
Infection à HPV / Dysplasie du col utérin
26 août 2026
Reflux gastro-œsophagien (RGO)
26 août 2026Prostatite
Inflammation de la prostate, dont la forme la plus fréquente en cabinet (plus de 90 % des cas) est la prostatite chronique/syndrome douloureux pelvien chronique (catégorie III), non infectieuse dans sa forme majoritaire, à distinguer absolument de la prostatite bactérienne aiguë (urgence infectieuse) et de la prostatite bactérienne chronique (plus rare). Touche des hommes de tout âge, contrairement à l'hypertrophie bénigne de prostate qui concerne l'homme vieillissant. L'enjeu principal est la distinction précise de la forme en cause dès le premier entretien, car la prise en charge et le pronostic diffèrent radicalement, la forme chronique non bactérienne relevant d'une approche multimodale proche de celle de la cystite interstitielle (voir fiche dédiée) plutôt que d'une antibiothérapie répétée souvent inutile et délétère.
En quelques mots
- Une prostatite bactérienne aiguë (fièvre, frissons, douleur pelvienne intense, parfois rétention urinaire) est une urgence médicale : orienter immédiatement, sans délai, vers une prise en charge médicale.
- La forme la plus fréquente, la prostatite chronique/syndrome douloureux pelvien chronique, n'est pas infectieuse dans la grande majorité des cas : vérifier systématiquement qu'un bilan a bien éliminé une cause bactérienne (ECBU, spermoculture) avant d'accepter le terme « prostatite » comme diagnostic définitif, la confusion étant fréquente et conduisant à des antibiothérapies répétées inutiles.
- Cette pathologie a un retentissement psychologique et sur la sexualité souvent majeur et sous-exprimé par les hommes (douleur, troubles de l'érection ou de l'éjaculation associés, anxiété de performance) : accueillir ce vécu avec autant d'attention que la composante physique.
- Rechercher systématiquement une composante d'hypertonie du plancher pelvien, très fréquemment associée et souvent le levier thérapeutique le plus impactant, encore trop peu proposé en première intention par la médecine généraliste.
- Ne jamais promettre une guérison rapide dans la forme chronique non bactérienne : comme pour la cystite interstitielle, l'objectif réaliste est la réduction de l'intensité et de la fréquence des symptômes et l'amélioration de la qualité de vie, dans une approche patiente et multimodale.
- Distinguer et orienter selon la forme de prostatite en cause (aiguë bactérienne, chronique bactérienne, chronique non bactérienne/syndrome douloureux pelvien)
- Réduire l'inflammation pelvienne et soutenir la fonction prostatique
- Accompagner le relâchement du plancher pelvien, souvent hypertonique dans la forme chronique
- Réduire la sensibilisation du système nerveux à la douleur pelvienne chronique
- Accompagner le retentissement psycho-émotionnel et sexuel, souvent majeur et peu verbalisé

Diagnostic
- Hypertrophie bénigne de la prostate (touche l'homme plus âgé, symptomatologie principalement obstructive sans douleur au premier plan)
- Cystite/infection urinaire simple sans atteinte prostatique
- Cystite interstitielle (chez l'homme, tableau parfois très proche du syndrome douloureux pelvien chronique catégorie III — voir fiche dédiée)
- Syndrome du côlon irritable ou pathologie ano-rectale (hémorroïdes, fissure) pouvant mimer une douleur périnéale
- Cancer de la prostate (à éliminer notamment devant une élévation persistante du PSA, sans lien direct de causalité avec la prostatite elle-même mais à ne jamais négliger dans le bilan différentiel selon l'âge et les facteurs de risque)
- Névralgie pudendale (cause neurologique de douleur pelvienne chronique, diagnostic différentiel à évoquer en cas de douleur positionnelle typique)
- Douleur pelvienne, périnéale, sus-pubienne, parfois testiculaire ou pénienne, souvent aggravée par la position assise prolongée
- Troubles urinaires : pollakiurie, urgenturie, dysurie, sensation de vidange incomplète
- Troubles sexuels : douleur à l'éjaculation, dysfonction érectile, baisse de la libido (fréquemment associés dans la forme chronique)
- Dans la forme aiguë bactérienne : fièvre élevée, frissons, altération de l'état général, douleur pelvienne intense, toucher rectal très douloureux (prostate augmentée de volume, chaude, très sensible), parfois rétention urinaire aiguë associée
- Dans la forme chronique : évolution par poussées sur plusieurs mois à années, retentissement cumulatif sur la qualité de vie
- Anxiété et retentissement psychologique fréquemment associés, notamment liés à l'incertitude diagnostique et à l'impact sur la sexualité
Évolution favorable : la prostatite bactérienne aiguë guérit généralement sans séquelle sous antibiothérapie adaptée et précoce ; dans la forme chronique non bactérienne, une approche multimodale bien conduite (rééducation périnéale, gestion du stress, mesures alimentaires) permet une amélioration significative de la qualité de vie chez une majorité de patients, même si les symptômes peuvent persister de façon fluctuante.
Évolution défavorable : en l'absence de traitement rapide, la prostatite bactérienne aiguë peut se compliquer d'un abcès prostatique ou évoluer vers une prostatite bactérienne chronique ; dans la forme chronique non bactérienne, retentissement cumulatif majeur sur la qualité de vie, la sexualité et la santé psychologique (association démontrée avec un risque accru de syndrome dépressif et anxieux), avec un risque de sensibilisation centrale croissante en l'absence de prise en charge adaptée. Signes imposant une consultation en urgence : fièvre associée aux symptômes pelviens, rétention urinaire aiguë, altération marquée de l'état général.
- Prostatite bactérienne aiguë/chronique : infection ascendante par des germes urinaires (E. coli le plus souvent), parfois favorisée par une sonde urinaire, une manipulation urologique récente, ou une infection sexuellement transmissible
- Prostatite chronique/syndrome douloureux pelvien chronique (forme majoritaire) : origine multifactorielle encore incomplètement comprise, associant dysfonction du plancher pelvien (hypertonie musculaire), sensibilisation nerveuse locale et centrale, possible composante inflammatoire auto-immune ou post-infectieuse résiduelle, facteurs psychologiques (stress, anxiété) jouant un rôle d'entretien reconnu
- Position assise prolongée régulière (profession sédentaire, cyclisme intensif)
- Antécédents d'infection urinaire ou de manipulation urologique
- Stress chronique et tensions musculaires pelviennes
- Position assise prolongée sans pause
- Cyclisme intensif régulier (compression périnéale directe)
- Stress chronique et anxiété (majorent la tension du plancher pelvien et la sensibilisation à la douleur)
- Consommation d'alcool, de caféine et d'épices en excès (rapportés par de nombreux patients comme facteurs déclenchants individuels, à confirmer au cas par cas)
- Sédentarité
- Rétention volontaire prolongée des mictions
Physiopathologie
- Mécanisme de la prostatite bactérienne (catégories I et II)
- Colonisation ascendante de la prostate par des germes urinaires (le plus souvent E. coli, parfois par voie hématogène ou lymphatique, ou lors de manipulations urologiques)
- → infiltration bactérienne du tissu prostatique → réaction inflammatoire aiguë intense (forme I) avec œdème et douleur marquée, ou persistance d'un foyer bactérien mal éradiqué au sein des canaux prostatiques, mal pénétrés par certains antibiotiques, expliquant le caractère chronique et récidivant de la forme II
- Mécanisme de la prostatite chronique/syndrome douloureux pelvien chronique (catégorie III, forme majoritaire)
- Hypothèse d'un événement déclencheur initial (infection résolue mais laissant une inflammation résiduelle, traumatisme périnéal, épisode de rétention urinaire) suivi d'une évolution vers une douleur chronique indépendante de tout foyer infectieux persistant
- Développement d'une hypertonie réflexe et défensive du plancher pelvien en réponse à la douleur initiale → cette hypertonie devient elle-même une source de douleur (myalgies pelviennes, compression des structures nerveuses locales) et peut perturber la fonction urinaire et sexuelle
- Sensibilisation des fibres nerveuses locales puis centrale, similaire au mécanisme décrit dans la cystite interstitielle, expliquant la persistance de la douleur en l'absence de tout foyer inflammatoire prostatique objectivable dans de nombreux cas (sous-catégorie III-B)
- Composante psychologique bidirectionnelle : le stress et l'anxiété majorent la tension musculaire pelvienne et la perception douloureuse, tandis que la douleur chronique elle-même génère anxiété et retentissement sur l'humeur, créant un cercle vicieux entretenu
- Impact sur la fonction sexuelle
- L'inflammation et/ou l'hypertonie pelvienne peuvent directement affecter la fonction érectile (via l'impact sur la vascularisation et l'innervation locale) et provoquer une douleur à l'éjaculation (contraction douloureuse des muscles périnéaux et prostatiques lors de l'éjaculation)
- Cet impact génère à son tour une anxiété de performance, qui peut elle-même aggraver secondairement les troubles sexuels, indépendamment du mécanisme organique initial
→ dans la forme chronique, développement d'une hypertonie réflexe du plancher pelvien en réponse à la douleur
→ cette hypertonie devient elle-même source de douleur supplémentaire et de perturbation de la fonction urinaire/sexuelle
→ sensibilisation progressive des fibres nerveuses locales puis du système nerveux central
→ douleur pelvienne chronique auto-entretenue, avec impact fréquent sur la sexualité (dysfonction érectile, douleur à l'éjaculation)
→ retentissement psycho-émotionnel cumulatif (anxiété, parfois syndrome dépressif), pouvant lui-même entretenir la tension pelvienne et la perception douloureuse dans un cercle vicieux à interrompre par une approche multimodale plutôt que par une antibiothérapie répétée inefficace dans cette forme.
Accompagnement allopathique
Objectif : prévenir les récidives dans la forme bactérienne chronique
Traitement : traitement précoce et complet de toute infection urinaire, prise en charge des facteurs de risque urologiques identifiés (anomalie anatomique, résidu post-mictionnel)
Objectif : traiter l'infection dans les formes bactériennes, soulager les symptômes dans la forme chronique non bactérienne
Traitement : antibiothérapie prolongée (plusieurs semaines, du fait de la mauvaise pénétration antibiotique dans le tissu prostatique) pour les catégories I et II, avec hospitalisation possible en cas de forme aiguë sévère ; pour la catégorie III (majoritaire), approche multimodale associant alpha-bloquants (pour la composante urinaire), anti-inflammatoires, antalgiques, rééducation périnéale spécifique (souvent l'intervention la plus efficace), et parfois prise en charge psychologique/sexologique en cas de retentissement marqué ; l'antibiothérapie n'est pas recommandée en première intention dans la catégorie III en l'absence de documentation infectieuse
Évaluation fonctionnelle du terrain
- Depuis combien de temps évoluent ces symptômes, et quel diagnostic précis vous a été donné (catégorie de prostatite si connue) ?
- Un ECBU et/ou une spermoculture ont-ils été réalisés ? Étaient-ils positifs ou négatifs ?
- Avez-vous eu de la fièvre lors des épisodes, ou uniquement une douleur sans fièvre ?
- Où se situe précisément votre douleur, et qu'est-ce qui l'aggrave ou la soulage (position assise notamment) ?
- Avez-vous des troubles urinaires associés (fréquence, urgence, difficulté à uriner) ?
- Avez-vous des troubles sexuels associés (douleur à l'éjaculation, troubles de l'érection) ?
- Avez-vous déjà bénéficié d'une évaluation ou d'une rééducation du plancher pelvien ?
- Quelle est votre activité professionnelle (position assise prolongée) et pratiquez-vous le cyclisme régulièrement ?
- Comment évaluez-vous votre niveau de stress actuel, et pensez-vous qu'il influence vos symptômes ?
- Comment cette situation retentit-elle sur votre vie quotidienne, professionnelle et intime ?
- Quels traitements avez-vous déjà reçus (antibiotiques, combien de cures, alpha-bloquants), et avec quel résultat ?
Bilans conventionnels (à faire prescrire/vérifier avec le médecin traitant/urologue)
- ECBU et spermoculture pour distinguer les formes bactériennes de la forme chronique non bactérienne
- Toucher rectal
- Dosage du PSA (à interpréter avec prudence en contexte inflammatoire)
- Échographie prostatique si indiquée
Bilans fonctionnels (Laboratoire Barbier/BIOAVENIR, LIMS, Synlab)
- Statut en zinc, sélénium et antioxydants (rôle dans la fonction prostatique et la protection contre l'inflammation)
- Bilan de stress oxydatif et inflammation à bas bruit
- Cortisol salivaire sur la journée si suspicion de stress chronique marqué contribuant à l'hypertonie pelvienne
Accompagnement naturopathique
Accompagnement naturopathique préventif
Objectif : s'adresser aux hommes avec un terrain à risque (station assise prolongée, cyclisme intensif, antécédent d'infection urinaire) sans prostatite diagnostiquée, afin de prévenir l'installation de symptômes chroniques
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse du mode de vie et des facteurs de risque, conseils posturaux et de pauses actives, introduction d'une micronutrition de soutien prostatique (zinc, sélénium)
- Séance 2 (1 à 2 mois plus tard) : renforcement selon l'évolution, introduction de la gestion du stress si terrain anxieux identifié
- Séance 3 (si besoin) : consolidation des mesures posturales et d'activité physique adaptée
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Cyclisme intensif régulier, sans symptôme actuel | Prévenir la compression périnéale chronique | Selle ergonomique, pauses régulières, sensibilisation aux premiers signes d'alerte |
| Antécédent d'infection urinaire isolée, sans prostatite chronique installée | Prévenir l'évolution vers une forme chronique | Traitement complet et précoce de toute infection urinaire, surveillance |
| Profession très sédentaire avec position assise prolongée, sans symptôme | Réduire la compression périnéale chronique avant l'installation de symptômes | Coussin ergonomique, pauses actives régulières |
Accompagnement naturopathique de soutien
Objectif : accompagner un homme avec prostatite chronique/syndrome douloureux pelvien chronique diagnostiqué (catégorie III), en soutien du parcours médical, pour réduire la douleur et améliorer la qualité de vie globale
Protocole :
- Séance 1 : bilan complet du diagnostic et du parcours médical (bilans réalisés, traitements essayés), vérification qu'une évaluation du plancher pelvien a été proposée, mise en place immédiate de la micronutrition ciblée et des mesures posturales
- Séance 2 (1 à 2 mois plus tard) : évaluation de l'évolution, orientation prioritaire vers une rééducation périnéale si non encore réalisée, renforcement de la gestion du stress et de la sensibilisation à la douleur
- Séance 3 : consolidation, accompagnement du retentissement psycho-émotionnel et sexuel, mise en place d'une routine de gestion des poussées
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Prostatite chronique avec hypertonie du plancher pelvien confirmée | Relâcher la tension musculaire pelvienne | Orientation prioritaire vers kinésithérapeute périnéal spécialisé, respiration diaphragmatique, étirements doux du bassin et des ischio-jambiers |
| Prostatite chronique avec forte composante anxieuse et retentissement sexuel | Réduire la sensibilisation à la douleur et l'anxiété de performance | Cohérence cardiaque, sophrologie, orientation vers sexologue si besoin, communication avec la/le partenaire |
| Prostatite bactérienne chronique documentée (catégorie II) | Soutenir l'éradication bactérienne en coordination avec le traitement | Micronutrition immunitaire (zinc, vitamine C), hydratation, coordination stricte avec l'antibiothérapie prolongée prescrite |
| Prostatite chronique aggravée par la position assise prolongée (profession sédentaire) | Réduire la compression périnéale chronique | Coussin ergonomique évitant l'appui direct sur le périnée, pauses actives régulières, réduction du cyclisme intensif si pratiqué |
Boîte à outils
Priorité :
- Aliments riches en zinc (huîtres, graines de courge, légumineuses) : rôle reconnu dans la fonction prostatique
- Modalité : en routine quotidienne
- Tomates cuites riches en lycopène : antioxydant caroténoïde concentré dans le tissu prostatique
- Modalité : en routine quotidienne
Options complémentaires :
- Réduction de l'alcool, de la caféine et des épices fortes si rapportés comme déclencheurs individuels
- Modalité : à tester via un journal alimentaire
Précautions : éviction alimentaire à individualiser selon le ressenti du patient plutôt que d'imposer une éviction généralisée sans preuve individuelle de déclenchement
Priorité :
- Zinc : concentré naturellement dans le tissu prostatique, rôle dans la fonction immunitaire et antioxydante locale
- Modalité : 15 à 25 mg/jour, cure de 2 à 3 mois
- Sélénium : antioxydant, cofacteur de la glutathion peroxydase
- Modalité : 100 à 200 µg/jour, sans dépasser les doses maximales recommandées
Options complémentaires :
- Extrait de pollen de seigle (Cernilton) ou de courge : plusieurs essais suggèrent un bénéfice sur les symptômes du syndrome douloureux pelvien chronique
- Modalité : selon formulation standardisée, cure de plusieurs mois
- Quercétine : flavonoïde anti-inflammatoire, plusieurs essais suggérant un bénéfice symptomatique dans la catégorie III
- Modalité : 500 mg, 2 fois/jour, cure de plusieurs semaines
Précautions : sélénium à ne pas dépasser les doses maximales recommandées ; toute supplémentation reste un soutien du terrain, en coordination avec le suivi urologique
Priorité :
- Cohérence cardiaque et respiration diaphragmatique : réduction de la tension du plancher pelvien et de la sensibilisation centrale à la douleur
- Modalité : 3 fois/jour, 5-10 minutes
- Accueil du retentissement psychologique et sexuel, souvent peu verbalisé spontanément par les hommes
- Modalité : partie intégrante du suivi
Options complémentaires :
- Sophrologie ou thérapies à médiation corporelle adaptées à la douleur chronique pelvienne
- Modalité : selon disponibilité
Précautions : orienter vers un accompagnement psychologique ou sexologique spécialisé si le retentissement est marqué
Priorité :
- Activité physique douce et régulière évitant la compression périnéale directe (marche, natation) : soutien de la circulation pelvienne et de la gestion du stress
- Modalité : 30 minutes, 3 à 4 fois/semaine
Options complémentaires :
- Étirements ciblés du psoas, des adducteurs et des ischio-jambiers, souvent tendus en cas d'hypertonie pelvienne associée
- Modalité : régulièrement, en particulier en cas d'hypertonie identifiée
Précautions : réduire ou adapter le cyclisme intensif en cas de compression périnéale identifiée comme facteur aggravant (selle ergonomique, pauses fréquentes)
Naturopathique : réévaluation tous les 1 à 2 mois, avec ajustement continu selon l'évolution
Conventionnel : suivi urologique régulier, en particulier pour ajuster la stratégie thérapeutique de la catégorie III dans la durée ; orientation en urgence en cas de fièvre ou de rétention urinaire aiguë
Autre : kinésithérapeute périnéal (souvent central et sous-utilisé dans cette pathologie), sexologue en cas de retentissement sur la vie intime, psychologue spécialisé en douleur chronique
Priorité :
- Palmier nain (Serenoa repens) : traditionnellement utilisé pour le confort prostatique, données plus solides dans l'hypertrophie bénigne de prostate que dans la prostatite chronique proprement dite, mais souvent proposé en soutien général
- Modalité : extrait standardisé, cure de plusieurs mois
Options complémentaires :
- Ortie (racine) : traditionnellement associée au palmier nain pour le confort urinaire prostatique
- Modalité : extrait sec ou infusion, cure de plusieurs semaines
Précautions : palmier nain globalement bien toléré, prudence en cas de traitement anticoagulant (effet antiagrégant plaquettaire léger rapporté dans de rares cas)
Priorité :
- Peu d'indication spécifique et validée pour cette pathologie ; hydrolat de romarin à verbénone en soutien général, usage interne alimentaire possible
- Modalité : selon tolérance individuelle
Options complémentaires : aucune spécificité supplémentaire
Précautions : aucune huile essentielle en application locale pelvienne/génitale ne doit être proposée sans encadrement spécifique
Priorité :
- Bain chaud (siège) ou bouillotte périnéale : effet antalgique par relâchement musculaire local, largement rapporté comme utile par les patients
- Modalité : 15-20 minutes, plusieurs fois/semaine selon besoin, en dehors de toute poussée fébrile
Options complémentaires : aucune spécificité supplémentaire
Précautions : à éviter en cas de fièvre associée (orientation médicale prioritaire dans ce cas)
Priorité :
- Éviter la position assise prolongée sans pause, utiliser un coussin ergonomique évitant l'appui direct sur le périnée
- Modalité : à intégrer en routine quotidienne, en particulier pour les professions sédentaires
- Sommeil suffisant et régulier
- Modalité : horaires stables
Options complémentaires :
- Éviter la rétention volontaire prolongée des mictions
- Modalité : au quotidien
Précautions : aucune
- Palmier nain : prudence en cas de traitement anticoagulant
- Aucune huile essentielle en application locale génitale/pelvienne sans encadrement spécifique
- Toute supplémentation à coordonner avec le traitement urologique en cours, notamment en cas d'antibiothérapie prolongée pour une forme bactérienne
- Rappel systématique : ne jamais utiliser d'antibiothérapie ou de plante à visée « antibactérienne » en automédication pour une prostatite non documentée bactériologiquement
Rappels
Anatomie et rôle du zinc prostatique
- La prostate est une glande exocrine située sous la vessie, entourant l'urètre, dont la sécrétion contribue au volume et à la composition du liquide séminal (notamment via le zinc et le citrate qu'elle sécrète en grande quantité)
- Le zinc est concentré dans le tissu prostatique à des niveaux très supérieurs à ceux du reste de l'organisme, jouant un rôle antioxydant et immunomodulateur local reconnu, bien que le lien direct entre la prévention de la prostatite reste encore débattu
Plancher pelvien et fonctions associées
- Le plancher pelvien est un ensemble musculaire complexe soutenant la vessie, la prostate et le rectum, impliqué à la fois dans la continence urinaire, la fonction sexuelle (érection, éjaculation) et la statique pelvienne ; son hypertonie chronique, souvent réactionnelle à une douleur initiale, devient une source de douleur autonome et peut perturber ces trois fonctions simultanément
Classification et sensibilisation centrale
- La classification NIH des prostatites, établie en 1999, structure la prise en charge en distinguant les formes infectieuses (catégories I et II) de la forme majoritaire non infectieuse (catégorie III), évitant ainsi le recours systématique et souvent inutile à l'antibiothérapie dans cette dernière
- Comme pour la cystite interstitielle, la sensibilisation centrale est un mécanisme de plasticité neuronale par lequel le système nerveux central amplifie et pérennise un signal douloureux pelvien, indépendamment du stimulus périphérique initial, expliquant en partie la fréquente coexistence de ces deux syndromes douloureux pelviens chroniques (voir fiche Cystite interstitielle)
Amont :
- Événement infectieux initial (même résolu) : peut laisser une inflammation résiduelle déclenchante
- Traumatisme périnéal ou position assise prolongée chronique : facteur mécanique contribuant
- Terrain de stress/anxiété préexistant : favorise l'hypertonie du plancher pelvien
Aval :
- Fonction sexuelle : dysfonction érectile, douleur à l'éjaculation, baisse de la libido
- Estime de soi, relation de couple et santé psychologique globale : association démontrée avec un risque accru d'anxiété et de syndrome dépressif
- Qualité du sommeil (pollakiurie nocturne) et vie sociale et professionnelle au quotidien
Niveaux de preuves
- ⭐⭐⭐ Prédominance de la forme chronique non bactérienne (catégorie III) parmi l'ensemble des prostatites, avec absence d'indication à l'antibiothérapie en première intention dans cette forme
- ⭐⭐⭐ Nécessité d'une prise en charge médicale urgente devant une prostatite bactérienne aiguë fébrile
- ⭐⭐ Efficacité de la rééducation du plancher pelvien sur la réduction de la douleur dans le syndrome douloureux pelvien chronique
- ⭐⭐ Bénéfice de la quercétine et des extraits de pollen (Cernilton) sur la réduction des symptômes dans plusieurs essais contrôlés
- ⭐⭐ Rôle de la sensibilisation centrale dans la chronicisation de la douleur pelvienne, mécanisme partagé avec la cystite interstitielle
- ⭐⭐ Association entre prostatite chronique et retentissement significatif sur la santé psychologique (anxiété, syndrome dépressif)
- ⭐ Usage traditionnel du palmier nain et de l'ortie en soutien du confort prostatique, données plus robustes dans l'hypertrophie bénigne de prostate que dans la prostatite chronique proprement dite
- ⭐ Bénéfice rapporté de la chaleur locale (bain de siège, bouillotte) sur le soulagement symptomatique, données principalement empiriques
Sources
- European Association of Urology (EAU) — Guidelines on Chronic Pelvic Pain / Urological Infections
- National Institutes of Health (NIH) — Classification des prostatites (NIH Consensus Classification, 1999)
- American Urological Association (AUA) — recommandations sur la prise en charge du syndrome douloureux pelvien chronique
- Association Française d'Urologie (AFU) — recommandations sur les prostatites
- Cochrane Database of Systematic Reviews — revues sur les traitements du syndrome douloureux pelvien chronique masculin
- PubMed — revues sur la physiopathologie de la sensibilisation centrale et le rôle du plancher pelvien dans la prostatite chronique
