
Laryngite chronique / dysphonie fonctionnelle
29 septembre 2026
Bronchite chronique
29 septembre 2026Asthme (allergique et non allergique)
L'asthme est une maladie inflammatoire chronique des voies aériennes, caractérisée par une hyperréactivité bronchique et une obstruction variable et réversible du flux aérien, se manifestant par des épisodes de sifflements, d'essoufflement, d'oppression thoracique et de toux. Il touche tous les âges avec deux grands profils : l'asthme allergique (le plus fréquent, débutant souvent dans l'enfance, associé à d'autres manifestations atopiques) et l'asthme non allergique (plus tardif, parfois lié à l'obésité, aux irritants professionnels ou à une inflammation à neutrophiles). L'enjeu principal de l'accompagnement est de réduire l'inflammation bronchique de fond et l'hyperréactivité, de soutenir le contrôle des symptômes en complément du traitement médical, et de travailler sur les comorbidités et facteurs de risque d'exacerbation qui sont, pour beaucoup, directement actionnables en naturopathie.
En quelques mots
- Toujours vérifier le niveau de contrôle de l'asthme (fréquence des symptômes diurnes/nocturnes, usage du bronchodilatateur de secours, limitation d'activité) : un asthme mal contrôlé n'est jamais un terrain à accompagner isolément sans lien avec le pneumologue/médecin traitant.
- Ne jamais suggérer de réduire ou d'arrêter un traitement de fond (corticoïdes inhalés) sans avis médical, même en cas d'amélioration nette perçue par la cliente : l'arrêt prématuré du traitement de fond est un facteur majeur d'exacerbation sévère.
- Rechercher systématiquement les comorbidités et facteurs de risque d'exacerbation actionnables : obésité, rhinosinusite chronique, reflux gastro-œsophagien, tabagisme/vapotage, surconsommation de bronchodilatateur de secours (signal d'alerte de mauvais contrôle).
- Distinguer le phénotype à inflammation de type 2 (éosinophilique, souvent allergique, meilleure réponse aux corticoïdes inhalés et aux biothérapies) du phénotype non type 2 (neutrophilique, moins bonne réponse aux corticoïdes) : cela oriente la stratégie d'accompagnement du terrain.
- Toujours avoir en tête les signes de crise sévère nécessitant une prise en charge médicale urgente (incapacité à finir une phrase, cyanose, épuisement respiratoire, absence d'amélioration après plusieurs prises de bronchodilatateur) : un accompagnement naturopathique ne remplace jamais la prise en charge d'une crise d'asthme aiguë.
- Réduire l'inflammation bronchique chronique et l'hyperréactivité des voies aériennes
- Soutenir le contrôle de l'asthme en complément du traitement médical, jamais en substitution
- Prendre en charge les comorbidités actionnables (obésité, RGO, rhinosinusite chronique, terrain allergique)
- Réduire l'exposition aux déclencheurs environnementaux (allergènes, irritants, tabac)
- Soutenir la fonction respiratoire globale et la gestion du stress, facteur reconnu d'exacerbation
- Accompagner l'éducation thérapeutique (bonne utilisation des dispositifs d'inhalation, reconnaissance des signes d'aggravation)

Diagnostic
Le diagnostic d'asthme repose sur l'association de symptômes respiratoires variables (sifflements, dyspnée, oppression thoracique, toux, volontiers nocturnes ou déclenchés par l'effort, le rire, l'air froid ou les allergènes) et la mise en évidence objective d'une obstruction variable du flux aérien :
- Spirométrie avec test de réversibilité aux bronchodilatateurs (amélioration significative du VEMS après bronchodilatateur) : examen de référence
- Débitmètre de pointe (peak-flow) : variabilité diurne significative, utile pour le suivi au long cours
- Test de provocation bronchique (métacholine) en cas de spirométrie normale mais forte suspicion clinique
- Recherche de biomarqueurs de l'inflammation de type 2 selon les recommandations GINA 2025 : éosinophiles sanguins (BEC) et NO exhalé (FeNO), à mesurer si besoin à plusieurs reprises du fait de leur variabilité, en particulier avant d'envisager une biothérapie dans les formes sévères
- Chez l'enfant de moins de 36 mois, le diagnostic est clinique et repose sur la récurrence des épisodes de sifflements (au-delà du 3e épisode avant l'âge de 3 ans), en tenant compte du terrain atopique personnel/familial (voir fiche Bronchiolite récidivante)
- Classification de sévérité (léger, modéré, sévère) et de contrôle (bien contrôlé, partiellement contrôlé, non contrôlé) selon les critères GINA, qui orientent directement le palier de traitement
- BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive), en particulier chez le fumeur de plus de 40 ans (obstruction moins réversible) — un chevauchement asthme-BPCO (ACO) existe chez certains patients
- Bronchite chronique (voir fiche dédiée), pouvant coexister ou être confondue en cas de tabagisme associé
- Dysfonction des cordes vocales (VCD), pouvant mimer une crise d'asthme résistante au traitement, avec un stridor inspiratoire plutôt qu'un sifflement expiratoire
- Reflux gastro-œsophagien ou laryngopharyngé (voir fiches RGO et Laryngite chronique / Dysphonie fonctionnelle), pouvant entretenir une toux et une gêne respiratoire sans réelle obstruction bronchique
- Insuffisance cardiaque gauche (« asthme cardiaque »), en particulier chez le sujet âgé avec dyspnée nocturne
- Embolie pulmonaire, à évoquer devant une dyspnée aiguë inexpliquée avec facteurs de risque
- Toux chronique inexpliquée (voir fiche dédiée), en cas de toux isolée sans réel syndrome obstructif documenté
- Syndrome d'hyperventilation chronique, pouvant s'associer à l'asthme ou être confondu avec lui en cas d'anxiété marquée
- Sifflements respiratoires (wheezing), en particulier à l'expiration
- Dyspnée, oppression thoracique, sensation de « poitrine serrée »
- Toux sèche, volontiers nocturne, à l'effort, au rire ou au contact du froid
- Variabilité marquée des symptômes selon la période (saison, exposition allergénique, infections virales)
- Réveils nocturnes liés à la toux ou à la gêne respiratoire
- Limitation de l'activité physique, essoufflement précoce à l'effort
- Surconsommation de bronchodilatateur de secours (signe de mauvais contrôle)
- Chez l'enfant : toux nocturne isolée parfois seul symptôme, essoufflement au jeu, fatigue inhabituelle à l'effort
- Signes moins évidents souvent négligés : anxiété anticipatoire liée à la peur de la crise, retentissement sur le sommeil et la fatigue diurne, lien temporel avec le cycle menstruel chez certaines femmes (asthme périmenstruel), aggravation lors des changements climatiques ou pics de pollution
Évolution favorable : un bon contrôle de l'asthme (peu ou pas de symptômes diurnes, pas de réveil nocturne, pas de limitation d'activité, usage rare du bronchodilatateur de secours) est atteignable dans la majorité des cas avec un traitement de fond bien conduit et une réduction des facteurs de risque d'exacerbation ; l'amélioration du contrôle peut être ressentie en quelques semaines, avec une stabilisation à plus long terme si les facteurs déclenchants et les comorbidités sont pris en charge.
Évolution défavorable : en l'absence de contrôle adéquat, risque d'exacerbations sévères pouvant nécessiter une hospitalisation, de déclin accéléré de la fonction respiratoire à long terme, de remodelage bronchique irréversible en cas d'inflammation chronique non traitée, et de dépendance croissante aux corticoïdes oraux avec leurs effets secondaires propres. Signes devant faire orienter en urgence vers une prise en charge médicale : incapacité à finir une phrase en une respiration, fréquence respiratoire très augmentée, cyanose des lèvres, épuisement respiratoire, absence d'amélioration après plusieurs prises de bronchodilatateur de secours, altération de la conscience — l'exacerbation sévère d'asthme est une urgence vitale.
- Terrain atopique personnel et/ou familial (eczéma, rhinite allergique (voir fiche dédiée), allergies alimentaires)
- Sensibilisation allergénique précoce (acariens, phanères, pollens, moisissures)
- Antécédent de bronchiolite sévère avant l'âge de 6 mois chez le nourrisson (voir fiche Bronchiolite récidivante)
- Tabagisme actif, passif, y compris in utero
- Obésité, facteur de risque reconnu et actionnable, associé à un phénotype d'asthme souvent moins bien contrôlé
- Exposition professionnelle à des irritants ou allergènes respiratoires (asthme professionnel)
- Infections virales respiratoires répétées dans la petite enfance
- Pollution atmosphérique et exposition aux particules fines
- Facteurs hormonaux chez la femme (aggravation périmenstruelle ou lors de la ménopause dans certains cas)
- Prématurité et petit poids de naissance
- Exposition continue aux allergènes en cause (acariens, phanères, pollens selon saison)
- Tabagisme actif ou passif, vapotage
- Infections virales respiratoires (rhume, grippe), déclencheurs fréquents d'exacerbation
- Reflux gastro-œsophagien mal contrôlé (voir fiche RGO)
- Rhinosinusite chronique non traitée, entretenant une inflammation de type 2 partagée (voir fiche Rhinosinusite chronique)
- Stress chronique et anxiété, pouvant majorer la perception des symptômes et l'hyperréactivité bronchique
- Surpoids et sédentarité
- Pollution atmosphérique, pics de pollens, événements climatiques extrêmes (canicule, incendies de forêt) selon les dernières mises à jour GINA
- Prise d'aspirine ou d'AINS chez les patients avec terrain N-ERD associé (voir fiche Rhinosinusite chronique)
- Air froid et sec, effort physique intense non préparé
Physiopathologie
- Inflammation chronique des voies aériennes
- Chez le phénotype à inflammation de type 2 (le plus fréquent, souvent allergique) : activation des lymphocytes Th2 et des cellules lymphoïdes innées de type 2 (ILC2), production de cytokines IL-4, IL-5, IL-13
- → recrutement et activation des éosinophiles, production accrue d'IgE, hyperproduction de mucus par les cellules caliciformes
- Chez le phénotype non type 2 (souvent plus tardif, lié à l'obésité ou à l'exposition à des irritants) : inflammation à prédominance neutrophilique, moins sensible aux corticoïdes inhalés
- Hyperréactivité bronchique
- L'inflammation chronique sensibilise les voies aériennes à des stimuli variés (allergènes, air froid, effort, irritants, stress)
- → contraction excessive et disproportionnée du muscle lisse bronchique en réponse à ces stimuli (bronchospasme)
- Obstruction bronchique lors de la crise
- Trois mécanismes combinés : bronchospasme (contraction du muscle lisse), œdème de la muqueuse bronchique (inflammation), hypersécrétion de mucus épais
- → réduction du calibre des voies aériennes, résistance accrue au passage de l'air, piégeage aérien
- → sifflements, dyspnée, sensation d'oppression thoracique
- Réversibilité et remodelage
- Chez l'asthmatique, cette obstruction est en grande partie réversible spontanément ou sous bronchodilatateur, ce qui la distingue de la BPCO
- En cas d'inflammation chronique non contrôlée sur plusieurs années, un remodelage structurel des voies aériennes peut survenir (épaississement de la membrane basale, hypertrophie du muscle lisse, fibrose sous-épithéliale)
- → cette composante devient progressivement moins réversible, justifiant l'importance du contrôle précoce et soutenu de l'inflammation
- Rôle des comorbidités dans l'entretien de l'inflammation
- L'obésité génère une inflammation systémique de bas bruit qui potentialise l'inflammation bronchique
- Le reflux gastro-œsophagien et la rhinosinusite chronique entretiennent une irritation/inflammation de contiguïté des voies aériennes, contribuant au mauvais contrôle de l'asthme même sous traitement de fond bien conduit
Terrain atopique et/ou facteurs de risque (obésité, tabac, exposition professionnelle)
→ inflammation chronique des voies aériennes (type 2 à éosinophiles ou non type 2 à neutrophiles)
→ hyperréactivité bronchique aux stimuli variés (allergènes, air froid, effort, irritants, stress)
→ exposition à un déclencheur
→ bronchospasme, œdème de la muqueuse et hypersécrétion de mucus combinés
→ obstruction bronchique aiguë, réversible sous traitement (crise d'asthme)
→ persistance de l'inflammation de fond entre les crises si non traitée
→ risque de remodelage bronchique progressif et moins réversible en l'absence de contrôle au long cours
→ risque d'exacerbations sévères et de déclin de la fonction respiratoire si les facteurs de risque et comorbidités ne sont pas pris en charge.
Accompagnement allopathique
Objectif : prévenir les exacerbations et réduire l'inflammation bronchique de fond au long cours
Traitement : selon la stratégie GINA 2025, le traitement de fond de référence repose sur les corticoïdes inhalés (CSI), utilisés seuls ou en association avec le formotérol en traitement de fond et de secours (stratégie MART - Maintenance And Reliever Therapy) pour les formes modérées à sévères ; pour l'asthme léger, l'association ICS-formotérol à la demande est désormais préférée au salbutamol seul ; éducation thérapeutique sur la bonne utilisation des dispositifs d'inhalation et l'identification précoce des signes d'aggravation ; plan d'action personnalisé écrit ; prise en charge des comorbidités (obésité, RGO, rhinosinusite chronique, tabagisme)
Objectif : traiter la crise aiguë et contrôler les formes sévères ou difficiles à traiter
Traitement : bronchodilatateurs de courte durée d'action (salbutamol) en traitement de secours de la crise ; corticothérapie orale courte en cas d'exacerbation modérée à sévère ; en cas d'asthme sévère non contrôlé malgré un traitement optimisé (paliers 4-5 GINA), ajout de traitements complémentaires (antagonistes des leucotriènes, LAMA, azithromycine à faible dose) ; biothérapies ciblant l'inflammation de type 2 dans les formes sévères à éosinophiles ou allergiques (omalizumab anti-IgE, mépolizumab et benralizumab anti-IL-5/IL-5Rα, dupilumab anti-IL-4Rα, tézépélumab anti-TSLP à spectre plus large), choisies selon le phénotype et les biomarqueurs (BEC, FeNO, IgE) répétés au moins 3 fois selon les recommandations GINA 2025 avant décision ; prise en charge en urgence hospitalière en cas de crise sévère (oxygénothérapie, bronchodilatateurs nébulisés, corticoïdes systémiques)
Évaluation fonctionnelle du terrain
- Comment qualifieriez-vous le contrôle actuel de votre asthme (symptômes diurnes, réveils nocturnes, limitation d'activité) ?
- À quelle fréquence utilisez-vous votre bronchodilatateur de secours ?
- Quel est votre traitement de fond actuel ? Le prenez-vous de façon régulière ?
- Avez-vous identifié des déclencheurs particuliers (allergènes, effort, froid, stress, infections) ?
- Avez-vous un terrain allergique associé (rhinite, eczéma) ou une rhinosinusite chronique ? (voir fiches dédiées)
- Avez-vous des symptômes de reflux gastro-œsophagien ? (voir fiche RGO)
- Fumez-vous ou vapotez-vous ? Êtes-vous exposé(e) à des irritants respiratoires professionnels ?
- Votre poids a-t-il un impact sur votre respiration selon vous ?
- Comment est votre niveau de stress et d'anxiété au quotidien, en particulier en lien avec la peur de la crise ?
- Chez la femme : observez-vous une variation de vos symptômes selon les phases du cycle menstruel ?
- Avez-vous déjà eu une exacerbation sévère nécessitant une hospitalisation ou des corticoïdes oraux ? À quelle fréquence ?
- Comment est votre activité physique actuelle, est-elle limitée par l'asthme ?
Bilans conventionnels (à faire prescrire par le médecin traitant ou le pneumologue)
- Spirométrie avec test de réversibilité aux bronchodilatateurs (examen de référence)
- Débitmètre de pointe pour le suivi de la variabilité au domicile
- Éosinophiles sanguins (BEC) et NO exhalé (FeNO), biomarqueurs de l'inflammation de type 2, à répéter selon les recommandations GINA 2025 avant toute décision de biothérapie
- IgE totales et spécifiques en cas de suspicion de composante allergique
- Bilan allergologique (prick-tests) en cas de terrain atopique suspecté
- Radiographie thoracique en cas de doute diagnostique ou de signe atypique
Bilans fonctionnels (Laboratoire Barbier/BIOAVENIR, LIMS, Synlab)
- Statut en vitamine D, corrélé à la sévérité et au contrôle de l'asthme dans plusieurs études — à prioriser en première intention
- Statut en acides gras (profil oméga-3/oméga-6), pertinent au vu du rôle pro/anti-inflammatoire respectif
- Dysbiose intestinale et perméabilité intestinale, pertinentes en cas de terrain atopique global ou de rhinosinusite associée
- Statut en magnésium, impliqué dans la relaxation du muscle lisse bronchique
- Marqueurs du stress oxydatif, utiles en cas de terrain inflammatoire résistant
Accompagnement naturopathique
Accompagnement naturopathique préventif
Objectif : s'adresse aux personnes avec un terrain atopique familial ou personnel (rhinite allergique, eczéma) sans asthme encore diagnostiqué, ou avec un asthme intermittent très léger ; but recherché : limiter le passage à un asthme persistant et réduire le risque de première exacerbation
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse complète, recueil du terrain atopique et des antécédents respiratoires ; conseils d'éviction environnementale de base et de gestion du poids si pertinent
- Séance 2 (à 4-6 semaines) : introduction de la micronutrition anti-inflammatoire (vitamine D, oméga-3) ; premiers outils de gestion du stress
- Séance 3 (à 3 mois) : réévaluation de la fréquence des symptômes respiratoires, ajustement de la boîte à outils
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Terrain atopique familial fort (rhinite, eczéma), sans asthme diagnostiqué | Limiter le risque de développer un asthme | Optimisation du statut en vitamine D, gestion de l'environnement allergénique, soutien du microbiote intestinal |
| Asthme intermittent très léger, peu de crises | Prévenir le passage à un asthme persistant | Suivi rapproché des symptômes, gestion du stress, éviction des irritants (tabac) |
| Surpoids associé à un terrain respiratoire fragile | Réduire l'inflammation systémique liée au surpoids avant l'installation de l'asthme | Alimentation anti-inflammatoire, activité physique adaptée et progressive, suivi du poids en lien avec un professionnel si besoin |
Accompagnement naturopathique de soutien
Objectif : une fois l'asthme diagnostiqué, soutenir le contrôle des symptômes en complément du traitement médical, réduire la fréquence des exacerbations et prendre en charge les comorbidités actionnables
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse approfondie (cf. questions ci-dessus), clarification du niveau de contrôle actuel et du traitement de fond en cours ; identification des comorbidités et déclencheurs ; premiers conseils d'éviction environnementale
- Séance 2 (à 4-6 semaines) : introduction de la micronutrition ciblée (vitamine D, magnésium, oméga-3) ; travail sur la respiration et la gestion du stress ; prise en charge du RGO ou de la rhinosinusite associée si identifiés
- Séance 3 (à 3 mois) : bilan de l'évolution du contrôle de l'asthme (fréquence des symptômes, usage du bronchodilatateur de secours), ajustement de la complémentation, coordination avec le pneumologue
- Séances suivantes : suivi trimestriel de consolidation, vigilance accrue en période virale hivernale et lors des pics polliniques/de pollution
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Asthme allergique avec terrain atopique marqué | Réduire l'inflammation de type 2 partagée avec la sphère ORL | Prise en charge conjointe de la rhinite/rhinosinusite associée (voir fiches dédiées), oméga-3, probiotiques ciblés |
| Asthme lié à l'obésité, inflammation non type 2 | Réduire l'inflammation systémique liée au surpoids | Alimentation anti-inflammatoire, activité physique adaptée et progressive, accompagnement du poids en lien avec un professionnel |
| Reflux gastro-œsophagien associé, mauvais contrôle malgré traitement optimisé | Réduire l'irritation des voies aériennes d'origine digestive | Prise en charge du RGO (voir fiche dédiée), règles hygiénodiététiques anti-reflux |
| Composante anxieuse marquée, peur de la crise | Réduire l'impact du stress sur la perception des symptômes et l'hyperréactivité | Techniques de gestion du stress en priorité, respiration diaphragmatique, orientation complémentaire vers sophrologue/psychologue si besoin |
Boîte à outils
Priorité :
- Alimentation anti-inflammatoire globale (riche en légumes, fruits, oméga-3, pauvre en sucres rapides et ultra-transformés) : réduction de l'inflammation systémique et bronchique
- Modalité : intégration progressive et durable
- Aliments riches en magnésium (légumes verts, oléagineux, légumineuses) : soutien de la relaxation du muscle lisse bronchique
- Modalité : intégration quotidienne
Options complémentaires :
- Poissons gras (oméga-3) : modulation de la réponse inflammatoire
- Modalité : 2 à 3 portions/semaine, ou alternative végétale quotidienne
- Curcuma associé à poivre noir : soutien anti-inflammatoire
- Modalité : 1 à 2 g/jour en cuisine ou en cure, toujours associé à de la pipérine ou une matière grasse
Précautions :
adapter toute évolution alimentaire (notamment en cas de surpoids associé) sans jamais viser un objectif chiffré de poids ou de calories en autonomie ; renvoyer tout objectif pondéral précis à un accompagnement diététique/médical spécialisé
Priorité :
- Vitamine D : corrélée à la sévérité et au contrôle de l'asthme, effet immunomodulateur documenté
- Modalité : dosage préalable recommandé, supplémentation adaptée au résultat (typiquement 2000 à 4000 UI/jour en entretien)
- Magnésium (bisglycinate de préférence) : relaxation du muscle lisse bronchique
- Modalité : 300 à 400 mg/jour, cure prolongée
Options complémentaires :
- Oméga-3 (EPA/DHA) : réduction de l'inflammation de bas bruit
- Modalité : 1,5 à 2 g/jour d'EPA+DHA combinés, en cure prolongée
- N-acétylcystéine (NAC) : fluidification des sécrétions bronchiques, soutien antioxydant
- Modalité : 600 mg/jour, en cure
Précautions :
la vitamine D nécessite un dosage préalable pour éviter tout surdosage ; le magnésium à dose élevée peut avoir un effet laxatif ; la NAC est à utiliser avec prudence en cas de traitement anticoagulant ; aucun complément ne doit être présenté comme un substitut au traitement de fond médical
Priorité :
- Respiration diaphragmatique et cohérence cardiaque quotidienne : réduction du stress et de l'hyperréactivité bronchique associée
- Modalité : 3 fois/jour, 5 minutes, rythme 365
Options complémentaires :
- Accompagnement de la peur de la crise et de l'anxiété anticipatoire
- Modalité : dialogue en séance, orientation vers un psychologue ou un sophrologue si besoin plus approfondi
Précautions :
aucune contre-indication particulière ; ne jamais minimiser l'anxiété liée à la maladie, qui peut elle-même aggraver la perception des symptômes
Priorité :
- Activité d'endurance modérée et progressive, avec échauffement préalable : amélioration de la fonction respiratoire et de la tolérance à l'effort
- Modalité : 2 à 3 fois/semaine, 20 à 30 minutes, échauffement de 10 minutes avant l'effort
Options complémentaires :
- Natation en piscine chauffée (air humide, moins irritant que l'air froid et sec) : activité souvent bien tolérée
- Modalité : 1 à 2 fois/semaine
Précautions :
toujours avoir le bronchodilatateur de secours à disposition pendant l'effort ; éviter l'exercice intense en air très froid et sec ou en période de pic de pollution/pollinique élevé sans précaution ; adapter l'intensité selon le niveau de contrôle de l'asthme
Naturopathique : suivi rapproché à 4-6 semaines en phase d'ajustement, puis trimestriel en phase de stabilisation, avec réévaluation systématique du niveau de contrôle perçu et de la fréquence d'usage du bronchodilatateur de secours à chaque rendez-vous
Conventionnel : suivi pneumologique régulier avec spirométrie de contrôle, réévaluation périodique du palier de traitement selon le niveau de contrôle (stratégie GINA), suivi allergologique en cas de terrain atopique associé, discussion d'une biothérapie en cas d'asthme sévère non contrôlé malgré traitement optimisé
Autre : kinésithérapeute respiratoire pour l'éducation à la respiration et au désencombrement si besoin, diététicien(ne) en cas de surpoids associé, psychologue ou sophrologue en cas d'anxiété marquée liée à la maladie, tabacologue en cas de tabagisme associé
Priorité :
- Thym (Thymus vulgaris) en infusion : effet bronchodilatateur et expectorant doux traditionnel
- Modalité : en infusion, plusieurs tasses par jour en période de gêne respiratoire
Options complémentaires :
- Réglisse (Glycyrrhiza glabra) en cure courte : effet anti-inflammatoire et expectorant complémentaire
- Modalité : cure courte de 2 à 4 semaines maximum, hors contre-indication
Précautions :
la réglisse est contre-indiquée en cas d'hypertension artérielle, de grossesse, ou de traitement par certains diurétiques ; toute phytothérapie respiratoire doit rester un complément et jamais un substitut au traitement de fond médical de l'asthme
Priorité :
- Hydrolat de myrte rouge en diffusion légère : soutien respiratoire doux et bien toléré
- Modalité : en diffusion atmosphérique, courte durée
Options complémentaires :
- Aucune spécificité supplémentaire
Précautions :
les huiles essentielles, en particulier mentholées (eucalyptus, menthe poivrée) ou très concentrées, sont formellement contre-indiquées chez l'asthmatique par inhalation directe ou diffusion prolongée, du fait du risque de bronchospasme réflexe ; privilégier les hydrolats en diffusion légère et brève, jamais en cas de crise en cours
Priorité :
- Hydratation régulière tout au long de la journée : fluidification des sécrétions bronchiques
- Modalité : 1,5 L/jour minimum
Options complémentaires :
- Humidification de l'air intérieur en période de chauffage
- Modalité : humidificateur entretenu régulièrement, taux d'humidité visé autour de 40-50 %
Précautions :
aucune contre-indication particulière ; une humidité excessive favorise en revanche le développement des acariens et moisissures, allergènes fréquents
Priorité :
- Literie anti-acariens et aération quotidienne du logement : réduction de l'exposition allergénique nocturne
- Modalité : housses anti-acariens, lavage à 60°C toutes les 1-2 semaines, aération 10 minutes/jour
- Éviction stricte du tabagisme actif et passif
- Modalité : en continu, accompagnement au sevrage si besoin
Options complémentaires :
- Suivi régulier du débitmètre de pointe à domicile pour anticiper les phases de dégradation
- Modalité : selon les recommandations du pneumologue
Précautions :
aucune contre-indication particulière
- Aucun accompagnement naturopathique ne doit conduire à réduire ou arrêter le traitement de fond médical, même en cas d'amélioration nette perçue
- Les huiles essentielles mentholées ou très concentrées sont formellement contre-indiquées par inhalation directe chez l'asthmatique, du fait du risque de bronchospasme réflexe
- La réglisse est contre-indiquée en cas d'hypertension artérielle, de grossesse ou de traitement diurétique
- Prudence en cas de cumul de plusieurs plantes à visée respiratoire avec un traitement de fond en cours, sans en informer le médecin traitant
- Ne jamais retarder une consultation médicale en cas de signe de mauvais contrôle ou d'exacerbation, au profit d'un accompagnement naturopathique isolé
Rappels
Anatomie des voies aériennes basses
- Les bronches se divisent progressivement en bronchioles de plus en plus fines, tapissées d'un épithélium cilié et entourées d'une couche de muscle lisse qui régule leur calibre
- Les cellules caliciformes de la muqueuse bronchique sécrètent le mucus, normalement évacué par le mouvement ciliaire vers les voies aériennes supérieures
Régulation du calibre bronchique
- Le tonus du muscle lisse bronchique est régulé par le système nerveux autonome : le système parasympathique (via l'acétylcholine) favorise la bronchoconstriction, le système sympathique (via les récepteurs bêta-2 adrénergiques) favorise la bronchodilatation — c'est sur ce dernier mécanisme qu'agissent les bronchodilatateurs de type salbutamol
Inflammation de type 2 et éosinophiles
- L'inflammation de type 2, portée par les lymphocytes Th2 et les cellules lymphoïdes innées de type 2 (ILC2), est le mécanisme prédominant dans l'asthme allergique
- Les éosinophiles, recrutés sous l'effet de l'IL-5, sont les cellules effectrices majeures de cette inflammation, expliquant l'intérêt des biomarqueurs éosinophiliques dans le suivi et le choix thérapeutique
Amont :
- Système ORL haut : rhinite allergique et rhinosinusite chronique partageant la même inflammation de type 2 et entretenant le mauvais contrôle de l'asthme (voir fiches Rhinite allergique et Rhinosinusite chronique)
- Système digestif : reflux gastro-œsophagien pouvant irriter les voies aériennes et aggraver la toux et l'hyperréactivité bronchique (voir fiche RGO)
- Système métabolique : obésité générant une inflammation systémique de bas bruit qui potentialise l'inflammation bronchique
- Antécédents de bronchiolite sévère dans la petite enfance, terrain prédisposant à l'asthme du nourrisson puis de l'enfant (voir fiche Bronchiolite récidivante)
Aval :
- Retentissement cardiovasculaire indirect en cas d'exacerbations sévères répétées et de corticothérapie orale prolongée (prise de poids, risque métabolique)
- Retentissement psychologique : anxiété anticipatoire, altération de la qualité de vie et parfois évitement de l'activité physique par peur de déclencher une crise
- Retentissement sur la fonction respiratoire à long terme en cas de remodelage bronchique non prévenu, avec un risque de déclin accéléré du VEMS au fil des années
- Retentissement sur le sommeil en cas de symptômes nocturnes non contrôlés, avec fatigue diurne et impact cognitif secondaire
Niveaux de preuves
- ⭐⭐⭐ Corticoïdes inhalés comme traitement de fond de référence de l'asthme, quelle que soit la sévérité
- ⭐⭐⭐ Stratégie GINA 2025 de traitement par ICS-formotérol en MART et rôle des biomarqueurs de type 2 (BEC, FeNO) dans la décision thérapeutique des formes sévères
- ⭐⭐⭐ Efficacité des biothérapies ciblant l'inflammation de type 2 dans l'asthme sévère (omalizumab, mépolizumab, benralizumab, dupilumab, tézépélumab)
- ⭐⭐⭐ Rôle de l'obésité, du tabagisme et du reflux gastro-œsophagien comme facteurs de mauvais contrôle de l'asthme
- ⭐⭐ Lien entre statut en vitamine D et sévérité/contrôle de l'asthme
- ⭐⭐ Rôle du magnésium dans la relaxation du muscle lisse bronchique
- ⭐⭐ Efficacité des oméga-3 en soutien anti-inflammatoire dans l'asthme
- ⭐⭐ Impact du stress chronique et de l'anxiété sur la perception des symptômes et l'hyperréactivité bronchique
- ⭐ Usage traditionnel du thym et de la réglisse en soutien respiratoire
Sources
- Global Initiative for Asthma (GINA), Global Strategy for Asthma Management and Prevention, mise à jour 2025
- Clinical Advisor / Pulmonology Advisor, GINA 2025 Asthma Update: More on T2 Biomarkers, Young Children, Revised Charts
- Medscape Reference, Asthma Management, Adults and Adolescents: GINA 2025 Guideline Summary
- Haute Autorité de Santé (HAS) / Société Française de Pédiatrie, Asthme de l'enfant de moins de 36 mois — Recommandations
- Cloutier M.M. et al., 2020 Focused Updates to the Asthma Management Guidelines (NAEPP/NHLBI)
- Revues PubMed sur le rôle de la vitamine D et du magnésium dans le contrôle de l'asthme
- Revues PubMed sur les biothérapies dans l'asthme sévère à inflammation de type 2
- Ressources et ouvrages de référence en naturopathie fonctionnelle et pneumologie (bibliographie interne du cabinet)
