
Maladie cœliaque
26 août 2026
SIBO (pullulation bactérienne de l’intestin grêle)
26 août 2026Sensibilité au gluten non cœliaque
Entité clinique définie par l'apparition de symptômes digestifs et/ou extra-digestifs après ingestion de gluten ou de céréales en contenant, s'améliorant à l'éviction, alors que la maladie cœliaque et l'allergie au blé ont été formellement exclues. Concerne une proportion significative de la population se plaignant de symptômes liés au gluten (jusqu'à 10 % selon certaines estimations), très supérieure à la prévalence de la maladie cœliaque elle-même (environ 1 %), ce qui souligne l'importance de bien distinguer les deux situations. L'enjeu principal de l'accompagnement est d'aider la personne à identifier ses véritables déclencheurs (gluten, ATI, FODMAPs, ou une combinaison) sans l'enfermer dans une éviction plus large que nécessaire, après s'être assuré que le diagnostic différentiel avec la maladie cœliaque a bien été fait dans les règles.
En quelques mots
- Toujours vérifier que la maladie cœliaque et l'allergie au blé IgE-médiée ont été formellement exclues par un médecin avant de retenir ce diagnostic, et impérativement avant qu'un régime d'éviction n'ait déjà été débuté par la personne elle-même.
- Ne jamais présenter la SGNC comme une certitude diagnostique équivalente à la maladie cœliaque : expliquer honnêtement à la cliente qu'il s'agit d'une entité encore débattue, sans biomarqueur validé, ce qui n'invalide pas ses symptômes mais nécessite une approche pragmatique plutôt que dogmatique.
- Explorer systématiquement la piste des FODMAPs (en particulier les fructanes du blé) et des ATI (inhibiteurs de l'amylase-trypsine) comme causes alternatives ou associées, plutôt que d'attribuer d'emblée tous les symptômes au gluten lui-même.
- Rechercher un chevauchement avec le syndrome de l'intestin irritable, fréquent, la SGNC étant considérée par certains auteurs comme une variante ou un sous-groupe du SII plutôt qu'une entité totalement distincte.
- Rester attentif au risque de restriction alimentaire excessive et non justifiée : l'éviction de tout le blé et du gluten sans démonstration structurée du bénéfice réel peut appauvrir inutilement l'alimentation et entretenir une anxiété alimentaire disproportionnée.
- Accompagner un protocole d'éviction et de réintroduction structuré permettant d'objectiver le réel effet du gluten et des composants associés du blé
- Identifier la composante spécifique en cause (gluten, ATI, FODMAPs) pour cibler l'éviction au plus juste, sans surrestriction
- Réduire l'inflammation digestive de bas grade et soutenir la barrière intestinale
- Accompagner la dimension psycho-émotionnelle du rapport à l'alimentation, l'effet nocebo étant documenté dans cette entité
- Soutenir une alimentation variée et équilibrée malgré l'éviction, en évitant la restriction chronique non justifiée
- Rechercher et traiter les pathologies associées ou différentielles (SII, dysbiose)

Diagnostic
- Diagnostic d'exclusion : la maladie cœliaque (sérologie et biopsie) et l'allergie au blé IgE-médiée doivent être formellement écartées avant de retenir le diagnostic de SGNC.
- Aucun biomarqueur biologique ni test diagnostique reconnu et validé n'existe à ce jour pour confirmer positivement la SGNC.
- Les critères de Salerne (2015), établis par un consensus international d'experts, restent la référence méthodologique la plus citée : ils reposent sur un protocole en double aveugle contre placebo (élimination du gluten avec amélioration symptomatique, puis réintroduction en aveugle avec réapparition des symptômes), rarement réalisable en pratique clinique courante du fait de sa lourdeur.
- En pratique courante, le diagnostic repose le plus souvent sur un essai clinique ouvert d'éviction du gluten (4 à 6 semaines) avec amélioration symptomatique nette, après exclusion préalable rigoureuse de la maladie cœliaque et de l'allergie au blé.
- Les essais randomisés en double aveugle les mieux menés suggèrent que les FODMAPs (fructanes du blé notamment) et un effet nocebo lié aux attentes du patient concernant le gluten expliquent une part significative des cas, remettant en question l'existence d'une sensibilité spécifique au gluten lui-même chez une partie des personnes concernées.
- Maladie cœliaque, à exclure formellement en priorité absolue avant de retenir le diagnostic de SGNC
- Allergie au blé (mécanisme IgE-médié), à explorer par les tests allergologiques appropriés
- Syndrome de l'intestin irritable, avec lequel la SGNC présente un chevauchement symptomatique et probablement physiopathologique important, certains auteurs la considérant comme un sous-groupe du SII plutôt qu'une entité distincte
- Intolérance au fructose ou aux FODMAPs, pouvant expliquer une part substantielle des symptômes attribués au gluten
- SIBO
- Dysbiose intestinale
- Ballonnements, douleurs abdominales
- Diarrhée ou constipation
- Fatigue chronique
- Céphalées
- Brouillard mental, difficultés de concentration
- Douleurs articulaires ou musculaires diffuses
- Anxiété, troubles de l'humeur
- Eczéma ou autres manifestations cutanées, rapportées par certains patients
- Présentation clinique hautement variable d'une personne à l'autre, sans profil symptomatique unique caractéristique
- Signes souvent négligés en médecine conventionnelle : aggravation rapportée après ingestion de blé même en l'absence de gluten identifiable dans le produit consommé (orientant alors vers d'autres composants du blé), forte composante d'attente et d'anxiété autour du gluten pouvant moduler la perception symptomatique (effet nocebo documenté)
Évolution favorable : amélioration symptomatique nette et rapide (quelques jours à quelques semaines) après éviction du gluten et/ou des composants du blé identifiés comme déclencheurs, sans risque de complication organique propre à cette entité, contrairement à la maladie cœliaque.
Évolution défavorable : en l'absence d'accompagnement structuré, risque de restriction alimentaire progressivement plus large et non justifiée (éviction d'autres céréales, d'autres groupes alimentaires) par généralisation excessive de l'éviction initiale, avec retentissement nutritionnel et social potentiel à terme, et renforcement d'une anxiété alimentaire chronique. Il ne s'agit pas d'une pathologie évolutive vers une complication organique grave par elle-même, à la différence de la maladie cœliaque non traitée. Signes devant faire réévaluer le diagnostic : apparition secondaire de signes évocateurs de maladie cœliaque (amaigrissement, carences, aphtes récidivants) malgré l'éviction déjà en cours, qui imposent une réévaluation médicale complète.
- Terrain de dysbiose intestinale ou d'hyperperméabilité intestinale préexistant, pouvant favoriser une réactivité accrue à certains composants alimentaires
- Terrain de syndrome de l'intestin irritable préexistant, fréquemment associé ou confondu
- Sensibilité individuelle aux FODMAPs, en particulier aux fructanes présents en grande quantité dans le blé, l'orge et le seigle
- Sensibilité individuelle aux inhibiteurs de l'amylase-trypsine (ATI), protéines de défense naturelle du blé représentant 2 à 4 % de ses protéines, capables d'activer les récepteurs de l'immunité innée (TLR4) et de provoquer une inflammation intestinale de bas grade
- Terrain anxieux ou attentes négatives fortes vis-à-vis du gluten, contribuant à un effet nocebo documenté dans les essais en double aveugle
- Exposition médiatique et sociale importante autour du gluten, pouvant influencer la perception symptomatique
- Consommation de produits riches en blé, orge ou seigle sans identification préalable du composant réellement en cause
- Stress chronique, par son effet sur la sensibilité digestive et l'axe intestin-cerveau
- Dysbiose intestinale non prise en charge
- Anxiété alimentaire renforcée par une éviction non structurée et prolongée sans réintroduction test
- Généralisation progressive de l'éviction à d'autres groupes alimentaires sans justification claire
Physiopathologie
- Absence de mécanisme unique identifié : Contrairement à la maladie cœliaque, aucun mécanisme physiopathologique unique et validé n'est établi ; plusieurs pistes coexistent et pourraient s'associer chez une même personne
- Piste des inhibiteurs de l'amylase-trypsine (ATI) : Protéines de défense du blé, résistantes à la digestion, capables d'activer les récepteurs Toll-like 4 (TLR4) de l'immunité innée au niveau de la muqueuse intestinale → activation d'une réponse inflammatoire de bas grade, indépendante du mécanisme immuno-adaptatif spécifique de la maladie cœliaque
- Piste des FODMAPs (fructanes du blé notamment) : Glucides fermentescibles mal absorbés au niveau de l'intestin grêle, fermentés par le microbiote colique → production de gaz et distension digestive, symptomatologie proche de celle du syndrome de l'intestin irritable et potentiellement confondue avec une réaction au gluten lui-même
- Composante d'hypersensibilité viscérale et d'axe intestin-cerveau : Un terrain d'hypersensibilité viscérale préexistant, notamment en cas de SII associé, peut amplifier la perception de symptômes mineurs
- Effet nocebo documenté : Plusieurs essais randomisés en double aveugle bien menés ont démontré une réapparition de symptômes chez des participants convaincus d'avoir reçu du gluten alors qu'ils recevaient en réalité le placebo, illustrant le rôle des attentes cognitives et émotionnelles dans la symptomatologie rapportée
- Hypothèse d'une perméabilité intestinale modulée : Certains travaux suggèrent que le gluten pourrait, chez tout individu et pas seulement chez le cœliaque, stimuler transitoirement la libération de zonuline, avec une intensité et des conséquences cliniques variables selon les personnes
Terrain digestif prédisposant (dysbiose, hyperperméabilité intestinale, SII sous-jacent) et/ou terrain psycho-émotionnel avec attentes fortes vis-à-vis du gluten
→ ingestion de blé, orge ou seigle contenant simultanément gluten, ATI et FODMAPs
→ activation possible de l'immunité innée par les ATI et/ou fermentation colique des fructanes (FODMAPs) et/ou stimulation transitoire de la zonuline par le gluten et/ou composante nocebo liée aux attentes
→ symptomatologie digestive et extra-digestive variable selon l'individu et le ou les mécanismes en cause
→ amélioration à l'éviction du blé ou du gluten, sans que cela ne permette à elle seule d'identifier avec certitude le mécanisme réellement responsable
Accompagnement allopathique
Objectif : il n'existe pas de mesure préventive spécifique validée pour la SGNC en tant que telle en médecine conventionnelle.
Traitement : sensibilisation à ne pas s'auto-diagnostiquer une SGNC sans exclusion médicale préalable de la maladie cœliaque, afin d'éviter un régime d'éviction prématuré qui compromettrait un diagnostic ultérieur de maladie cœliaque si celle-ci était en réalité en cause.
Objectif : soulager les symptômes après exclusion formelle des diagnostics différentiels organiques.
Traitement : comme pour la maladie cœliaque, le seul traitement actuellement proposé est le régime d'éviction, mais à la différence de celle-ci, l'éviction dans la SGNC peut être ciblée et réévaluée : essai d'éviction du gluten ou du blé sur 4 à 6 semaines, associé le cas échéant à un essai de régime pauvre en FODMAPs si la piste des fructanes est privilégiée ; réintroduction progressive et structurée pour identifier le ou les composants réellement en cause et éviter une éviction plus large que nécessaire ; aucune structure de soin ne recommande une éviction stricte et à vie comme pour la maladie cœliaque, l'objectif étant de trouver le seuil de tolérance individuel plutôt qu'une éviction totale systématique.
Évaluation fonctionnelle du terrain
- La maladie cœliaque et l'allergie au blé ont-elles été formellement exclues par un médecin ? Comment (sérologie, biopsie, tests allergologiques) ?
- Depuis quand et comment avez-vous identifié un lien entre vos symptômes et le gluten ou le blé ?
- Avez-vous déjà tenté une réintroduction test après une période d'éviction ? Qu'avez-vous observé ?
- Vos symptômes sont-ils déclenchés par tous les produits contenant du blé, ou spécifiquement par certains (pain, pâtes, bière) ?
- Avez-vous des symptômes évocateurs du syndrome de l'intestin irritable en parallèle ?
- Comment vivez-vous le rapport au gluten sur le plan émotionnel : y a-t-il une appréhension ou une anxiété autour de son ingestion ?
- Avez-vous étendu l'éviction à d'autres aliments ou groupes alimentaires au fil du temps ?
- Quel est le retentissement de cette éviction sur votre vie sociale et votre alimentation au quotidien ?
- Avez-vous des signes qui pourraient évoquer une maladie cœliaque non diagnostiquée (amaigrissement, carences, aphtes récidivants) ?
Bilans conventionnels (à faire prescrire par le médecin traitant, en priorité pour l'exclusion diagnostique) :
- Sérologie de la maladie cœliaque (IgA anti-transglutaminase et IgA totales) et biopsie duodénale si positive, avant toute éviction
- Tests allergologiques (prick-tests, IgE spécifiques) en cas de suspicion d'allergie au blé IgE-médiée
- NFS, CRP pour éliminer une pathologie organique associée
Bilans fonctionnels (à prioriser en première intention selon la clinique, laboratoires Barbier/BIOAVENIR, LIMS, Synlab, en gardant à l'esprit l'absence de biomarqueur validé pour la SGNC elle-même) :
- Analyse du microbiota intestinal, terrain fréquemment associé
- Marqueurs de perméabilité intestinale (zonuline), à interpréter avec prudence méthodologique
- Recherche de SIBO en cas de symptomatologie évocatrice associée
Accompagnement naturopathique
Accompagnement naturopathique préventif
Objectif : s'adresse aux personnes suspectant un lien entre leurs symptômes et le gluten/blé mais n'ayant pas encore réalisé de bilan médical ; but recherché : orienter vers une démarche diagnostique structurée avant toute éviction, pour ne pas compromettre un éventuel diagnostic de maladie cœliaque.
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse, clarification du contexte, orientation systématique vers l'exclusion médicale de la maladie cœliaque et de l'allergie au blé avant toute modification alimentaire significative.
- Séance 2 : selon les résultats du bilan, orientation adaptée (vers la fiche Maladie cœliaque si positif, ou poursuite de la démarche SGNC si négatif).
- Séance 3 : mise en place du protocole d'éviction structuré si la maladie cœliaque est exclue.
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Suspicion de lien avec le gluten, bilan médical non encore réalisé | Sécuriser la démarche diagnostique avant toute éviction | Orientation médicale prioritaire pour sérologie de la maladie cœliaque avant tout changement alimentaire |
| Antécédents familiaux de maladie cœliaque avec symptômes évocateurs | Ne pas confondre risque familial et SGNC | Orientation vers un dépistage sérologique ciblé plutôt qu'une éviction empirique |
| Terrain de SII déjà diagnostiqué avec suspicion de composante gluten | Distinguer la piste FODMAP de la piste gluten proprement dite | Orientation vers un essai structuré pauvre en FODMAPs en première intention |
Accompagnement naturopathique de soutien
Objectif : accompagner un protocole d'éviction et de réintroduction structuré chez une personne ayant exclu la maladie cœliaque et l'allergie au blé, afin d'identifier précisément le ou les composants en cause et d'éviter une éviction plus large que nécessaire.
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse approfondie, vérification de l'exclusion diagnostique préalable, mise en place d'un essai d'éviction structuré du gluten ou du blé sur 4 à 6 semaines.
- Séance 2 : évaluation de la réponse à l'éviction, introduction d'une réintroduction progressive et documentée (journal alimentaire et symptomatique) pour distinguer gluten, ATI et FODMAPs.
- Séance 3 : synthèse des observations, définition du seuil de tolérance individuel, travail sur le volet psycho-émotionnel du rapport au gluten si composante anxieuse identifiée.
- Séances suivantes : consolidation d'une alimentation aussi peu restrictive que possible compte tenu du seuil de tolérance identifié, suivi de la diversité alimentaire.
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Symptomatologie nettement améliorée par l'éviction du gluten pur mais persistant avec certains produits transformés | Orienter vers la piste des FODMAPs ou des ATI plutôt que le gluten seul | Test de réintroduction ciblé (gluten pur type seitan versus blé complet), orientation vers un régime pauvre en FODMAPs si pertinent |
| Chevauchement marqué avec un syndrome de l'intestin irritable | Traiter le terrain fonctionnel global plutôt que le seul gluten | Prise en charge conjointe selon le protocole SII, travail sur l'axe intestin-cerveau |
| Composante anxieuse et nocebo marquée autour du gluten | Réduire l'hypervigilance alimentaire sans nier le vécu symptomatique | Accompagnement psycho-émotionnel du rapport à l'alimentation, réintroduction progressive encadrée pour objectiver le seuil réel de tolérance |
| Éviction déjà étendue à de nombreux groupes alimentaires | Réduire la restriction à ce qui est réellement nécessaire | Travail de réintroduction progressive et structurée, soutien nutritionnel pour sécuriser la diversité alimentaire |
Boîte à outils
Priorité :
- Essai d'éviction structuré du gluten ou du blé sur 4 à 6 semaines, suivi d'une réintroduction progressive et documentée : identification précise du ou des déclencheurs réels
- Modalité : tenue d'un journal alimentaire et symptomatique tout au long du processus
- Alimentation variée s'appuyant sur des céréales et pseudo-céréales naturellement sans gluten (riz, sarrasin, quinoa, millet) pendant la phase d'éviction : maintien d'une alimentation équilibrée
- Modalité : diversification systématique pour éviter toute monotonie alimentaire
Options complémentaires :
- Test ciblé de tolérance au gluten pur (par exemple sous forme de seitan) versus blé complet, pour distinguer la piste du gluten de celle des ATI/FODMAPs
- Modalité : à réaliser un par un, à distance l'un de l'autre, en notant précisément les symptômes
Précautions : ne jamais initier cette démarche sans exclusion médicale préalable de la maladie cœliaque et de l'allergie au blé ; éviter toute généralisation de l'éviction à d'autres groupes alimentaires sans preuve individuelle claire du bénéfice.
Priorité :
- Aucune supplémentation spécifique n'est validée pour la SGNC elle-même en dehors du soutien du terrain digestif global sous-jacent
- Modalité : soutien selon le terrain identifié en bilan fonctionnel
Options complémentaires :
- Probiotiques ciblés en cas de dysbiose associée
- Modalité : selon souches documentées et contexte
Précautions : aucune spécificité propre supplémentaire.
Priorité :
- Accompagnement du rapport au gluten et de l'anxiété alimentaire éventuelle : réduction de la composante nocebo documentée dans cette entité
- Modalité : abordé en séance avec bienveillance, sans minimiser le vécu symptomatique réel de la personne
- Cohérence cardiaque
- Modalité : 3 fois 5 minutes par jour
Options complémentaires :
- Orientation vers un accompagnement psychologique en cas d'anxiété alimentaire marquée ou de restriction alimentaire progressivement étendue
Précautions : veiller à ne jamais psychologiser excessivement les symptômes rapportés au point de disqualifier le vécu de la personne ; l'existence d'une composante nocebo documentée dans la littérature n'invalide pas la réalité de la souffrance ressentie.
Priorité :
- Activité physique régulière : soutien général du bien-être digestif et de la gestion du stress
- Modalité : 30 minutes, 3 à 5 fois par semaine
Options complémentaires :
- Yoga ou pratiques douces en cas de composante anxieuse associée
- Modalité : 1 à 2 séances par semaine
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Naturopathique : suivi rapproché pendant la phase d'éviction/réintroduction (toutes les 2 à 4 semaines), puis espacement une fois le seuil de tolérance individuel identifié.
Conventionnel : médecin traitant ou gastro-entérologue pour l'exclusion diagnostique préalable de la maladie cœliaque et de l'allergie au blé, et pour toute réévaluation en cas de doute ultérieur.
Autre : diététicien pour l'encadrement du protocole d'éviction/réintroduction et la sécurisation nutritionnelle, psychologue en cas de composante anxieuse ou de restriction alimentaire progressivement étendue.
Priorité :
- Voir la Boîte à outils de la fiche SII en cas de chevauchement symptomatique marqué avec un syndrome de l'intestin irritable associé
Options complémentaires :
- Camomille matricaire en cas d'inconfort digestif résiduel
- Modalité : infusion après les repas
Précautions : aucune spécificité propre supplémentaire.
Priorité :
- Hydrolat de camomille romaine en cas d'inconfort digestif résiduel : apaisement doux
- Modalité : 1 cuillère à café diluée dans un verre d'eau, après les repas
Options complémentaires :
- Aucune spécificité propre supplémentaire
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Hydratation régulière : soutien digestif global
- Modalité : 1,5 L/jour, fractionné dans la journée
Options complémentaires :
- Aucune spécificité supplémentaire
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Tenue rigoureuse d'un journal alimentaire et symptomatique pendant toute la phase d'éviction/réintroduction : condition indispensable à l'identification fiable des déclencheurs réels
- Modalité : sur plusieurs semaines, aliments, quantités, horaires et symptômes associés
Options complémentaires :
- Régularité du sommeil, soutien général de la résilience digestive et émotionnelle
- Modalité : horaires fixes, 7 à 9 heures de sommeil
Précautions : veiller à limiter la durée du journal alimentaire dans le temps une fois les déclencheurs identifiés, pour éviter qu'il ne devienne lui-même source d'hypervigilance alimentaire chronique.
- Ne jamais initier de régime d'éviction du gluten avant l'exclusion médicale formelle de la maladie cœliaque, au risque de compromettre un diagnostic ultérieur
- Ne jamais présenter la SGNC comme équivalente en gravité ou en mécanisme à la maladie cœliaque
- Éviter toute généralisation de l'éviction à d'autres groupes alimentaires sans preuve individuelle claire du bénéfice
- Vigilance particulière chez toute personne avec tendance à la restriction alimentaire ou antécédent de trouble du comportement alimentaire, chez qui ce type de protocole doit être encadré avec prudence par un professionnel spécialisé
- Toute apparition secondaire de signes évocateurs de maladie cœliaque impose une réévaluation médicale complète, y compris chez une personne déjà en éviction depuis un certain temps
Rappels
Composition du blé et de ses dérivés
- Le gluten est un ensemble de protéines de réserve du grain (prolamines et gluténines), responsable des propriétés viscoélastiques de la pâte
- Les inhibiteurs de l'amylase-trypsine (ATI) sont des protéines de défense naturelle de la plante contre les insectes, représentant 2 à 4 % des protéines du blé, résistantes à la digestion humaine
- Les fructanes, glucides de réserve appartenant à la famille des FODMAPs, sont présents en quantité importante dans le blé, l'orge et le seigle
Immunité innée et récepteurs TLR
- Les récepteurs Toll-like (TLR), dont TLR4, sont des récepteurs de l'immunité innée reconnaissant des motifs moléculaires associés à des pathogènes ou à certaines molécules alimentaires (dont les ATI), capables de déclencher une réponse inflammatoire locale indépendante de l'immunité adaptative spécifique
Effet nocebo
- Phénomène psychophysiologique par lequel l'attente négative d'un effet indésirable peut suffire à en provoquer l'apparition, symétrique de l'effet placebo, bien documenté dans les essais cliniques concernant le gluten
Amont :
- Dysbiose intestinale préexistante
- Hyperperméabilité intestinale
- Syndrome de l'intestin irritable préexistant, avec lequel la SGNC partage probablement une part importante de son mécanisme
- Terrain anxieux ou attentes fortes autour du gluten
Aval :
- Retentissement nutritionnel en cas d'éviction progressivement étendue et non structurée, avec risque d'appauvrissement alimentaire
- Retentissement psychologique et social lié à la restriction alimentaire perçue comme nécessaire, avec risque d'anxiété alimentaire chronique si le protocole n'est pas encadré
- Chevauchement fonctionnel avec le syndrome de l'intestin irritable, les deux entités s'entretenant potentiellement l'une l'autre sur le plan de l'hypersensibilité viscérale
Niveaux de preuves
- ⭐⭐⭐ Nécessité d'exclure formellement la maladie cœliaque et l'allergie au blé avant de retenir le diagnostic de SGNC
- ⭐⭐⭐ Existence démontrée d'un effet nocebo significatif dans les essais randomisés en double aveugle concernant le gluten
- ⭐⭐ Rôle des FODMAPs (fructanes du blé) dans une part substantielle des symptômes attribués au gluten
- ⭐⭐ Rôle potentiel des inhibiteurs de l'amylase-trypsine (ATI) dans l'activation de l'immunité innée intestinale
- ⭐⭐ Chevauchement clinique et probablement physiopathologique important entre SGNC et syndrome de l'intestin irritable
- ⭐ Existence d'une entité clinique spécifiquement et uniquement liée au gluten (indépendamment des ATI et des FODMAPs), statut scientifique encore débattu et non consensuel
- ⭐ Critères de Salerne comme méthodologie de référence pour un diagnostic rigoureux, rarement appliqués en pratique clinique courante du fait de leur lourdeur
Sources
- Catassi C. et al., Diagnostic de la sensibilité au gluten non cœliaque (NCGS) : les critères des experts de Salerne, Nutrients, 2015
- Shiha M.G., Raju S.A., Penny H.A., Sanders D.S., Sensibilité au gluten non cœliaque : de Salerne à Rome, The Lancet Gastroenterology & Hepatology, 2024
- An C., Yang J., Pinto-Sanchez M.I., Verdu E.F., Lebwohl B., Green P.H., Alaedini A., Déclencheurs moléculaires de la sensibilité au blé non cœliaque : revue et analyses exploratoires, American Journal of Gastroenterology, 2025
- Société Française de Nutrition (SFN), Sensibilité non cœliaque au gluten : une revue fait le point, 2026
- Dr. Schär Institute, Pathogenèse de la sensibilité au gluten et Définition et distinction clinique, 2025-2026
- Association Canadienne de la Maladie Cœliaque (celiac.ca) et AFDIAG, ressources sur la sensibilité au gluten non cœliaque
