
Lithiase biliaire
26 août 2026Pancréatite chronique
26 août 2026Insuffisance pancréatique exocrine
Diminution de la sécrétion ou de l'activité des enzymes pancréatiques (lipase, amylase, protéases) et/ou des bicarbonates dans le duodénum, entraînant une maldigestion des macronutriments, en particulier des graisses. La pancréatite chronique d'origine alcoolique en est la cause la plus fréquente en France (80 à 90 % des pancréatites chroniques), mais l'insuffisance pancréatique exocrine (IPE) peut aussi survenir dans de nombreuses situations extra-pancréatiques (chirurgie digestive, diabète, maladie cœliaque), et reste largement sous-diagnostiquée du fait d'une présentation clinique souvent fruste. L'enjeu principal de l'accompagnement est de ne jamais se substituer à l'enzymothérapie substitutive lorsqu'elle est indiquée, celle-ci étant le seul traitement efficace, et de soutenir l'observance ainsi que la correction des carences nutritionnelles associées.
En quelques mots
- Ne jamais limiter la recherche d'une IPE aux seuls patients présentant une diarrhée ou une stéatorrhée franche : une diarrhée n'est retrouvée que chez environ 38 % des patients avec pancréatite chronique et IPE confirmée, et la stéatorrhée classique ne survient que lorsque la sécrétion de lipase chute en dessous de 5 à 10 % de son taux habituel, ce qui explique un sous-diagnostic fréquent des formes légères à modérées.
- Toujours rechercher le contexte causal (pancréatite chronique, antécédent de chirurgie pancréatique ou digestive, mucoviscidose, diabète, maladie cœliaque) plutôt que de considérer l'IPE comme une entité isolée.
- Ne jamais proposer d'enzymes digestives à visée de complément alimentaire comme équivalentes à l'enzymothérapie substitutive médicale (pancrélipase) en cas d'IPE confirmée : les dosages et la nature des enzymes ne sont pas comparables, et une sous-substitution expose à une dénutrition progressive.
- Vérifier systématiquement la bonne prise des enzymes substitutives pendant le repas (et non avant ou après) et leur ajustement posologique en fonction de la teneur en graisses des repas, erreur de prise fréquente pouvant expliquer une efficacité apparemment insuffisante du traitement.
- Ne jamais négliger le dépistage et la correction des carences en vitamines liposolubles (A, D, E, K), fréquentes et parfois asymptomatiques mais aux conséquences potentiellement sérieuses (ostéoporose, troubles de la coagulation, troubles visuels) si elles ne sont pas corrigées.
- Soutenir l'observance et l'optimisation de l'enzymothérapie substitutive prescrite
- Accompagner la correction des carences en vitamines liposolubles et en micronutriments associés
- Adapter la texture et la répartition des repas pour optimiser la digestion et l'absorption
- Réduire les facteurs aggravants modifiables (alcool, tabac) en particulier en cas de pancréatite chronique sous-jacente
- Soutenir le microbiote intestinal, souvent perturbé par la maldigestion chronique (voir fiche Dysbiose intestinale)
- Prévenir et accompagner la dénutrition, risque majeur de cette pathologie

Diagnostic
- Le dosage de l'élastase fécale (test dit direct) est le test de première intention recommandé par la Société Nationale Française de Gastro-Entérologie et les recommandations européennes récentes, remplaçant progressivement les tests plus anciens et moins spécifiques.
- Interprétation du taux d'élastase fécale : valeurs supérieures à 200 µg/g de selles indiquant une fonction pancréatique normale, entre 100 et 200 µg/g évoquant une insuffisance modérée, en dessous de 100 µg/g une insuffisance sévère nécessitant une supplémentation enzymatique.
- La sensibilité du test varie selon la sévérité : de l'ordre de 50 à 60 % pour les insuffisances légères à modérées, mais de 90 à 100 % pour les insuffisances sévères, ce qui explique qu'un résultat normal n'élimine pas totalement une IPE légère en cas de forte suspicion clinique.
- Test respiratoire au triglycéride marqué, alternative fonctionnelle disponible dans certains centres spécialisés.
- Bilan nutritionnel systématique en cas de diagnostic confirmé : albuminémie, dosage des vitamines liposolubles (A, D, E, K), bilan phosphocalcique.
- Imagerie pancréatique (scanner ou IRM) pour rechercher la cause sous-jacente (pancréatite chronique, tumeur, anomalie anatomique) une fois le diagnostic fonctionnel d'IPE confirmé.
- Les recommandations européennes les plus récentes préconisent un dosage annuel de l'élastase fécale chez tous les patients atteints de pancréatite chronique, même en l'absence de symptôme digestif évocateur, pour permettre une initiation plus précoce de la supplémentation enzymatique.
- Pancréatite chronique (voir fiche dédiée), cause la plus fréquente d'IPE en France mais entité distincte à part entière
- Maladie cœliaque (voir fiche dédiée), pouvant s'accompagner d'une malabsorption proche cliniquement, voire d'une authentique IPE secondaire dans certains cas
- SIBO (voir fiche dédiée), pouvant mimer une stéatorrhée par un mécanisme de déconjugaison des sels biliaires plutôt que par déficit enzymatique pancréatique
- Maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) (voir fiche dédiée), notamment en cas d'atteinte iléale étendue avec malabsorption
- Mucoviscidose, cause génétique classique d'IPE, généralement diagnostiquée dès l'enfance
- Diabète de type 1 ou de type 2, pouvant s'accompagner d'une IPE associée par atteinte pancréatique globale (fonction exocrine et endocrine étant anatomiquement liées)
- Cancer du pancréas, à écarter systématiquement en cas d'IPE de découverte récente sans cause évidente, en particulier chez la personne de plus de 50 ans
- Stéatorrhée : selles abondantes, huileuses, pâles, malodorantes, flottant dans la cuvette (signe classique mais tardif, n'apparaissant que lorsque la sécrétion de lipase chute en dessous de 5 à 10 % de la normale)
- Diarrhée, présente chez seulement environ 38 % des patients avec IPE confirmée, ce qui explique le sous-diagnostic fréquent
- Ballonnements, inconfort abdominal post-prandial
- Amaigrissement et dénutrition progressive
- Fatigue chronique
- Carences en vitamines liposolubles (A, D, E, K), pouvant se manifester par des troubles visuels nocturnes (vitamine A), une fragilité osseuse (vitamine D), des troubles neurologiques (vitamine E) ou des troubles de la coagulation (vitamine K)
- Douleurs abdominales en cas de pancréatite chronique sous-jacente encore active
- Signes de diabète associé dans les formes évoluées de pancréatite chronique (insuffisance pancréatique endocrine concomitante)
- Signes souvent négligés en médecine conventionnelle : ballonnements et inconfort digestif isolés sans stéatorrhée franche, à tort attribués à un simple trouble fonctionnel alors qu'une IPE légère à modérée peut en être la cause
Évolution favorable : nette amélioration des symptômes digestifs et de l'état nutritionnel sous enzymothérapie substitutive bien conduite et bien ajustée, avec une bonne qualité de vie possible au long cours à condition d'un suivi et d'un ajustement posologique réguliers.
Évolution défavorable : en l'absence de diagnostic ou de traitement adapté, risque de dénutrition progressive, de carences en vitamines liposolubles avec leurs complications propres (ostéoporose et fractures, troubles de la coagulation, troubles visuels), et d'altération significative de la qualité de vie. En cas de pancréatite chronique sous-jacente, poursuite de l'évolution vers l'insuffisance pancréatique endocrine (diabète) dans les formes avancées, ainsi qu'un risque accru, bien que décroissant avec le temps depuis le diagnostic initial, d'adénocarcinome pancréatique. Signes devant faire réévaluer la situation médicalement : amaigrissement rapide et non maîtrisé malgré le traitement, apparition de signes de carence sévère, douleurs abdominales nouvelles ou modifiées faisant évoquer une complication de la pancréatite chronique sous-jacente.
- Pancréatite chronique, cause la plus fréquente en France, très majoritairement d'origine alcoolique (80 à 90 % des cas)
- Chirurgie pancréatique (pancréatectomie partielle ou totale) ou digestive (gastrectomie, résection duodénale)
- Mucoviscidose, cause génétique classique diagnostiquée le plus souvent dès l'enfance
- Cancer du pancréas
- Diabète de type 1 et, dans une moindre mesure, de type 2, par atteinte pancréatique globale
- Maladie cœliaque non traitée (voir fiche dédiée)
- Maladies inflammatoires chroniques de l'intestin avec atteinte étendue (voir fiche MICI)
- Tabagisme, facteur aggravant et accélérateur reconnu de la progression de la pancréatite chronique
- Poursuite de la consommation d'alcool en cas de pancréatite chronique sous-jacente d'origine alcoolique
- Tabagisme, accélérant la progression de la pancréatite chronique et le risque de complications
- Sous-dosage ou mauvaise prise de l'enzymothérapie substitutive (hors des repas notamment)
- Alimentation très riche en graisses sans ajustement enzymatique correspondant
- Non-correction des carences en vitamines liposolubles, aggravant le retentissement nutritionnel global
Physiopathologie
- Sécrétion pancréatique exocrine normale
- Le pancréas exocrine sécrète des enzymes digestives (lipase, amylase, protéases sous forme de précurseurs inactifs) et des bicarbonates, déversés dans le duodénum via le canal pancréatique principal, permettant la digestion des graisses, des glucides et des protéines
- Mécanismes de survenue de l'IPE
- La perte de parenchyme pancréatique fonctionnel (destruction progressive par l'inflammation chronique dans la pancréatite chronique, résection chirurgicale, infiltration tumorale) réduit directement la masse sécrétoire disponible
- L'obstruction canalaire (calculs pancréatiques, sténose, tumeur) empêche l'écoulement normal des enzymes vers le duodénum malgré une sécrétion parfois préservée
- Des mécanismes extra-pancréatiques peuvent également contribuer : altération de la stimulation hormonale de la sécrétion pancréatique (maladie cœliaque, résection duodénale), ou inactivation prématurée des enzymes par un pH duodénal trop acide (déficit associé en bicarbonates, notamment dans certaines pancréatites chroniques)
- Seuil clinique de la maldigestion
- La stéatorrhée classique, signe le plus spécifique, n'apparaît que lorsque la sécrétion de lipase chute en dessous de 5 à 10 % de son taux physiologique, ce qui explique que de nombreuses formes légères à modérées d'IPE restent longtemps pauci-symptomatiques ou se traduisent par des signes moins spécifiques (ballonnements, inconfort digestif)
- Conséquences nutritionnelles
- La maldigestion des graisses entraîne une malabsorption secondaire des vitamines liposolubles (A, D, E, K), qui nécessitent la présence de graisses digestées pour être absorbées au niveau intestinal
- La maldigestion protéique et calorique globale contribue, en association avec la stéatorrhée, à l'installation progressive d'une dénutrition dans les formes sévères et non traitées
Réduction du parenchyme pancréatique fonctionnel ou obstruction canalaire (pancréatite chronique, chirurgie, tumeur, mucoviscidose) ou mécanisme extra-pancréatique (maladie cœliaque, résection duodénale)
→ diminution de la sécrétion et/ou de l'activation des enzymes pancréatiques (lipase, amylase, protéases) et des bicarbonates dans le duodénum
→ maldigestion des macronutriments, en particulier des graisses
→ stéatorrhée lorsque la sécrétion de lipase chute en dessous de 5 à 10 % de la normale, ou signes moins spécifiques (ballonnements, inconfort digestif) dans les formes plus légères
→ malabsorption secondaire des vitamines liposolubles et carences nutritionnelles progressives
→ dénutrition et complications carentielles en l'absence de diagnostic et de traitement adapté
Accompagnement allopathique
Objectif : prévenir l'aggravation de l'IPE chez les patients à risque et prévenir l'installation de carences nutritionnelles significatives.
Traitement : dosage annuel de l'élastase fécale recommandé chez tous les patients atteints de pancréatite chronique, même asymptomatiques, selon les recommandations européennes récentes, permettant une initiation plus précoce de la supplémentation enzymatique ; arrêt du tabac systématiquement recommandé, celui-ci accélérant la progression de la pancréatite chronique et augmentant le risque de complications ; surveillance périodique du statut en vitamines liposolubles chez les patients à risque.
Objectif : corriger la maldigestion et prévenir ou traiter la dénutrition associée.
Traitement : enzymothérapie substitutive par pancrélipase (extraits pancréatiques porcins), traitement de référence et le plus efficace, à prendre systématiquement pendant chaque repas ou collation contenant des graisses ou des protéines, avec une posologie adaptée à la teneur en graisses du repas ; les préparations recommandées contiennent typiquement une dose de lipase de 25 000 à 75 000 unités par repas selon les recommandations actuelles, à ajuster individuellement selon la réponse clinique ; adjonction d'un inhibiteur de la pompe à protons dans certains cas, en particulier au cours de certaines pancréatites chroniques où un déficit associé en bicarbonates entraîne un pH duodénal trop acide pour permettre une activation correcte des enzymes substitutives, notamment de la lipase ; correction des carences en vitamines liposolubles par supplémentation spécifique selon le bilan ; prise en charge de la cause sous-jacente lorsque cela est possible (sevrage alcoolique et tabagique en cas de pancréatite chronique, traitement d'une maladie cœliaque associée).
Évaluation fonctionnelle du terrain
- Un dosage de l'élastase fécale a-t-il été réalisé ? Quel en était le résultat ?
- Quelle est la cause identifiée de l'IPE (pancréatite chronique, chirurgie, autre) ?
- Prenez-vous une enzymothérapie substitutive ? Comment la prenez-vous (avant, pendant, après les repas) et à quelle dose ?
- Avez-vous des selles évocatrices de stéatorrhée (huileuses, malodorantes, flottantes) ?
- Avez-vous perdu du poids récemment ? De façon significative ?
- Un bilan des vitamines liposolubles (A, D, E, K) a-t-il été réalisé ? Des carences ont-elles été identifiées ?
- Consommez-vous de l'alcool ou fumez-vous, en particulier si une pancréatite chronique est en cause ?
- Avez-vous un diabète associé ?
- Comment est votre digestion après les repas riches en graisses malgré le traitement enzymatique ?
- Quel est le retentissement sur votre alimentation et votre vie sociale au quotidien ?
Bilans conventionnels (à faire prescrire par le médecin traitant ou le gastro-entérologue) :
- Élastase fécale (test de première intention)
- Test respiratoire au triglycéride marqué selon disponibilité
- Bilan nutritionnel : albuminémie, préalbumine
- Vitamines liposolubles (A, D, E, K), bilan phosphocalcique
- Glycémie à jeun et HbA1c en cas de diabète associé ou à rechercher
- Imagerie pancréatique (scanner ou IRM) pour la recherche étiologique
Bilans fonctionnels (à prioriser en première intention selon la clinique, laboratoires Barbier/BIOAVENIR, LIMS, Synlab) :
- Analyse du microbiote intestinal, la maldigestion chronique favorisant une dysbiose secondaire (voir fiche dédiée)
- Bilan du statut en zinc et en magnésium
- Recherche de SIBO associé en cas de symptomatologie évocatrice persistante malgré traitement bien conduit (voir fiche dédiée)
Accompagnement naturopathique
Accompagnement naturopathique préventif
S'adresse aux personnes à risque (pancréatite chronique débutante, consommation d'alcool à risque, antécédent de chirurgie pancréatique ou digestive) avant l'installation d'une IPE symptomatique ; but recherché : sensibiliser au dépistage précoce et réduire les facteurs de risque modifiables.
Protocole :
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Pancréatite chronique débutante sans IPE confirmée (voir fiche dédiée) | Sensibiliser au dépistage précoce et régulier | Orientation vers un dosage annuel de l'élastase fécale, accompagnement au sevrage alcoolique et tabagique |
| Chirurgie pancréatique ou digestive programmée | Anticiper le risque d'IPE post-opératoire | Information sur les signes d'alerte, orientation vers un suivi nutritionnel post-opératoire précoce |
| Consommation d'alcool à risque sans pancréatite confirmée | Réduire le principal facteur de risque modifiable | Accompagnement à la réduction ou à l'arrêt de la consommation d'alcool |
Accompagnement naturopathique de soutien
Soutenir l'observance et l'efficacité de l'enzymothérapie substitutive, corriger les carences nutritionnelles associées et prévenir la dénutrition, en coordination stricte avec le suivi médical.
Protocole :
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| IPE avec enzymothérapie en cours mais efficacité jugée insuffisante | Optimiser l'observance et les modalités de prise | Vérification de la prise pendant (et non avant/après) les repas, orientation vers une réévaluation posologique avec le médecin selon la teneur en graisses des repas |
| IPE avec dénutrition et carences en vitamines liposolubles installées | Corriger les carences et sécuriser l'état nutritionnel | Supplémentation ciblée selon bilan, orientation vers un diététicien spécialisé, suivi rapproché du poids |
| IPE sur pancréatite chronique alcoolique active | Accompagner le sevrage et réduire la progression de la maladie causale | Accompagnement à l'arrêt de l'alcool et du tabac, orientation addictologique si besoin, soutien nutritionnel |
| IPE légère à modérée avec ballonnements isolés, sans stéatorrhée franche | Ne pas sous-estimer une IPE débutante | Orientation médicale pour réévaluation du dosage enzymatique, soutien digestif général en parallèle |
Boîte à outils
Priorité :
- Répartition des graisses sur plusieurs prises alimentaires plutôt qu'en un seul repas copieux : optimisation de la couverture enzymatique substitutive
- Modalité : fractionnement en 5 à 6 prises alimentaires, avec prise systématique de l'enzymothérapie à chacune si elle contient des graisses ou des protéines
- Alimentation suffisamment calorique et non restrictive en graisses de façon injustifiée : les graisses ne doivent pas être évincées mais accompagnées d'une substitution enzymatique adaptée
- Modalité : ajustement de la dose enzymatique à la teneur en graisses plutôt que restriction alimentaire
Options complémentaires :
- Aliments riches en protéines de bonne qualité à chaque repas : soutien de l'apport protéique face à la maldigestion partielle
- Modalité : répartition régulière sur la journée
Précautions : ne jamais recommander une restriction sévère des graisses comme solution de première intention, cette approche pouvant aggraver la dénutrition ; l'objectif est l'ajustement enzymatique, pas l'éviction alimentaire.
Priorité :
- Vitamines liposolubles (A, D, E, K) selon bilan : correction des carences fréquentes et potentiellement sérieuses
- Modalité : formes hydrosolubles ou micellaires parfois mieux absorbées en cas de maldigestion sévère persistante, selon avis médical
- Zinc et magnésium : cofacteurs fréquemment déficitaires en cas de malabsorption chronique
- Modalité : selon bilan, cure de plusieurs semaines
Options complémentaires :
- Probiotiques ciblés : soutien du microbiote souvent perturbé par la maldigestion chronique
- Modalité : souches documentées, cure de plusieurs semaines
Précautions : toute supplémentation en vitamines liposolubles doit être guidée par un bilan biologique préalable et réévaluée régulièrement, le risque de surdosage existant notamment pour la vitamine A et D en cas de correction excessive.
Priorité :
- Cohérence cardiaque quotidienne : soutien général et accompagnement du vécu d'une pathologie chronique nécessitant une prise médicamenteuse systématique à chaque repas
- Modalité : 3 fois 5 minutes par jour
Options complémentaires :
- Accompagnement psychologique en cas de retentissement sur la vie sociale et l'alimentation (contrainte de prise médicamenteuse à chaque repas, y compris en collectivité)
- Modalité : abordé en séance, orientation si besoin plus approfondi
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Activité physique adaptée à l'état nutritionnel : soutien du maintien de la masse musculaire en cas de dénutrition débutante
- Modalité : selon tolérance, renforcement musculaire doux en priorité si dénutrition associée
Options complémentaires :
- Marche régulière
- Modalité : 30 minutes, 3 à 5 fois par semaine, selon l'énergie disponible
Précautions : adapter strictement l'intensité en cas de dénutrition ou de fatigue marquée.
Naturopathique : suivi mensuel en phase d'ajustement thérapeutique initial, puis trimestriel de consolidation, avec attention particulière au poids et à l'observance du traitement enzymatique.
Conventionnel : gastro-entérologue pour le diagnostic, la prescription et l'ajustement de l'enzymothérapie substitutive, diététicien spécialisé de façon quasi systématique compte tenu du risque nutritionnel, addictologue en cas de pancréatite chronique alcoolique nécessitant un accompagnement au sevrage.
Autre : ostéodensitométrie et suivi rhumatologique en cas de carence prolongée en vitamine D et calcium, ophtalmologue en cas de troubles visuels évocateurs d'une carence en vitamine A.
Priorité :
- Aucune plante ne remplace l'enzymothérapie substitutive médicale en cas d'IPE confirmée ; la phytothérapie se limite ici à un rôle de confort digestif d'accompagnement
- Modalité : non substitutive, en complément uniquement
Options complémentaires :
- Camomille matricaire ou mélisse : apaisement digestif doux en cas de ballonnements résiduels
- Modalité : infusion après les repas
Précautions : ne jamais présenter une plante comme équivalente ou substitutive à la pancrélipase prescrite médicalement.
Priorité :
- Hydrolat de camomille romaine ou de fenouil : soutien digestif doux
- Modalité : 1 cuillère à café diluée dans un verre d'eau, après les repas
Options complémentaires : Aucune spécificité supplémentaire.
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Hydratation régulière et suffisante : soutien du transit et compensation des pertes en cas de diarrhée associée
- Modalité : 1,5 à 2 L/jour, fractionné dans la journée
Options complémentaires : Aucune spécificité supplémentaire.
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Organisation pratique de la prise systématique de l'enzymothérapie à chaque repas ou collation contenant des graisses ou protéines, y compris hors domicile : condition indispensable à l'efficacité du traitement
- Modalité : pilulier ou rappel dédié, anticipation des repas en collectivité ou au restaurant
- Régularité du sommeil : soutien général de la récupération
- Modalité : horaires fixes, 7 à 9 heures de sommeil
Options complémentaires :
- Suivi régulier du poids : outil de surveillance simple de l'efficacité du traitement
- Modalité : pesée hebdomadaire, sans en faire une source d'anxiété
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
- Aucune phytothérapie ou complément alimentaire ne doit être présenté comme substitutif à l'enzymothérapie substitutive médicale (pancrélipase) en cas d'IPE confirmée
- Ne jamais recommander une restriction sévère des graisses comme solution de première intention, au risque d'aggraver la dénutrition
- Toute supplémentation en vitamines liposolubles doit être guidée par un bilan biologique préalable, du fait du risque de surdosage
- Vérifier systématiquement la bonne prise de l'enzymothérapie pendant (et non avant ou après) les repas
- Toute apparition d'amaigrissement rapide non maîtrisé ou de signes de carence sévère impose une réévaluation médicale rapide
Rappels
Sécrétion pancréatique exocrine
- Le pancréas exocrine sécrète environ 1,5 litre de suc pancréatique par jour, contenant des enzymes digestives (lipase, amylase, protéases sécrétées sous forme de précurseurs inactifs activés dans le duodénum) et des bicarbonates neutralisant l'acidité du chyme gastrique arrivant dans le duodénum
- Cette sécrétion est régulée par des hormones digestives (sécrétine stimulant la sécrétion de bicarbonates, cholecystokinine stimulant la sécrétion enzymatique), elles-mêmes libérées en réponse à l'arrivée du chyme acide et des graisses dans le duodénum
Digestion des graisses
- La digestion des graisses nécessite l'action conjointe de la lipase pancréatique et des sels biliaires (qui émulsifient les graisses en micelles), les deux mécanismes étant indispensables et complémentaires ; un déficit isolé de l'un ou l'autre peut entraîner une stéatorrhée par des mécanismes distincts
Absorption des vitamines liposolubles
- Les vitamines A, D, E et K nécessitent la présence de graisses correctement digestées et émulsifiées pour être absorbées au niveau de la muqueuse intestinale, expliquant le lien direct entre maldigestion des graisses et carences en ces vitamines spécifiques
Amont :
- Pancréatite chronique (voir fiche dédiée), cause la plus fréquente en France
- Chirurgie pancréatique ou digestive antérieure
- Maladie cœliaque (voir fiche dédiée) et MICI avec atteinte étendue (voir fiche dédiée)
- Diabète, par atteinte pancréatique globale
- Tabagisme et consommation d'alcool
Aval :
- Dénutrition progressive et ses conséquences (fonte musculaire, fatigue chronique, fragilité générale)
- Carences en vitamines liposolubles avec leurs complications propres (ostéoporose et fractures pour la vitamine D, troubles de la coagulation pour la vitamine K, troubles visuels pour la vitamine A, troubles neurologiques pour la vitamine E)
- Dysbiose intestinale secondaire à la maldigestion chronique (voir fiche dédiée)
- Retentissement psychosocial lié à la contrainte de la prise médicamenteuse systématique à chaque repas et à l'inconfort digestif chronique
Niveaux de preuves
- ⭐⭐⭐ Efficacité de l'enzymothérapie substitutive (pancrélipase) comme traitement de référence de l'IPE
- ⭐⭐⭐ Élastase fécale comme test de première intention pour le diagnostic d'IPE, avec sensibilité variable selon la sévérité
- ⭐⭐⭐ Sous-diagnostic fréquent de l'IPE en cas de recherche limitée aux patients avec diarrhée ou stéatorrhée franche
- ⭐⭐⭐ Rôle du tabagisme dans l'accélération de la progression de la pancréatite chronique et le risque de complications
- ⭐⭐ Bénéfice de l'adjonction d'un IPP dans certaines pancréatites chroniques avec déficit en bicarbonates associé
- ⭐⭐ Nécessité d'un dosage annuel de l'élastase fécale chez tous les patients atteints de pancréatite chronique
- ⭐⭐ Fréquence et sévérité potentielle des carences en vitamines liposolubles en cas d'IPE non traitée
- ⭐ Bénéfice des probiotiques ciblés en soutien du microbiote dans ce contexte, données encore limitées et non spécifiques à cette pathologie
Sources
- FMC-HGE, Insuffisance pancréatique exocrine : diagnostique et prise en charge, POSTU 2022
- Société Nationale Française de Gastro-Entérologie (SNFGE), recommandations 2024 sur l'exploration de la fonction pancréatique
- RecoMédicales, Recommandations sur la Pancréatite chronique, 2024
- Beyer G. et al., Chronic pancreatitis, The Lancet, 2020
- Société GI/SCRI (badgut.org), L'insuffisance pancréatique exocrine, 2026
- Medizinonline, L'insuffisance exocrine peut être traitée par une thérapie de remplacement des enzymes, synthèse des directives actuelles
