
Candidose intestinale chronique
26 août 2026
Aménorrhée (primaire/secondaire)
26 août 2026Adénomyose
Présence de tissu endométrial (glandes et stroma) au sein du myomètre, entraînant une augmentation du volume utérin, des règles abondantes et prolongées, une dysménorrhée secondaire souvent sévère et des douleurs pelviennes chroniques. Historiquement décrite chez la femme multipare de 35-50 ans, elle est aujourd'hui de plus en plus diagnostiquée chez des femmes jeunes et nullipares grâce aux progrès de l'imagerie. L'enjeu principal est de la distinguer de l'endométriose et des fibromes, tout en sachant que les deux premières coexistent fréquemment, et d'accompagner le retentissement sur les règles, la douleur et, le cas échéant, la fertilité.
En quelques mots
- Adénomyose et endométriose coexistent fréquemment (jusqu'à 80 % dans certaines séries de patientes avec endométriose profonde) mais restent deux entités distinctes avec des mécanismes propres — toujours rechercher l'une en présence de l'autre, sans les confondre (voir fiche Endométriose).
- Le diagnostic était autrefois réservé à l'analyse de la pièce d'hystérectomie ; il repose aujourd'hui de plus en plus sur l'échographie (critères MUSA) et l'IRM, permettant un diagnostic non invasif chez des femmes jeunes et non opérées — vérifier que l'imagerie a bien recherché spécifiquement l'adénomyose, souvent non mentionnée si non demandée explicitement.
- Ne pas se limiter au tableau classique de la femme multipare de 40 ans : l'adénomyose touche aussi des femmes jeunes et nullipares, avec parfois un retard diagnostique lié à ce biais historique.
- Toujours interroger l'intensité et le retentissement des règles abondantes (ménorragies) : le risque d'anémie ferriprive associée est fréquent et souvent sous-évalué.
- En cas de désir de grossesse, l'impact de l'adénomyose sur la fertilité et le risque de complications obstétricales (fausse couche, prématurité) doit être discuté avec l'équipe médicale — orienter sans délai si désir de grossesse et adénomyose diffuse ou sévère.
- Réduire l'inflammation pelvienne et soutenir le confort face aux douleurs et aux règles abondantes
- Prévenir et corriger une carence martiale liée aux ménorragies
- Soutenir l'équilibre hormonal et réduire la dominance œstrogénique relative
- Accompagner un éventuel projet de grossesse en coordination avec le suivi médical
- Accompagner le vécu de la douleur chronique et de la fatigue associée

Diagnostic
- Endométriose (coexistence fréquente, mécanismes distincts, à rechercher systématiquement l'une en présence de l'autre — voir fiche dédiée)
- Fibromes utérins (léiomyomes) : masses bien circonscrites contrairement à l'infiltration diffuse de l'adénomyose, parfois associés
- Hyperplasie de l'endomètre : à évoquer devant des ménorragies, notamment après 45 ans, à distinguer par biopsie
- Polype endométrial
- Dysménorrhée primaire (sans lésion sous-jacente — voir fiche Dysménorrhée)
- Cancer de l'endomètre (à éliminer en cas de saignements atypiques ou post-ménopausiques)
- Ménorragies (règles abondantes et prolongées), parfois avec caillots
- Dysménorrhée secondaire progressive et souvent sévère
- Douleur pelvienne chronique, non uniquement cataméniale
- Dyspareunie profonde
- Utérus augmenté de volume, sensation de pesanteur pelvienne
- Signes de carence martiale associée (fatigue, pâleur, essoufflement) en cas de ménorragies importantes
- Infertilité ou difficultés à concevoir dans certains cas
- Environ un tiers des cas restent asymptomatiques, découverts fortuitement
Évolution favorable : symptômes souvent bien contrôlés par un traitement hormonal adapté (progestatifs, DIU hormonal), régression spontanée à la ménopause du fait de l'hormonodépendance de la maladie, à l'image de l'endométriose.
Évolution défavorable : anémie ferriprive chronique en cas de ménorragies non prises en charge, douleur pelvienne chronique invalidante, retentissement sur la fertilité (association avec un risque accru de fausse couche et, en cas de grossesse, de complications obstétricales : prématurité, retard de croissance, pré-éclampsie selon certaines données), recours à l'hystérectomie dans les formes sévères et résistantes chez les femmes n'ayant plus de désir de grossesse. Signes devant faire orienter en urgence : ménorragies très abondantes avec signes de choc anémique (malaise, tachycardie, pâleur intense), douleur pelvienne aiguë inhabituelle (éliminer une torsion ou une complication associée).
- Antécédents de traumatisme utérin : césarienne, curetage, myomectomie, autres chirurgies utérines (favorisant l'invagination de l'endomètre basal dans le myomètre)
- Multiparité
- Ménarche précoce, cycles courts
- Âge (prévalence croissante avec l'âge jusqu'à la ménopause, bien que des formes surviennent chez des femmes jeunes)
- Antécédents d'endométriose
- Traitement par tamoxifène (dans le cadre d'un cancer du sein, effet œstrogénique périphérique)
- Prédisposition génétique évoquée mais peu caractérisée
- Terrain inflammatoire de bas grade
- Dominance œstrogénique relative (résistance à la progestérone, mécanisme partagé avec l'endométriose)
- Stress chronique
- Alimentation pro-inflammatoire
- Exposition aux perturbateurs endocriniens
Physiopathologie
- Invagination de l'endomètre basal dans le myomètre
- La théorie la plus admise fait intervenir une lésion ou une fragilisation de la zone de jonction (interface endomètre-myomètre), souvent secondaire à un traumatisme utérin (césarienne, curetage, chirurgie) qui rompt la barrière normale entre les deux tissus
- → invagination progressive des cellules de la couche basale de l'endomètre dans le myomètre sous-jacent, où elles continuent de proliférer
- Mécanisme de blessure-réparation tissulaire (TIAR)
- Le traumatisme répété de la zone de jonction (notamment lié aux contractions utérines hyperpéristaltiques du myomètre sous-endométrial) déclenche un cycle local de blessure et de réparation
- → production locale d'œstrogènes (via l'aromatase, comme dans l'endométriose) et de médiateurs inflammatoires qui entretiennent la prolifération et l'infiltration du tissu ectopique
- Hormonodépendance et résistance à la progestérone
- Les foyers d'adénomyose, comme les lésions d'endométriose, expriment une activité aromatase anormale et présentent une résistance relative à l'action de la progestérone
- → prolifération entretenue, inflammation locale chronique et hypertrophie du myomètre environnant (hyperplasie et hypertrophie du muscle lisse en réaction à la présence du tissu ectopique)
- Conséquences anatomiques
- L'infiltration diffuse ou focale (adénomyome) du myomètre → augmentation du volume utérin (utérus globuleux), altération de la contractilité utérine normale
- → ménorragies (par altération de la vascularisation et de l'hémostase locale de l'endomètre adjacent), dysménorrhée (hypercontractilité et inflammation locale), possible altération de la réceptivité endométriale et du transport des gamètes/de l'embryon (impact sur la fertilité)
→ invagination des cellules endométriales basales dans le myomètre
→ cycle local de blessure et de réparation tissulaire, avec production locale d'œstrogènes et de médiateurs inflammatoires
→ prolifération entretenue par une résistance locale à la progestérone, mécanisme partagé avec l'endométriose
→ hypertrophie et hyperplasie du myomètre environnant, augmentation diffuse ou focale du volume utérin
→ ménorragies, dysménorrhée secondaire progressive et douleur pelvienne chronique, avec un possible retentissement sur la fertilité selon l'étendue de l'atteinte.
Accompagnement allopathique
Objectif : réduire le risque de constitution ou d'aggravation chez les femmes à risque (traumatisme utérin antérieur, endométriose connue)
Traitement : pas de prévention primaire spécifique validée ; limitation des gestes intra-utérins non indispensables (curetages évitables), prise en charge précoce de l'endométriose associée, contraception hormonale continue parfois proposée en prévention chez les femmes à risque déjà symptomatiques
Objectif : réduire les ménorragies et la douleur, préserver la fertilité si désir de grossesse, traiter les formes sévères résistantes
Traitement : DIU au lévonorgestrel souvent proposé en première intention (réduction des ménorragies et de la douleur, préserve l'utérus) ; autres progestatifs continus ou contraception estroprogestative continue ; agonistes/antagonistes de la GnRH avec add-back therapy en cas d'échec ou avant geste chirurgical préservant la fertilité ; techniques préservant la fertilité (résection chirurgicale d'un adénomyome focal, embolisation des artères utérines, ultrasons focalisés de haute intensité dans certains centres spécialisés) ; hystérectomie en dernier recours chez les femmes sans désir de grossesse et en cas d'échec des autres options, traitement définitif
Évaluation fonctionnelle du terrain
- Depuis quand avez-vous des règles abondantes et/ou douloureuses, et comment ont-elles évolué dans le temps ?
- Avez-vous des antécédents de césarienne, de curetage, de myomectomie ou d'autre chirurgie utérine ?
- Avez-vous un diagnostic d'endométriose associé ou suspecté ?
- Avez-vous des signes de fatigue, de pâleur, d'essoufflement pouvant évoquer une anémie ?
- Avez-vous un désir de grossesse actuel ou futur ?
- Quel bilan d'imagerie avez-vous eu (échographie, IRM), et l'adénomyose a-t-elle été spécifiquement recherchée ?
- Avez-vous une contraception hormonale actuellement, et est-elle efficace sur vos symptômes ?
- Avez-vous des douleurs pendant les rapports sexuels ?
- Comment ces symptômes retentissent-ils sur votre quotidien et votre activité professionnelle ?
Bilans conventionnels (à faire prescrire par le gynécologue)
- Échographie pelvienne endovaginale avec recherche spécifique de signes d'adénomyose (critères MUSA)
- IRM pelvienne en cas de doute diagnostique ou avant geste chirurgical préservant la fertilité
- NFS et ferritine en cas de ménorragies (recherche d'anémie ferriprive)
- Bilan hormonal si irrégularités du cycle associées
Bilans fonctionnels (Laboratoire Barbier/BIOAVENIR, LIMS, Synlab)
- Statut martial complet et statut en vitamine C (soutien de l'absorption du fer) — à prioriser en première intention en cas de ménorragies
- Statut inflammatoire (marqueurs de l'inflammation de bas grade)
- Profil des acides gras (oméga-3/oméga-6)
- Bilan du microbiote intestinal (œstrobolome, dysbiose pouvant impacter le métabolisme des œstrogènes)
Accompagnement naturopathique
Accompagnement naturopathique préventif
Objectif : s'adresser aux femmes à risque (antécédent de traumatisme utérin, endométriose connue) sans symptôme marqué, afin de soutenir un terrain anti-inflammatoire
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse gynécologique complète (antécédents chirurgicaux utérins, endométriose), sensibilisation aux signes d'alerte (aggravation des règles). Outil mobilisé en premier : Alimentation anti-inflammatoire.
- Séance 2 (à 4-6 semaines) : réévaluation
- Suivi : point annuel
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Antécédent de césarienne ou de curetage récent, sans symptôme actuel | Réduire le risque d'installation d'une adénomyose | Alimentation anti-inflammatoire, sensibilisation à surveiller l'évolution des règles dans les mois/années suivants |
| Endométriose connue, sans adénomyose diagnostiquée | Rechercher une adénomyose associée et adapter la surveillance | Orientation vers une imagerie recherchant spécifiquement l'adénomyose, alimentation anti-inflammatoire commune |
| Désir de grossesse à moyen terme avec facteur de risque identifié | Optimiser le terrain avant la conception | Statut martial vérifié, alimentation anti-inflammatoire, orientation gynécologique précoce |
Accompagnement naturopathique de soutien
Objectif : réduire les ménorragies, la douleur et la fatigue associée chez une femme avec adénomyose diagnostiquée, en soutien du traitement médical, et accompagner un éventuel projet de grossesse
Protocole :
- Séance 1 : bilan complet du cycle et du retentissement (fatigue, anémie), vérification du traitement hormonal en cours. Outils mobilisés dans l'ordre : Micronutrition (fer si carence, oméga-3) en premier, puis Alimentation anti-inflammatoire, puis Phytologie de soutien.
- Séance 2 (à 4-6 semaines) : évaluation de l'évolution des règles et de la douleur, ajustement
- Séance 3 (si besoin, à 8-12 semaines) : consolidation, adaptation selon un projet de grossesse en cours
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Ménorragies avec anémie ferriprive confirmée | Corriger la carence martiale et réduire le flux | Fer associé à la vitamine C, plantes hémostatiques douces sur cycle court sous supervision, orientation vers un contrôle de la ferritine |
| Adénomyose et endométriose associées | Traiter le terrain inflammatoire commun aux deux pathologies | Se référer à la Boîte à outils de la fiche Endométriose en complément, coordination du suivi |
| Désir de grossesse avec adénomyose diffuse connue | Optimiser le terrain avant une éventuelle prise en charge par PMA | Micronutrition de préconception (acide folique, oméga-3, vitamine D), coordination stricte avec le suivi de fertilité (voir fiche Infertilité féminine) |
| Douleur pelvienne chronique au premier plan malgré le traitement hormonal | Réduire la douleur et soutenir la qualité de vie | Gestion du stress, chaleur locale, orientation vers une réévaluation médicale si douleur mal contrôlée |
Boîte à outils
Priorité :
- Alimentation anti-inflammatoire de type méditerranéen (légumes, poissons gras, huile d'olive, légumineuses) : réduction du terrain inflammatoire et de la dominance œstrogénique relative
- Modalité : intégration quotidienne, durable
- Aliments riches en fer héminique (viande rouge maigre, abats) ou non héminique associé à la vitamine C, en cas de ménorragies : soutien de la synthèse d'hémoglobine
- Modalité : quotidien en cas de carence, associer une source de vitamine C au même repas pour le fer non héminique
Options complémentaires :
- Légumes crucifères et aliments riches en fibres : soutien du métabolisme et de l'élimination des œstrogènes
- Modalité : plusieurs fois par semaine
Précautions : aucune restriction stricte nécessaire ; adapter les apports en fer selon les résultats du bilan, ne jamais supplémenter sans carence confirmée
Priorité :
- Fer (bisglycinate, mieux toléré), si carence confirmée par bilan : correction de l'anémie ferriprive liée aux ménorragies
- Modalité : dosage selon le niveau de carence, à distance du thé/café, avec vitamine C pour l'absorption
- Oméga-3 (EPA/DHA) : effet anti-inflammatoire documenté
- Modalité : 1 à 2 g/jour, en cure prolongée
Options complémentaires :
- Vitamine D si carence confirmée
- Modalité : selon bilan
- N-acétylcystéine : antioxydant, mécanisme d'action proche de celui étudié dans l'endométriose, données spécifiques à l'adénomyose plus limitées
- Modalité : cure de plusieurs mois, en coordination avec le suivi médical
Précautions : fer — ne jamais supplémenter sans carence confirmée par bilan ; oméga-3 à dose élevée — prudence en cas de traitement anticoagulant
Priorité :
- Cohérence cardiaque quotidienne : soutien de la régulation du cortisol et de la perception de la douleur chronique
- Modalité : 5 à 10 minutes, 2 à 3 fois par jour
Options complémentaires :
- Sophrologie, en particulier centrée sur la gestion de la douleur chronique
- Modalité : séances régulières
Précautions : aucune
Priorité :
- Activité physique régulière et modérée (marche, natation, yoga) : effet documenté sur la réduction de la douleur et de l'inflammation systémique
- Modalité : 30 minutes, 3 à 5 fois par semaine, adaptée aux jours de règles abondantes/douloureuses
Options complémentaires :
- Yoga orienté sur la sphère pelvienne
- Modalité : 1 à 2 séances par semaine
Précautions : adapter l'intensité en cas d'anémie non corrigée (fatigue, essoufflement à l'effort)
Naturopathique : réévaluation à 4-6 semaines, suivi de l'évolution des règles et de la douleur
Conventionnel : suivi gynécologique régulier, contrôle de la ferritine après correction d'une carence, réévaluation de l'imagerie selon l'évolution, orientation vers un centre expert en cas de désir de grossesse avec adénomyose sévère
Autre : sophrologue, psychologue en cas de retentissement de la douleur chronique, association de patientes (souvent partagées avec l'endométriose)
Priorité :
- Achillée millefeuille : plante hémostatique et antispasmodique utérine traditionnellement utilisée en cas de règles abondantes
- Modalité : infusion, cure courte en période de règles, sous supervision
Options complémentaires :
- Bourse-à-pasteur : plante hémostatique traditionnelle
- Modalité : cure courte ciblée sur les jours de règles abondantes
- Curcuma (curcumine) : anti-inflammatoire documenté en modèle expérimental
- Modalité : cure de plusieurs semaines, associé à un corps gras et à la pipérine
Précautions : plantes hémostatiques à utiliser en cure courte et ciblée uniquement, jamais en continu ; vérifier l'absence de désir de grossesse en cours avant toute plante à visée hormonale
Priorité :
- HE de sauge sclarée en usage cutané dilué sur le bas-ventre : propriété antispasmodique utérine traditionnellement utilisée
- Modalité : quelques gouttes diluées dans une huile végétale, en massage doux pendant les crises
Options complémentaires :
- HE de ciste ladanifère : traditionnellement utilisée pour son effet hémostatique local, usage prudent
- Modalité : très diluée, usage ponctuel
Précautions : HE de sauge sclarée à visée hormonale — prudence en cas d'antécédent hormono-dépendant, à éviter en cas de désir de grossesse en cours de cycle ; déconseillée chez la femme enceinte/allaitante
Priorité :
- Chaleur locale (bouillotte) sur le bas-ventre pendant les crises : effet antalgique et myorelaxant
- Modalité : 15 à 20 minutes, plusieurs fois par jour pendant les crises
Options complémentaires :
- Bains chauds
- Modalité : selon besoin
Précautions : aucune
Priorité :
- Sommeil suffisant et régulier : soutien de la régulation hormonale et de la perception de la douleur
- Modalité : 7 à 9h par nuit
- Suivi d'un calendrier des symptômes/cycle : aide au repérage de l'évolution et à la communication avec l'équipe médicale
- Modalité : application ou carnet, en continu
Options complémentaires : aucune spécificité supplémentaire
Précautions : aucune
- Plantes hémostatiques (achillée millefeuille, bourse-à-pasteur) — cure courte et ciblée uniquement, jamais en continu
- HE de sauge sclarée — prudence en cas d'antécédent hormono-dépendant, à éviter en cas de désir de grossesse en cours de cycle ou de grossesse
- Fer — ne jamais supplémenter sans carence confirmée
- Vérifier systématiquement qu'un suivi gynécologique est en place avant toute prise en charge de soutien — l'adénomyose n'est jamais un diagnostic à gérer en autonomie complète, en particulier en cas de ménorragies importantes (risque d'anémie sévère)
Rappels
Anatomie de la zone de jonction utérine
- L'utérus est composé de trois couches : l'endomètre (muqueuse interne), le myomètre (couche musculaire), et la séreuse (couche externe)
- La zone de jonction est l'interface entre l'endomètre et le myomètre sous-jacent, une région anatomiquement et fonctionnellement distincte, plus fine et plus richement vascularisée que le reste du myomètre
- Cette zone est particulièrement sensible aux traumatismes (accouchement, chirurgie) du fait de sa structure fragile
Cycle hormonal et endomètre ectopique
- Comme dans l'endomètre normal, les œstrogènes stimulent la prolifération et la progestérone stabilise le tissu ; dans l'adénomyose, ce tissu ectopique répond de façon similaire mais anormale aux hormones du cycle, contribuant aux saignements et à la douleur
- L'aromatase, enzyme normalement peu exprimée en dehors de l'ovaire, est anormalement active dans les foyers d'adénomyose, entretenant une production locale d'œstrogènes indépendante du cycle ovarien (mécanisme partagé avec l'endométriose)
Contractilité utérine
- Le myomètre sous-endométrial présente une activité péristaltique physiologique, impliquée notamment dans le transport des spermatozoïdes ; dans l'adénomyose, cette hyperpéristaltique dysfonctionnelle contribuerait à la fois à la douleur et à l'altération de la fertilité
Amont :
- Terrain hormonal : hyperœstrogénie relative, résistance à la progestérone (mécanisme partagé avec l'endométriose)
- Antécédents chirurgicaux utérins : fragilisent la zone de jonction et favorisent l'invagination endométriale
- Terrain inflammatoire général : dysbiose intestinale, alimentation pro-inflammatoire, stress chronique
Aval :
- Retentissement sur la fertilité : altération de la réceptivité endométriale et du transport gamétique/embryonnaire, risque accru de fausse couche et de complications obstétricales
- Anémie ferriprive chronique en cas de ménorragies non corrigées : fatigue, retentissement sur la qualité de vie et les performances cognitives
- Retentissement psychologique et sur la qualité de vie lié à la douleur chronique et à l'abondance des règles (impact social, professionnel)
Niveaux de preuves
- ⭐⭐⭐ Rôle de la fragilisation de la zone de jonction (traumatisme utérin) et de l'hormonodépendance dans la physiopathologie de l'adénomyose
- ⭐⭐⭐ Efficacité du DIU au lévonorgestrel sur la réduction des ménorragies et de la douleur liées à l'adénomyose
- ⭐⭐ Association entre adénomyose et risque accru de fausse couche et de complications obstétricales
- ⭐⭐ Performance diagnostique de l'échographie (critères MUSA) et de l'IRM pour l'adénomyose, en alternative à l'histologie
- ⭐⭐ Coexistence fréquente entre adénomyose et endométriose, mécanismes physiopathologiques partagés (aromatase, résistance à la progestérone)
- ⭐ Usage traditionnel des plantes hémostatiques (achillée millefeuille, bourse-à-pasteur) en cas de règles abondantes, peu d'essais spécifiques à l'adénomyose
- ⭐ Usage de la N-acétylcystéine en extrapolation des données de l'endométriose, données spécifiques à l'adénomyose limitées
Sources
- MSD Manuals — Adénomyose utérine
- EM-Consulte — Adénomyose : diagnostic
- MUSA group — révision Delphi 2022 des critères échographiques de l'adénomyose
- ESHRE (European Society of Human Reproduction and Embryology) — données sur l'adénomyose et la fertilité
- PubMed — revues sur la physiopathologie (mécanisme de blessure-réparation tissulaire) et le lien adénomyose-endométriose
