
Gingivite / parodontite
26 août 2026
Hypochlorhydrie gastrique
26 août 2026Candidose buccale
Infection fongique de la muqueuse buccale due à une prolifération excessive de levures du genre Candida, très majoritairement Candida albicans, commensal normalement présent en faible quantité dans la cavité buccale d'une large part de la population sans causer de symptôme. Touche particulièrement les nourrissons, les personnes âgées, les porteurs de prothèses dentaires, et les personnes présentant un terrain favorisant (immunodépression, diabète, sécheresse buccale, antibiothérapie ou corticothérapie récente). L'enjeu principal de l'accompagnement est de rechercher systématiquement le facteur favorisant sous-jacent plutôt que de traiter isolément l'épisode, une candidose buccale profuse ou récidivante chez l'adulte sans cause évidente devant notamment faire rechercher un diabète méconnu ou une immunodépression.
En quelques mots
- Rechercher systématiquement le facteur favorisant sous-jacent (prise récente d'antibiotiques ou de corticoïdes, y compris inhalés, diabète, immunodépression, port de prothèse dentaire, sécheresse buccale) plutôt que de traiter l'épisode comme isolé.
- Chez l'adulte sans cause d'immunodépression apparente, une candidose buccale profuse ou récidivante doit systématiquement faire rechercher un diabète méconnu.
- Distinguer la candidose buccale du muguet du nourrisson (forme bénigne et habituellement transitoire) de la candidose de l'adulte immunodéprimé (VIH, chimiothérapie, corticothérapie prolongée), qui est plus étendue, plus résistante et nécessite plus fréquemment un traitement systémique.
- Ne jamais négliger une extension possible vers l'œsophage (dysphagie, douleur rétrosternale associée aux lésions buccales), qui doit faire orienter en urgence relative vers une prise en charge médicale, en particulier chez la personne immunodéprimée.
- Vérifier l'hygiène et la désinfection des prothèses dentaires amovibles chez le porteur : un défaut d'entretien prothétique est une cause de récidive très fréquente et facilement corrigible, souvent négligée.
- Identifier et réduire le facteur favorisant sous-jacent, orientation prioritaire de l'accompagnement
- Soutenir la tolérance et l'efficacité du traitement antifongique médical en cours
- Rééquilibrer le microbiote oral et intestinal (voir fiche Dysbiose intestinale), particulièrement après une antibiothérapie
- Réduire les facteurs favorisant la prolifération candidosique (sécheresse buccale, alimentation riche en sucres)
- Accompagner l'hygiène prothétique chez le porteur de prothèse dentaire
- Soutenir l'immunité muqueuse locale et générale

Diagnostic
- Diagnostic le plus souvent clinique, par l'examen visuel de la cavité buccale et de la gorge, devant des dépôts blanchâtres crémeux détachables (forme pseudomembraneuse ou « muguet ») ou des plaques érythémateuses (forme érythémateuse), permettant d'identifier la forme clinique en cause.
- Prélèvement mycologique (écouvillonnage buccal avec examen direct et culture) en cas de doute diagnostique, de forme atypique, ou de résistance au traitement de première intention, permettant l'identification précise de l'espèce de Candida en cause.
- L'identification de l'espèce est particulièrement importante en cas de forme résistante ou récidivante : Candida krusei et Candida glabrata sont naturellement peu sensibles ou résistants au fluconazole, nécessitant alors un avis spécialisé et une molécule alternative.
- Évaluation systématique d'une éventuelle extension œsophagienne (dysphagie, odynophagie, douleur rétrosternale) en particulier chez la personne immunodéprimée, pouvant nécessiter une endoscopie et une adaptation du traitement (dose plus élevée, durée plus longue).
- Recherche systématique du contexte favorisant : glycémie en l'absence de diabète connu, sérologie VIH selon le contexte clinique, recensement des traitements récents (antibiotiques, corticoïdes inhalés ou systémiques).
- Leucoplasie buccale, lésion blanchâtre non détachable au grattage, contrairement aux dépôts de candidose
- Lichen plan buccal, lésions réticulées blanchâtres d'aspect différent, de mécanisme auto-immun
- Glossite, atteinte spécifique de la langue pouvant avoir d'autres causes (carentielle notamment) que la candidose, bien que la candidose puisse aussi toucher la langue (langue noire villeuse notamment)
- Gingivite / parodontite (voir fiche dédiée), atteinte gingivale d'origine bactérienne et non fongique
- Perlèche (chéilite angulaire), atteinte de la commissure labiale pouvant être d'origine candidosique (souvent en extension d'une candidose buccale sous-jacente), bactérienne (staphylococcique) ou mixte
- Stomatite aphteuse, ulcérations douloureuses de mécanisme différent
- Réaction lichénoïde ou stomatite de contact liée à des matériaux dentaires ou prothétiques
- Dépôts blanchâtres, crémeux, détachables au grattage (laissant une muqueuse érythémateuse sous-jacente), forme la plus caractéristique (muguet ou forme pseudomembraneuse)
- Plaques érythémateuses sans dépôt blanc visible dans la forme érythémateuse, parfois plus difficile à identifier
- Sensation de brûlure buccale
- Sécheresse buccale
- Altération ou perte du goût
- Gêne à la déglutition dans les formes étendues
- Perlèche associée (fissures et rougeur des commissures labiales)
- Langue dépapillée, rouge et lisse (glossite atrophique candidosique) ou au contraire langue noire villeuse dans certaines formes
- Dans les formes étendues ou chez l'immunodéprimé : dysphagie, odynophagie, douleur rétrosternale évocatrices d'une extension œsophagienne
- Signes souvent négligés en médecine conventionnelle : gêne buccale minime attribuée à tort à une simple irritation, en particulier chez le porteur de prothèse dentaire ou la personne âgée
Évolution favorable : résolution complète en 7 à 14 jours sous traitement antifongique local bien conduit dans la grande majorité des cas non compliqués, à condition de traiter également le facteur favorisant identifié pour prévenir la récidive.
Évolution défavorable : en l'absence de traitement ou de correction du facteur favorisant, risque de récidives fréquentes, en particulier chez le porteur de prothèse dentaire mal entretenue ou la personne avec facteur de risque persistant (diabète mal équilibré, sécheresse buccale chronique) ; chez la personne immunodéprimée, risque d'extension œsophagienne (candidose œsophagienne), pouvant elle-même se compliquer en cas d'immunodépression sévère et non traitée ; risque de sélection de souches résistantes en cas de traitements antifongiques répétés et mal conduits. Signes devant faire orienter vers une consultation médicale rapide : dysphagie ou douleur rétrosternale (suspicion d'extension œsophagienne), absence d'amélioration après 7 jours de traitement local bien conduit, candidose profuse ou très récidivante sans cause identifiée.
- Antibiothérapie récente, en particulier à large spectre, perturbant l'équilibre du microbiote oral et favorisant la prolifération candidosique
- Corticothérapie, inhalée (notamment dans le traitement de l'asthme, sans rinçage buccal après utilisation) ou systémique
- Diabète, en particulier mal équilibré, favorisant la prolifération candidosique par l'excès de glucose salivaire
- Immunodépression (infection VIH, chimiothérapie, immunosuppresseurs, âges extrêmes de la vie)
- Port de prothèse dentaire amovible, en particulier mal entretenue ou portée en permanence sans retrait nocturne
- Sécheresse buccale (xérostomie), d'origine médicamenteuse, liée à certaines pathologies (syndrome de Gougerot-Sjögren) ou au vieillissement
- Tabagisme
- Carences nutritionnelles (fer, vitamine B12, folates), pouvant favoriser une fragilité muqueuse propice à la prolifération candidosique
- Poursuite du facteur favorisant sans correction (mauvaise hygiène prothétique, corticoïdes inhalés sans rinçage buccal)
- Alimentation riche en sucres rapides, favorisant la prolifération fongique
- Sécheresse buccale persistante non prise en charge
- Tabagisme
- Traitement antifongique interrompu prématurément avant la disparition complète des symptômes, favorisant la récidive et potentiellement la sélection de résistances
Physiopathologie
- Équilibre commensal normal
- Candida albicans est un commensal normal de la cavité buccale, présent chez une large proportion de la population générale en équilibre avec le reste du microbiote oral et sous le contrôle de l'immunité muqueuse locale, sans causer de symptôme dans ces conditions
- Rupture de l'équilibre
- Tout facteur perturbant cet équilibre (antibiothérapie modifiant la flore bactérienne compétitrice, excès de glucose salivaire chez le diabétique, immunodépression réduisant la surveillance immunitaire locale, sécheresse buccale réduisant l'effet protecteur et antifongique naturel de la salive) permet une prolifération excessive de la levure
- Transition levure-hyphe et virulence
- Candida albicans peut passer d'une forme levure (moins invasive) à une forme filamenteuse ou hyphe, plus invasive, capable de mieux adhérer à l'épithélium buccal et de le pénétrer superficiellement, mécanisme central de sa virulence
- → formation des dépôts pseudomembraneux caractéristiques, constitués d'un enchevêtrement de filaments fongiques, de cellules épithéliales desquamées et de débris inflammatoires
- Réponse inflammatoire locale
- La pénétration superficielle de la muqueuse par les filaments fongiques déclenche une réponse inflammatoire locale, expliquant l'érythème sous-jacent aux dépôts et la sensation de brûlure rapportée
- Risque d'extension
- Chez la personne immunodéprimée, l'insuffisance de la surveillance immunitaire locale et systémique permet une extension de l'infection au-delà de la cavité buccale, en particulier vers l'œsophage (candidose œsophagienne), voire de façon plus rare et grave, une dissémination systémique chez les patients les plus sévèrement immunodéprimés
Rupture de l'équilibre commensal de Candida albicans dans la cavité buccale (antibiothérapie, diabète, immunodépression, sécheresse buccale, corticothérapie)
→ prolifération excessive de la levure et transition vers la forme filamenteuse plus invasive
→ adhésion et pénétration superficielle de l'épithélium buccal par les filaments fongiques
→ formation de dépôts pseudomembraneux ou de plaques érythémateuses caractéristiques, avec réponse inflammatoire locale
→ chez la personne immunodéprimée, risque d'extension vers l'œsophage voire, plus rarement, de dissémination systémique en l'absence de traitement adapté
Accompagnement allopathique
Objectif : prévenir la survenue ou la récidive de la candidose buccale chez les personnes à risque.
Traitement : rinçage systématique de la bouche après utilisation de corticoïdes inhalés, optimisation de l'équilibre glycémique chez le patient diabétique, hygiène et désinfection rigoureuses des prothèses dentaires amovibles avec retrait nocturne systématique, prise en charge de la sécheresse buccale sous-jacente lorsqu'elle est identifiée, prophylaxie antifongique parfois proposée chez certains patients immunodéprimés à haut risque selon le contexte spécialisé.
Objectif : éradiquer l'infection fongique et traiter le facteur favorisant identifié.
Traitement : traitement antifongique local de première intention pour les formes non compliquées, par miconazole en gel buccal ou nystatine en suspension buccale, pendant une durée de 7 à 14 jours selon la forme clinique et la réponse thérapeutique, à poursuivre quelques jours après la disparition des symptômes pour prévenir la récidive ; en cas de forme sévère, étendue, récidivante, ou chez la personne immunodéprimée, traitement antifongique systémique par fluconazole oral, à la dose de 100 à 200 mg par jour pendant 7 à 14 jours en cas de candidose buccale isolée, portée à 400 mg par jour en cas d'atteinte œsophagienne associée ; en cas d'isolement de Candida krusei ou de Candida glabrata, le fluconazole n'est pas adapté du fait d'une résistance naturelle ou d'une sensibilité réduite, nécessitant un avis spécialisé pour une molécule alternative ; vigilance sur les interactions médicamenteuses du fluconazole et du miconazole, ce dernier pouvant significativement augmenter l'effet des anticoagulants antivitamine K (warfarine, acénocoumarol) et de certains sulfamides hypoglycémiants, avec un risque hémorragique ou hypoglycémique à surveiller étroitement ; recherche et traitement systématique du facteur favorisant sous-jacent, indispensable pour prévenir la récidive.
Évaluation fonctionnelle du terrain
- Depuis quand les symptômes sont-ils présents ? S'agit-il d'un premier épisode ou de récidives ?
- Avez-vous pris des antibiotiques ou des corticoïdes récemment, y compris inhalés (asthme) ?
- Avez-vous un diabète connu ? Si non, cela a-t-il été recherché ?
- Portez-vous une prothèse dentaire amovible ? Comment l'entretenez-vous, et la retirez-vous la nuit ?
- Avez-vous une sécheresse buccale habituelle ?
- Prenez-vous un traitement immunosuppresseur, une chimiothérapie, ou avez-vous une pathologie affectant votre immunité ?
- Avez-vous des difficultés à avaler ou une douleur derrière le sternum ?
- Fumez-vous ?
- Prenez-vous un traitement anticoagulant (en cas de prescription de miconazole envisagée) ?
- Quel est le retentissement sur votre alimentation et votre confort au quotidien ?
Bilans conventionnels (à faire prescrire par le médecin traitant ou le dentiste) :
- Prélèvement mycologique buccal (examen direct et culture) en cas de doute, de forme atypique ou de résistance
- Glycémie à jeun et HbA1c en l'absence de diabète connu, en particulier en cas de candidose profuse ou récidivante
- Sérologie VIH selon le contexte clinique et les facteurs de risque
- Bilan martial (ferritine), vitamine B12, folates en cas de récidives fréquentes sans cause évidente
Bilans fonctionnels (à prioriser en première intention selon la clinique, laboratoires Barbier/BIOAVENIR, LIMS, Synlab) :
- Analyse du microbiote intestinal, en particulier après une antibiothérapie récente (voir fiche Dysbiose intestinale)
- Bilan du statut en zinc et en vitamine D, impliqués dans la modulation de l'immunité muqueuse
- Recherche d'une candidose intestinale chronique associée en cas de terrain digestif plus large évocateur (voir fiche dédiée), ces deux entités étant distinctes mais pouvant coexister chez un même individu
Accompagnement naturopathique
Accompagnement naturopathique préventif
Objectif : s'adresse aux personnes à risque (antibiothérapie ou corticothérapie en cours, diabète, port de prothèse dentaire, sécheresse buccale) avant l'apparition de symptômes ; but recherché : réduire le risque de prolifération candidosique.
Protocole :
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Antibiothérapie en cours ou récente | Prévenir la prolifération candidosique secondaire | Probiotiques ciblés pendant et après le traitement, hygiène buccale renforcée |
| Port de prothèse dentaire amovible avec entretien insuffisant | Corriger un facteur de risque simple et modifiable | Éducation à l'hygiène et à la désinfection prothétique quotidienne, retrait nocturne systématique |
| Diabète non ou mal équilibré | Réduire un terrain métabolique favorisant | Orientation vers une optimisation de l'équilibre glycémique avec le médecin traitant |
Accompagnement naturopathique de soutien
Objectif : soutenir le traitement antifongique en cours, réduire les facteurs favorisant la récidive, et rééquilibrer le microbiote oral et intestinal.
Protocole :
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Candidose buccale en cours de traitement antifongique local | Soutenir l'efficacité du traitement et prévenir la récidive | Hygiène buccale renforcée, réduction des sucres rapides, probiotiques ciblés après la fin du traitement |
| Candidose récidivante chez une personne diabétique | Traiter conjointement le terrain métabolique | Coordination avec le médecin pour l'équilibre glycémique, soutien immunitaire général |
| Candidose chez un porteur de prothèse dentaire | Corriger le facteur mécanique et d'hygiène | Protocole de désinfection prothétique rigoureux, application locale de traitement antifongique sur la prothèse selon prescription |
| Candidose sur terrain d'immunodépression (chimiothérapie, corticothérapie prolongée) | Accompagner en coordination stricte avec l'équipe médicale spécialisée | Soutien nutritionnel et du microbiote en coordination avec l'oncologue ou le spécialiste, sans aucune approche naturopathique substitutive |
Boîte à outils
Priorité :
- Réduction des sucres rapides et des produits ultra-transformés : réduction du substrat de prolifération fongique
- Modalité : réduction progressive, en particulier pendant la phase de traitement actif
- Yaourts et aliments fermentés (en l'absence de contre-indication) : apport en bactéries bénéfiques pouvant contribuer au rééquilibrage de la flore buccale et intestinale
- Modalité : intégration régulière, en particulier après une antibiothérapie
Options complémentaires :
- Ail cru en cuisine : usage traditionnel aux propriétés antifongiques documentées in vitro
- Modalité : intégration culinaire régulière, sans prétention de traitement isolé
Précautions : pas de régime d'éviction stricte et prolongée des sucres ou des glucides en général sans justification, qui pourrait être délétère notamment chez la personne âgée ou dénutrie ; l'objectif est la réduction raisonnable, pas l'éviction totale.
Priorité :
- Probiotiques ciblés (notamment certaines souches de lactobacilles documentées en santé buccale) : soutien du rééquilibrage de la flore, en particulier après une antibiothérapie
- Modalité : à débuter en même temps que ou après le traitement antifongique, cure de plusieurs semaines
- Vitamine C et zinc : soutien de l'immunité muqueuse locale
- Modalité : selon bilan, cure de quelques semaines
Options complémentaires :
- Fer, vitamine B12, folates (selon bilan) : correction de carences pouvant favoriser une fragilité muqueuse en cas de récidives sans autre cause identifiée
- Modalité : selon dosage
Précautions : aucune supplémentation ne remplace le traitement antifongique médical en cas d'infection confirmée et symptomatique.
Priorité :
- Cohérence cardiaque quotidienne : soutien général de l'immunité, le stress chronique pouvant favoriser un terrain propice aux infections opportunistes
- Modalité : 3 fois 5 minutes par jour
Options complémentaires : aucune spécificité supplémentaire.
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Activité physique régulière et modérée : soutien général de l'immunité
- Modalité : 30 minutes, 3 à 5 fois par semaine
Options complémentaires : aucune spécificité supplémentaire.
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Naturopathique : suivi rapproché pendant la phase de traitement (toutes les 1 à 2 semaines), puis selon la fréquence des récidives éventuelles.
Conventionnel : médecin traitant ou dentiste pour le diagnostic et le traitement, spécialiste selon le contexte causal identifié (diabétologue, infectiologue en cas de VIH, oncologue en cas de chimiothérapie), chirurgien-dentiste pour l'adaptation ou le contrôle d'une prothèse dentaire mal ajustée favorisant les récidives.
Autre : diététicien en cas de retentissement nutritionnel chez la personne âgée ou fragile, orthophoniste en cas de gêne fonctionnelle persistante à la déglutition après traitement.
Priorité :
- Extrait de pépins de pamplemousse ou propolis en usage local (bain de bouche) : usage traditionnel aux propriétés antifongiques et antiseptiques documentées in vitro, en complément du traitement médical, jamais en substitution
- Modalité : bain de bouche dilué, plusieurs fois par jour
Options complémentaires :
- Camomille matricaire en bain de bouche : apaisement local doux
- Modalité : infusion refroidie, en bain de bouche
Précautions : aucune plante ne doit être présentée comme équivalente ou substitutive au traitement antifongique médical en cas d'infection confirmée, en particulier chez la personne immunodéprimée où le risque d'extension est réel ; en cas d'allergie connue aux produits de la ruche, éviter la propolis.
Priorité :
- Hydrolat de tea tree (arbre à thé) dilué en bain de bouche : soutien antiseptique doux
- Modalité : dilué dans un verre d'eau, en bain de bouche
Options complémentaires :
- Huile essentielle de tea tree très diluée en application locale ponctuelle (hors grossesse et allaitement) : propriétés antifongiques documentées in vitro, en complément uniquement
- Modalité : quelques gouttes très diluées, application locale ponctuelle
Précautions : huiles essentielles contre-indiquées en cas de grossesse ou d'allaitement sans avis médical préalable ; toujours diluer avant tout contact avec la muqueuse buccale ; ne jamais utiliser en substitution du traitement antifongique prescrit.
Priorité :
- Bains de bouche à l'eau bicarbonatée : usage traditionnel de soutien en modifiant le pH buccal, moins favorable à la prolifération fongique
- Modalité : plusieurs fois par jour, en complément du traitement
- Hydratation régulière : soutien de la sécrétion salivaire, protectrice naturelle contre la prolifération candidosique
- Modalité : 1,5 L/jour, en particulier en cas de sécheresse buccale associée
Options complémentaires : aucune spécificité supplémentaire.
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Désinfection quotidienne rigoureuse des prothèses dentaires amovibles avec retrait nocturne systématique : mesure simple et souvent négligée, très efficace en prévention de la récidive
- Modalité : brossage et trempage dans une solution désinfectante adaptée chaque soir
- Rinçage systématique de la bouche après utilisation de corticoïdes inhalés : mesure préventive simple et efficace
- Modalité : à chaque prise du traitement inhalé
Options complémentaires :
- Régularité du sommeil : soutien général de l'immunité
- Modalité : horaires fixes, 7 à 9 heures de sommeil
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
- Aucune phytothérapie, micronutrition ou approche naturopathique ne doit retarder, remplacer ou être présentée comme équivalente au traitement antifongique médical en cas d'infection confirmée
- Miconazole en gel buccal à utiliser avec prudence et sous avis médical en cas de traitement anticoagulant antivitamine K ou de sulfamides hypoglycémiants, du fait d'un risque d'interaction significatif (hémorragique ou hypoglycémique)
- Fluconazole non adapté en cas d'isolement de Candida krusei ou Candida glabrata, nécessitant un avis spécialisé
- Huiles essentielles contre-indiquées par voie orale en cas de grossesse ou d'allaitement sans avis médical préalable
- Propolis contre-indiquée en cas d'allergie connue aux produits de la ruche
- Toute apparition de dysphagie, de douleur rétrosternale, ou d'absence d'amélioration après 7 jours de traitement bien conduit impose une réorientation médicale
Rappels
Candida albicans comme commensal
- Levure présente à l'état commensal chez une large proportion de la population générale, faisant partie du microbiote oral normal en l'absence de facteur de rupture de l'équilibre, sans causer de symptôme dans ces conditions
Rôle protecteur de la salive
- La salive contient des composants antimicrobiens (lysozyme, lactoferrine, immunoglobulines A sécrétoires) et assure un effet de nettoyage mécanique continu de la cavité buccale, expliquant le rôle facilitateur de toute sécheresse buccale dans la prolifération candidosique
Transition morphologique du champignon
- Candida albicans est un champignon dimorphique, capable de passer d'une forme levure unicellulaire à une forme filamenteuse (hyphe ou pseudohyphe), cette dernière étant associée à une capacité d'adhésion et d'invasion tissulaire nettement supérieure, mécanisme central de sa virulence
Amont :
- Antibiothérapie ou corticothérapie récente
- Diabète, en particulier mal équilibré
- Immunodépression (VIH, chimiothérapie, immunosuppresseurs)
- Dysbiose intestinale (voir fiche dédiée), pouvant favoriser un terrain candidosique plus large
Aval :
- Extension œsophagienne (candidose œsophagienne) chez la personne immunodéprimée, avec retentissement nutritionnel en cas de dysphagie
- Retentissement sur l'alimentation et le confort au quotidien (altération du goût, douleur)
- Récidives fréquentes en l'absence de correction du facteur favorisant, en particulier chez le porteur de prothèse dentaire
- Possible terrain plus large de candidose intestinale chronique associée chez certains individus (voir fiche dédiée), entité distincte mais pouvant coexister
Niveaux de preuves
- ⭐⭐⭐ Candida albicans comme agent causal principal de la candidose buccale, à l'état commensal normalement présent chez une large part de la population
- ⭐⭐⭐ Efficacité des antifongiques locaux (miconazole, nystatine) et systémiques (fluconazole) dans le traitement de la candidose buccale
- ⭐⭐⭐ Nécessité de rechercher un diabète méconnu devant une candidose buccale profuse ou récidivante sans cause évidente chez l'adulte
- ⭐⭐⭐ Interaction significative entre miconazole et anticoagulants antivitamine K ou sulfamides hypoglycémiants, avec risque hémorragique ou hypoglycémique
- ⭐⭐⭐ Résistance naturelle ou sensibilité réduite de Candida krusei et Candida glabrata au fluconazole
- ⭐⭐ Rôle du port de prothèse dentaire mal entretenue comme facteur de risque et de récidive
- ⭐⭐ Rôle protecteur de la salive et risque accru de candidose en cas de sécheresse buccale
- ⭐ Propriétés antifongiques in vitro de la propolis, de l'ail et de l'huile essentielle de tea tree, sans donnée clinique robuste de substitution au traitement médical de référence
Sources
- Haute Autorité de Santé (HAS), recommandations relatives au diagnostic et au traitement de la candidose buccale
- OMEDIT Centre, Traitement des candidoses buccales et œsophagiennes, protocole régional
- GPnotebook, Candidose buccale : Traitement de la candidose buccale, synthèse des recommandations, 2024
- Dermatonet / Dr Rousseau, Candidose buccale : la mycose de la bouche, mise à jour 2026
- Talapko J. et al., Candida albicans — The Virulence Factors and Clinical Manifestations of Infection, Journal of Fungi, 2021
- Jenkins E. et al., Fluconazole resistance in non-albicans Candida species in the United States, 2012-2021, Antimicrobial Stewardship & Healthcare Epidemiology, 2023
