel structuré nécessaire, sage-femme ou gynécologue en cas de grossesse en cours avec atteinte parodontale (voir fiche Troubles de la grossesse).
Priorité :
- Propolis (usage local, bain de bouche ou gel) : soutien traditionnel de la santé gingivale, propriétés antibactériennes et anti-inflammatoires documentées in vitro
- Modalité : bain de bouche dilué, plusieurs fois par jour, en complément de l'hygiène habituelle
- Camomille matricaire en bain de bouche : apaisement local doux
- Modalité : infusion refroidie, en bain de bouche après le brossage
Options complémentaires :
- Curcuma en usage local (gel ou pâte) : soutien anti-inflammatoire local, données précliniques encourageantes
- Modalité : application locale, en complément du brossage
Précautions : aucune plante ne remplace le détartrage et le surfaçage radiculaire professionnels ; en cas d'allergie connue aux produits de la ruche, éviter la propolis.
Priorité :
- Hydrolat de tea tree (arbre à thé) dilué en bain de bouche : soutien antiseptique doux
- Modalité : dilué dans un verre d'eau, en bain de bouche après le brossage
Options complémentaires :
- Huile essentielle de tea tree ou de clou de girofle, très diluées, en application locale ponctuelle (hors grossesse et allaitement) : soutien antiseptique et antalgique local
- Modalité : quelques gouttes très diluées, application locale ponctuelle uniquement
Précautions : huiles essentielles contre-indiquées en cas de grossesse ou d'allaitement sans avis médical préalable ; toujours diluer avant tout contact avec la muqueuse buccale, jamais en application pure.
Priorité :
- Bains de bouche à l'eau salée tiède : soutien traditionnel de l'hygiène et de l'apaisement gingival
- Modalité : plusieurs fois par jour, en particulier après les repas
- Hydratation régulière : soutien de la sécrétion salivaire, protectrice pour la muqueuse buccale
- Modalité : 1,5 L/jour
Options complémentaires : aucune spécificité supplémentaire.
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Brossage bi-quotidien minutieux (au moins 2 minutes) associé à un nettoyage interdentaire quotidien (brossettes ou fil dentaire) : geste fondamental de contrôle de la plaque bactérienne
- Modalité : matin et soir, avec technique adaptée si besoin d'un apprentissage par le chirurgien-dentiste ou l'hygiéniste dentaire
- Rendez-vous de maintenance parodontale régulier selon le rythme prescrit : condition indispensable à la stabilité à long terme
- Modalité : selon la fréquence recommandée par le parodontiste, généralement tous les 3 à 6 mois
Options complémentaires :
- Renouvellement régulier de la brosse à dents (tous les 3 mois environ)
- Modalité : à intégrer en routine
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
- Aucune approche naturopathique ne remplace le détartrage et le surfaçage radiculaire professionnels, socle indispensable et non substituable du traitement parodontal
- Huiles essentielles contre-indiquées par voie orale en cas de grossesse ou d'allaitement sans avis médical préalable, à toujours diluer avant application buccale
- Propolis contre-indiquée en cas d'allergie connue aux produits de la ruche
- Le tabagisme peut masquer le saignement gingival, signe d'alerte habituel, ce qui doit inciter à une vigilance accrue chez le fumeur même en l'absence de ce symptôme
- Toute apparition de douleur intense, tuméfaction fébrile ou ulcérations nécrotiques impose une consultation dentaire ou médicale rapide
Rappels
Le parodonte
- Ensemble des tissus de soutien de la dent, comprenant la gencive, le ligament alvéolo-dentaire (ou desmodonte, reliant la dent à l'os), le cément (recouvrant la racine dentaire) et l'os alvéolaire
- Le sillon gingivo-dentaire, espace physiologique peu profond entre la gencive et la dent, peut se transformer en poche pathologique plus profonde en cas de destruction parodontale
Microbiote oral
- La cavité buccale héberge un microbiote complexe et diversifié ; un déséquilibre de cet écosystème, avec prédominance croissante d'espèces anaérobies à Gram négatif (notamment Porphyromonas gingivalis, Tannerella forsythia, Treponema denticola, formant le « complexe rouge » associé à la parodontite), est caractéristique de la progression de la maladie parodontale
Remodelage osseux et parodontite
- L'os alvéolaire, comme tout tissu osseux, est en remodelage permanent entre résorption (ostéoclastes) et formation (ostéoblastes) ; l'inflammation chronique de la parodontite déséquilibre ce processus en faveur de la résorption, expliquant la perte osseuse progressive caractéristique de la maladie
Amont :
- Tabagisme, facteur de risque et aggravant majeur et modifiable
- Diabète, dans une relation bidirectionnelle avec la parodontite
- Grossesse (voir fiche Troubles de la grossesse), par les modifications hormonales favorisant la gingivite gravidique
- Stress chronique et immunodépression, en particulier pour les formes nécrosantes
Aval :
- Retentissement sur l'équilibre glycémique chez le patient diabétique, la parodontite pouvant aggraver le contrôle glycémique dans une relation bidirectionnelle bien documentée
- Risque cardiovasculaire accru, associé à l'inflammation systémique de bas grade et à la translocation bactérienne chronique
- Risque accru d'accouchement prématuré en cas de parodontite non traitée pendant la grossesse (voir fiche Troubles de la grossesse)
- Perte dentaire et ses conséquences fonctionnelles (mastication, phonation) et esthétiques dans les formes avancées non traitées
- Retentissement psychosocial lié à l'halitose et à l'esthétique dentaire
Niveaux de preuves
- ⭐⭐⭐ Rôle causal du biofilm bactérien dans le déclenchement de la gingivite et de la parodontite
- ⭐⭐⭐ Efficacité du détartrage et du surfaçage radiculaire comme traitement de référence de la parodontite
- ⭐⭐⭐ Classification internationale de 2017 (Chicago) comme référence pour le diagnostic et la stadification de la gingivite et de la parodontite
- ⭐⭐⭐ Lien bidirectionnel entre parodontite et diabète, avec aggravation mutuelle du contrôle glycémique et de la sévérité parodontale
- ⭐⭐⭐ Rôle du tabagisme comme facteur de risque et aggravant majeur de la parodontite
- ⭐⭐ Association entre parodontite non traitée pendant la grossesse et risque accru d'accouchement prématuré
- ⭐⭐ Association entre parodontite et risque cardiovasculaire accru
- ⭐⭐ Absence de bénéfice démontré de l'antibiothérapie systématique dans le traitement de routine de la parodontite
- ⭐ Usage traditionnel de la propolis et de la camomille en bain de bouche pour le soutien de la santé gingivale
- ⭐ Bénéfice de la vitamine C et des oméga-3 en soutien nutritionnel complémentaire au traitement parodontal professionnel
Sources
- Sanz M., Herrera D., Kebschull M. et al., Treatment of stage I-III periodontitis — The EFP S3 level clinical practice guideline, Journal of Clinical Periodontology, 2020, traduction française SFPIO
- Classification internationale des maladies et affections parodontales et péri-implantaires, Chicago Workshop 2017, Caton J.G. et al., Journal of Clinical Periodontology
- L'Information Dentaire, La nouvelle classification des maladies parodontales : du diagnostic aux recommandations de traitement des parodontites de stade I à III, 2026
- Société Française de Parodontologie et d'Implantologie Orale (SFPIO), ressources patients et praticiens sur la gingivite et la parodontite
- CNEP-SFPIO, Recommandations d'usage des antibiotiques en parodontologie et en implantologie, 2025
- Ameli.fr, Comprendre la maladie des gencives : gingivite et parodontite, 2025
