
Prostatite
26 août 2026
Gastrite (aiguë/chronique)
26 août 2026Reflux gastro-œsophagien (RGO)
Remontée pathologique, répétée et symptomatique du contenu gastrique acide dans l'œsophage, liée à un défaut de fonctionnement du sphincter œsophagien inférieur et/ou à une hyperpression abdominale. Touche environ 10 % de la population générale, tous âges confondus, avec une prévalence accrue en cas de surpoids, de grossesse ou de hernie hiatale associée. L'enjeu principal de l'accompagnement est de réduire durablement les épisodes de reflux par le terrain (poids, posture, alimentation, stress) plutôt que de s'appuyer indéfiniment sur les IPP, dont la HAS recommande un usage limité dans le temps et régulièrement réévalué.
En quelques mots
- Toujours vérifier la durée de prise des IPP en cours : au-delà de 8 semaines sans réévaluation médicale, c'est un mésusage fréquent à signaler et à faire réévaluer par le prescripteur, jamais à interrompre soi-même en autonomie.
- Rechercher systématiquement des signes d'alarme (dysphagie, amaigrissement, anémie, hémorragie digestive, âge de survenue après 50 ans) : ils imposent une orientation endoscopique et ne relèvent pas de l'accompagnement fonctionnel seul.
- Distinguer RGO occasionnel bénin et RGO pathologique répété avec retentissement (œsophagite, endobrachyœsophage) : le second nécessite un suivi médical structuré en parallèle de l'accompagnement.
- Explorer systématiquement la sphère posturale et pondérale (surpoids abdominal, ceinture serrée, position allongée post-prandiale) : facteurs mécaniques souvent négligés en anamnèse rapide.
- Ne pas négliger les manifestations atypiques (toux chronique, enrouement, otalgies réflexes, asthme nocturne) pouvant révéler un RGO silencieux sans brûlure typique.
- Réduire la fréquence et l'intensité des épisodes de reflux
- Soutenir le tonus du sphincter œsophagien inférieur
- Réduire la pression abdominale (poids, posture, contenance des repas)
- Accompagner la réduction progressive des IPP en coordination avec le médecin traitant, sans arrêt brutal
- Soutenir la muqueuse œsophagienne et gastrique
- Identifier et réduire les déclencheurs alimentaires et posturaux individuels

Diagnostic
- Diagnostic clinique en présence de symptômes typiques (pyrosis, régurgitations acides) sans signe d'alarme : la HAS recommande un traitement d'épreuve par IPP pendant 4 à 8 semaines, la réponse clinique confirmant le diagnostic.
- Endoscopie œso-gastro-duodénale (EOGD) indiquée en cas de signes d'alarme, d'âge supérieur à 50 ans, de symptômes atypiques isolés, ou de résistance/rechute précoce au traitement médical.
- pH-métrie œsophagienne des 24 heures : réservée aux cas de EOGD normale ou d'œsophagite de bas grade, réalisée à distance de l'arrêt des IPP (environ 7 jours), pour confirmer objectivement le reflux acide pathologique.
- En cas d'endobrachyœsophage diagnostiqué à l'endoscopie, surveillance endoscopique répétée tous les 3 à 5 ans (dépistage de la dysplasie).
- Gastrite (voir fiche dédiée)
- Ulcère gastro-duodénal (voir fiche dédiée)
- Hernie hiatale (voir fiche dédiée), souvent associée et aggravante plutôt que réellement différentielle
- Dyspepsie fonctionnelle (voir fiche dédiée)
- Œsophagite à éosinophiles (à évoquer en cas de dysphagie et de résistance au traitement IPP, notamment sur terrain atopique)
- Achalasie (à évoquer en cas de dysphagie progressive et de régurgitations d'aliments non digérés)
- Douleur d'origine cardiaque (angor), en particulier en cas de douleur thoracique atypique : à éliminer en urgence si doute
- Reflux biliaire (voir fiche dédiée), pouvant coexister ou mimer un RGO résistant aux IPP
- Pyrosis (brûlure rétrosternale ascendante), typiquement post-prandial et en décubitus
- Régurgitations acides, notamment nocturnes
- Douleur épigastrique
- Éructations
- Toux chronique, en particulier nocturne
- Enrouement, laryngite chronique
- Otalgies réflexes
- Asthme ou symptômes respiratoires aggravés, notamment nocturnes
- Érosions dentaires (exposition chronique à l'acidité)
- Troubles du sommeil liés aux symptômes nocturnes
- Signes souvent négligés en médecine conventionnelle : sensation de boule dans la gorge (globus), mauvaise haleine, aggravation nette après certains repas riches ou en cas de stress
Évolution favorable : amélioration symptomatique rapide (quelques jours à quelques semaines) sous traitement d'épreuve bien conduit, associée aux mesures hygiéno-diététiques ; stabilisation durable possible avec un travail sur le poids, la posture et l'alimentation, permettant souvent une réduction progressive de la dose ou de la fréquence des IPP.
Évolution défavorable : en l'absence de prise en charge, risque d'œsophagite érosive, de sténose peptique, d'endobrachyœsophage (métaplasie de Barrett, lésion précancéreuse) et, à long terme, d'adénocarcinome œsophagien dans une minorité de cas d'endobrachyœsophage non surveillé. Signes devant faire orienter en urgence vers une consultation médicale : dysphagie progressive, hémorragie digestive (hématémèse, méléna), amaigrissement inexpliqué, douleur thoracique atypique faisant évoquer une origine cardiaque.
- Hernie hiatale (voir fiche dédiée), facteur mécanique majeur
- Surpoids et obésité abdominale, augmentant la pression intra-abdominale
- Grossesse (voir fiche Troubles de la grossesse), par hyperpression abdominale et relaxation hormonale du sphincter
- Tabagisme, altérant le tonus du sphincter œsophagien inférieur
- Certains médicaments relaxant le sphincter (inhibiteurs calciques, dérivés nitrés, certains antidépresseurs)
- Hernie hiatale et anomalies anatomiques de la jonction œso-gastrique
- Retard de vidange gastrique (voir fiche Gastroparésie)
- Prédisposition individuelle liée au tonus basal du sphincter œsophagien inférieur
- Repas copieux, riches en graisses, épicés, ou pris tardivement le soir
- Décubitus post-prandial précoce
- Consommation d'alcool, de café, de menthe, de chocolat (relaxants du sphincter œsophagien inférieur)
- Tabagisme
- Vêtements ou ceintures serrés augmentant la pression abdominale
- Stress chronique, par son effet sur la motricité digestive et la perception des symptômes
- Prise de poids
- Position penchée en avant après les repas
Physiopathologie
- Défaillance de la barrière anti-reflux
- Relaxations transitoires inappropriées du sphincter œsophagien inférieur, mécanisme prédominant dans le RGO
- Hypotonie basale du sphincter dans les formes plus sévères
- Hernie hiatale associée, altérant l'angle de His et la pression de la jonction œso-gastrique (voir fiche dédiée)
- Facteurs mécaniques favorisants
- Hyperpression abdominale (surpoids, grossesse, vêtements serrés) → majoration du gradient de pression favorisant le passage du contenu gastrique vers l'œsophage
- Exposition acide de la muqueuse œsophagienne
- Contact répété du contenu gastrique acide (et parfois biliaire, voir fiche Reflux biliaire) avec une muqueuse œsophagienne non adaptée à ce pH
- → inflammation locale, œsophagite en cas d'exposition prolongée ou répétée
- Clairance œsophagienne insuffisante
- Diminution du péristaltisme œsophagien et de la clairance salivaire (effet tampon de la salive), notamment aggravée par le tabac et certains troubles de la motricité
- → prolongation du temps de contact acide-muqueuse
- Évolution tissulaire en cas d'exposition chronique
- Inflammation chronique → œsophagite érosive
- Processus de cicatrisation anormale pouvant conduire à une métaplasie glandulaire (endobrachyœsophage), lésion précancéreuse nécessitant surveillance
- Manifestations extra-digestives
- Micro-inhalations ou stimulation vagale réflexe par contact acide pharyngo-laryngé → toux chronique, laryngite, symptômes respiratoires
Défaillance de la barrière anti-reflux (relaxations transitoires du sphincter, hernie hiatale) → hyperpression abdominale favorisante (surpoids, grossesse, posture) → remontée du contenu gastrique acide dans l'œsophage → clairance œsophagienne insuffisante prolongeant le contact acide-muqueuse → inflammation de la muqueuse œsophagienne → œsophagite érosive en cas d'exposition répétée → métaplasie (endobrachyœsophage) en cas de chronicité non prise en charge → manifestations extra-digestives par réflexe vagal ou micro-inhalation
Accompagnement allopathique
Objectif : prévenir les récidives symptomatiques après cicatrisation d'une œsophagite et prévenir la progression vers un endobrachyœsophage chez les patients à risque.
Traitement : mesures hygiéno-diététiques en première intention (réduction pondérale, surélévation de la tête de lit, éviction des repas tardifs et des aliments déclencheurs), traitement d'entretien à dose minimale efficace d'IPP si nécessaire avec réévaluation régulière, surveillance endoscopique périodique en cas d'endobrachyœsophage connu.
Objectif : soulager les symptômes et cicatriser les lésions œsophagiennes en phase active.
Traitement : IPP en traitement d'épreuve pour une durée initiale de 4 à 8 semaines maximum selon la HAS, avec réévaluation systématique avant renouvellement ; alginates et antiacides (association alginate de sodium/bicarbonate) en soulagement symptomatique rapide, sans effet de fond ; potassium-competitive acid blockers (P-CAB) tels que le vonoprazan, molécule plus récente à action plus rapide et prolongée que les IPP, en cours de développement/évaluation selon les pays et l'accès au remboursement ; prise en charge chirurgicale (fundoplicature) en cas d'échec du traitement médical bien conduit ou de RGO sévère avec hernie hiatale volumineuse associée.
Évaluation fonctionnelle du terrain
- Depuis quand les symptômes sont-ils présents ? Sont-ils quotidiens, occasionnels, nocturnes ?
- Quels sont les IPP ou autres traitements en cours, depuis quand, et à quelle dose ?
- Une endoscopie a-t-elle déjà été réalisée ? Quels en étaient les résultats (œsophagite, hernie hiatale, endobrachyœsophage) ?
- Quels aliments ou situations déclenchent ou aggravent vos symptômes ?
- Quelle est votre corpulence actuelle et son évolution récente ?
- Avez-vous des symptômes atypiques (toux chronique, enrouement, sensation de boule dans la gorge) ?
- Comment sont structurés vos repas (horaires, quantité, rapidité de prise) ?
- Vous allongez-vous rapidement après les repas ?
- Fumez-vous ou consommez-vous de l'alcool régulièrement ?
- Comment évaluez-vous votre niveau de stress au quotidien ?
- Êtes-vous enceinte ou avez-vous un projet de grossesse (voir fiche Troubles de la grossesse) ?
- Avez-vous des signes d'alarme (difficulté à avaler, perte de poids, saignement) ?
Bilans conventionnels (à faire prescrire par le médecin traitant) :
- Endoscopie œso-gastro-duodénale selon indication
- pH-métrie œsophagienne des 24 heures selon indication
- NFS (recherche d'anémie en cas de saignement chronique occulte)
- Recherche d'Helicobacter pylori si contexte gastritique associé (voir fiche Gastrite)
Bilans fonctionnels (à prioriser en première intention selon la clinique, laboratoires Barbier/BIOAVENIR, LIMS, Synlab) :
- Bilan de la fonction digestive haute (recherche d'hypochlorhydrie associée, voir fiche dédiée, paradoxalement fréquente sur ce terrain)
- Analyse du microbiote intestinal en cas de troubles digestifs bas associés
- Bilan du statut en magnésium et en zinc, cofacteurs de la fonction du sphincter et de la cicatrisation muqueuse
- Bilan du stress oxydatif en cas d'œsophagite documentée
Accompagnement naturopathique
Accompagnement naturopathique préventif
Objectif : s'adresse aux personnes à risque (surpoids, hernie hiatale connue asymptomatique, grossesse, tabagisme) avant l'installation d'un RGO symptomatique répété ; but recherché : limiter les facteurs mécaniques et fonctionnels favorisants.
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse posturale, pondérale et alimentaire, premiers conseils d'hygiène de vie (horaires de repas, surélévation de la tête de lit, gestion du poids si pertinent).
- Séance 2 : renforcement des conseils alimentaires (réduction des déclencheurs identifiés), introduction d'une pratique de gestion du stress.
- Séance 3 : consolidation des routines, réévaluation clinique.
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Surpoids abdominal sans symptôme constitué | Réduire la pression intra-abdominale à titre préventif | Accompagnement pondéral progressif, structuration des repas, activité physique douce |
| Hernie hiatale connue et asymptomatique (voir fiche dédiée) | Prévenir le passage à un RGO symptomatique | Surveillance des facteurs posturaux et alimentaires, éviction des repas tardifs |
| Grossesse en cours sans symptôme actuel (voir fiche Troubles de la grossesse) | Anticiper l'apparition du RGO gravidique | Conseils posturaux et alimentaires anticipés, fractionnement des repas |
Accompagnement naturopathique de soutien
Objectif : réduire la fréquence et l'intensité des épisodes de reflux chez une personne symptomatique, en coordination avec le traitement médical en cours, et accompagner une éventuelle décroissance des IPP validée par le médecin.
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse complète, vérification du traitement en cours et du bilan endoscopique, mise en place des mesures posturales et alimentaires de base (fractionnement des repas, surélévation de la tête de lit, éviction des principaux déclencheurs).
- Séance 2 : introduction de la phytothérapie et de l'aromatologie apaisantes, micronutrition ciblée sur la cicatrisation muqueuse et le tonus du sphincter, accompagnement pondéral si pertinent.
- Séance 3 : travail sur le stress et la posture, réévaluation de l'évolution symptomatique, point avec le médecin traitant sur une éventuelle décroissance du traitement.
- Séances suivantes : suivi trimestriel de consolidation.
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| RGO nocturne prédominant avec réveils fréquents | Réduire l'exposition acide nocturne | Surélévation de la tête de lit, dernier repas au moins 3 heures avant le coucher, phytothérapie apaisante en soirée |
| RGO avec surpoids abdominal marqué | Réduire la pression mécanique | Accompagnement pondéral structuré, activité physique douce post-prandiale (marche), structuration des repas |
| Manifestations atypiques prédominantes (toux, enrouement) | Réduire le reflux silencieux et son retentissement ORL | Orientation médicale pour bilan ORL/pH-métrie, mesures posturales renforcées, aromatologie douce |
| RGO chez la femme enceinte (voir fiche Troubles de la grossesse) | Soulager sans médicamenteux systémique évitable | Alginates naturels, fractionnement des repas, posture, phytothérapie compatible grossesse validée par le médecin |
Boîte à outils
Priorité :
- Fractionnement des repas (portions plus petites, plus fréquentes) : réduction de la distension gastrique et de la pression sur le sphincter
- Modalité : 4 à 5 prises alimentaires modérées plutôt que 3 repas copieux
- Réduction des graisses cuites, plats épicés, chocolat, menthe, agrumes, tomate, café et alcool : réduction des relaxants connus du sphincter œsophagien inférieur et des irritants directs
- Modalité : éviction ciblée selon les déclencheurs individuels identifiés en anamnèse
- Dernier repas au moins 3 heures avant le coucher : réduction du reflux nocturne
- Modalité : à intégrer en routine systématique
Options complémentaires :
- Chou et jus de chou cru (à distance des repas) : soutien traditionnel de la muqueuse gastrique
- Modalité : en cure, à distance des repas, à tester selon tolérance individuelle
- Graines de lin ou gel d'aloe vera (jus stabilisé, sans aloïne) : effet apaisant mécanique sur la muqueuse
- Modalité : selon préparation, avant les repas
Précautions : pas de restriction alimentaire large et systématique sans identification préalable des déclencheurs individuels, l'éviction de tous les aliments classiquement incriminés sans personnalisation appauvrit inutilement l'alimentation.
Priorité :
- Magnésium (bisglycinate) : soutien du tonus musculaire lisse, y compris sphinctérien, et de la gestion du stress
- Modalité : 300 mg/jour, de préférence en fin de journée
- Zinc-carnosine : soutien de la cicatrisation de la muqueuse œso-gastrique
- Modalité : selon posologie du produit, cure de 4 à 8 semaines
Options complémentaires :
- Mélatonine : rôle documenté dans le tonus du sphincter œsophagien inférieur et la protection muqueuse
- Modalité : cure courte le soir, sous réserve d'absence de contre-indication et d'interaction médicamenteuse
- Vitamine D et B12 : à surveiller en cas de traitement IPP prolongé (malabsorption favorisée par l'hypochlorhydrie induite)
- Modalité : selon dosage, supplémentation adaptée
Précautions : vérifier les interactions entre mélatonine et traitements en cours ; en cas d'IPP au long cours, surveiller également le statut en fer et en magnésium, leur absorption pouvant être diminuée par la baisse d'acidité gastrique.
Priorité :
- Cohérence cardiaque, en particulier en fin de journée : réduction du stress et de son impact sur la motricité digestive
- Modalité : 3 fois 5 minutes par jour, une séance en soirée recommandée
Options complémentaires :
- Relaxation ou sophrologie : réduction de la tension abdominale et du stress chronique
- Modalité : séances hebdomadaires
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Marche légère après les repas (pas immédiatement) : soutien de la vidange gastrique sans hyperpression
- Modalité : 10 à 15 minutes, 20 à 30 minutes après le repas
Options complémentaires :
- Renforcement doux de la sangle abdominale profonde (à distance des poussées) : soutien postural global
- Modalité : 2 fois par semaine, hors exercices hyperpressifs
Précautions : éviter toute activité physique intense ou position penchée en avant/allongée dans les 2 heures suivant un repas ; proscrire les exercices abdominaux hyperpressifs classiques (crunchs) en cas de RGO actif.
Naturopathique : suivi mensuel en phase d'ajustement initial, puis trimestriel une fois les symptômes stabilisés.
Conventionnel : médecin traitant pour la prescription et la réévaluation régulière des IPP, gastro-entérologue en cas de signes d'alarme, de résistance au traitement ou d'endobrachyœsophage à surveiller, ORL en cas de manifestations atypiques prédominantes.
Autre : diététicien en cas de surpoids associé nécessitant un accompagnement structuré, ostéopathe en cas de composante posturale ou diaphragmatique marquée (en lien avec une hernie hiatale, voir fiche dédiée).
Priorité :
- Réglisse déglycyrrhizinée (DGL) : soutien de la muqueuse œso-gastrique, sans effet hypertenseur (forme déglycyrrhizinée)
- Modalité : à mâcher 20 minutes avant les repas, cure de plusieurs semaines
- Camomille matricaire : apaisement digestif doux
- Modalité : infusion après les repas
Options complémentaires :
- Guimauve (racine) : mucilage apaisant pour la muqueuse
- Modalité : macérat à froid, à distance des repas
Précautions : éviter la menthe poivrée (huile essentielle ou infusion concentrée) en cas de RGO, car elle relâche le sphincter œsophagien inférieur et peut aggraver les symptômes ; la réglisse non déglycyrrhizinée est contre-indiquée en cas d'hypertension artérielle.
Priorité :
- Hydrolat de camomille romaine : apaisement digestif doux, sans risque de relaxation sphinctérienne contrairement à la menthe
- Modalité : 1 cuillère à café diluée dans un verre d'eau, après les repas
Options complémentaires :
- Hydrolat de basilic exotique en cas de spasme associé
- Modalité : dilué dans un verre d'eau, ponctuellement
Précautions : proscrire toute huile essentielle ou hydrolat à base de menthe poivrée ou menthol, qui aggrave le reflux par relâchement sphinctérien.
Priorité :
- Hydratation fractionnée en dehors des repas plutôt qu'en grande quantité pendant les repas : réduction de la distension gastrique postprandiale
- Modalité : boire principalement entre les repas, petites gorgées pendant
Options complémentaires :
- Eau bicarbonatée en cas de pyrosis ponctuel : effet tampon rapide
- Modalité : ponctuellement, en dehors d'un usage systématique prolongé
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Surélévation de la tête de lit de 10 à 15 cm (cales sous les pieds du lit, pas seulement des oreillers supplémentaires) : réduction mécanique du reflux nocturne
- Modalité : à mettre en place systématiquement en cas de symptômes nocturnes
- Décubitus latéral gauche pour dormir : position associée à une moindre exposition acide œsophagienne
- Modalité : à privilégier au coucher
Options complémentaires :
- Vêtements amples au niveau abdominal : réduction de la pression mécanique
- Modalité : au quotidien
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
- Ne jamais suggérer l'arrêt ou la modification d'un traitement IPP sans avis du médecin prescripteur
- Menthe poivrée et menthol (toute forme) contre-indiqués en cas de RGO, quel que soit l'outil dans lequel ils sont utilisés
- Réglisse non déglycyrrhizinée contre-indiquée en cas d'hypertension artérielle
- Vigilance sur les carences en fer, magnésium, vitamine D et B12 en cas de traitement IPP prolongé (malabsorption liée à l'hypochlorhydrie induite)
- Exercices abdominaux hyperpressifs à éviter en phase symptomatique active
- Toute apparition de signe d'alarme (dysphagie, saignement, amaigrissement) impose une réorientation médicale immédiate
Rappels
Jonction œso-gastrique
- Le sphincter œsophagien inférieur est un anneau musculaire maintenant une zone de haute pression empêchant le reflux du contenu gastrique
- L'angle de His (angle aigu entre l'œsophage et le fundus gastrique) participe à cette fonction anti-reflux, en synergie avec le pilier diaphragmatique
- Des relaxations transitoires physiologiques du sphincter surviennent normalement (éructations), mais deviennent pathologiques lorsqu'elles sont trop fréquentes ou associées à un reflux acide
Sécrétion et acidité gastrique
- L'acide chlorhydrique est sécrété par les cellules pariétales gastriques, régulé par la gastrine, l'histamine et l'acétylcholine
- Le pH gastrique physiologique très acide (1,5 à 3,5) devient délétère pour la muqueuse œsophagienne, non protégée par le même type d'épithélium que l'estomac
Clairance œsophagienne
- Le péristaltisme œsophagien et la salive (effet tampon alcalin) permettent normalement d'évacuer rapidement tout reflux occasionnel ; leur altération prolonge le temps de contact acide-muqueuse
Amont :
- Hernie hiatale (voir fiche dédiée), facteur mécanique majeur
- Surpoids et syndrome métabolique
- Grossesse (voir fiche Troubles de la grossesse)
- Gastroparésie (voir fiche dédiée), par retard de vidange gastrique augmentant le volume et le temps de résidence du contenu gastrique
- Stress chronique, par son effet sur la motricité œso-gastrique
Aval :
- Retentissement ORL et respiratoire par micro-inhalations ou réflexe vagal (toux chronique, laryngite, asthme nocturne)
- Retentissement dentaire (érosions) par exposition chronique à l'acidité buccale lors des régurgitations
- Retentissement sur le sommeil en cas de symptômes nocturnes répétés, avec fatigue diurne secondaire
- Retentissement œsophagien à long terme (œsophagite, endobrachyœsophage, risque néoplasique dans les formes chroniques non surveillées)
- Retentissement digestif bas possible par l'usage prolongé d'IPP, qui modifie l'acidité gastrique et peut favoriser une dysbiose intestinale ou un SIBO (voir fiches dédiées)
Niveaux de preuves
- ⭐⭐⭐ Efficacité du traitement d'épreuve par IPP dans le diagnostic et le traitement du RGO
- ⭐⭐⭐ Rôle des relaxations transitoires du sphincter œsophagien inférieur et de la hernie hiatale dans la physiopathologie du RGO
- ⭐⭐⭐ Risque d'endobrachyœsophage et de complications néoplasiques en cas de RGO chronique non surveillé
- ⭐⭐⭐ Recommandation HAS de limiter la durée de prescription des IPP à 4-8 semaines avec réévaluation
- ⭐⭐ Efficacité de la surélévation de la tête de lit et du décubitus latéral gauche sur le reflux nocturne
- ⭐⭐ Effet aggravant de la menthe poivrée et du menthol sur le tonus du sphincter œsophagien inférieur
- ⭐⭐ Efficacité des alginates en soulagement symptomatique rapide
- ⭐⭐ Risque de carences (fer, magnésium, B12, vitamine D) en cas d'usage prolongé d'IPP
- ⭐ Usage traditionnel de la réglisse déglycyrrhizinée et de la guimauve en soutien de la muqueuse œso-gastrique
- ⭐ Usage du zinc-carnosine en soutien de la cicatrisation muqueuse
Sources
- Haute Autorité de Santé (HAS), Les IPP restent utiles mais doivent être moins et mieux prescrits, et Bon usage des inhibiteurs de la pompe à protons chez l'adulte
- Assurance Maladie (Ameli.fr), Diagnostic et traitement du reflux gastro-œsophagien de l'adulte
- Société Nationale Française de Gastro-Entérologie (SNFGE), Conseil de pratique — Reflux gastro-œsophagien
- Société Française d'Endoscopie Digestive (SFED), indications de l'endoscopie œso-gastro-duodénale pour reflux
- Rehman A.U. et al., Vonoprazan Therapy in Gastroesophageal Reflux Disease (GERD): Effects on the Severity and Frequency of GERD in Relation to Hiatus Hernia, Cureus, 2025
- Zerbib F., Berger A., Reflux gastro-œsophagien, AKOS Traité de médecine, Elsevier Masson
- ANSM, données de bon usage des IPP et des antiacides
