
Gastrite (aiguë/chronique)
26 août 2026
Infection à Helicobacter pylori
26 août 2026Ulcère gastro-duodénal
Perte de substance de la muqueuse gastrique ou duodénale atteignant la musculeuse muqueuse, résultant d'un déséquilibre entre facteurs agressifs (acide, pepsine, Helicobacter pylori, AINS) et facteurs protecteurs de la paroi digestive. Deux causes dominent très largement le tableau étiologique, à elles seules responsables d'environ 80 % des cas : l'infection à Helicobacter pylori (voir fiche dédiée) et la prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens. L'enjeu principal de l'accompagnement est la coordination stricte avec le traitement médical (éradication de H. pylori et/ou arrêt des AINS), le risque de complication hémorragique ou perforative restant une urgence vitale à connaître et à savoir reconnaître.
En quelques mots
- Toujours vérifier la cause identifiée (H. pylori, AINS, les deux, ou aucune des deux) : la prise en charge et le pronostic diffèrent radicalement selon l'étiologie, et un ulcère sans cause retrouvée impose une vigilance oncologique accrue (ulcère gastrique surtout).
- Rechercher systématiquement l'automédication en AINS ou aspirine, souvent sous-déclarée, y compris en vente libre (ibuprofène, aspirine à visée antalgique).
- Repérer les signes d'alarme imposant une hospitalisation en urgence (hématémèse, méléna, douleur abdominale brutale et intense évoquant une perforation) : ne jamais temporiser une suspicion de complication.
- Vérifier systématiquement si un contrôle de cicatrisation et/ou d'éradication de H. pylori a été réalisé, en particulier pour l'ulcère gastrique où une biopsie de contrôle est indispensable pour éliminer une cause néoplasique sous-jacente.
- Être vigilant chez les personnes de plus de 65 ans ou ayant déjà eu un ulcère : la coprescription d'un IPP en cas de traitement AINS ou d'aspirine à visée anti-agrégante y est indispensable, et son absence est un point à faire remonter au médecin traitant.
- Soutenir la cicatrisation de la muqueuse gastroduodénale en complément du traitement médical
- Accompagner l'éradication de Helicobacter pylori lorsqu'elle est en cause (voir fiche dédiée)
- Réduire les facteurs de risque modifiables (automédication en AINS, alcool, tabac, stress)
- Prévenir la récidive après cicatrisation
- Prévenir et corriger les carences nutritionnelles secondaires à une hémorragie occulte ou à l'hypochlorhydrie associée
- Accompagner la gestion du stress, facteur reconnu d'aggravation et de retard de cicatrisation

Diagnostic
- Diagnostic de certitude par endoscopie œso-gastro-duodénale, visualisant directement la perte de substance et permettant des biopsies systématiques sur les berges (élimination d'un cancer gastrique) et à distance dans l'antre et le corps gastrique (recherche de H. pylori).
- Recherche systématique de Helicobacter pylori (voir fiche dédiée) par test rapide à l'uréase, histologie, ou test respiratoire/antigènes fécaux à distance de l'épisode aigu.
- Anamnèse médicamenteuse précise (AINS, aspirine, corticoïdes) et recherche des facteurs de risque associés (tabac, alcool, stress intense, antécédent personnel d'ulcère).
- Pour l'ulcère gastrique spécifiquement : contrôle endoscopique de la cicatrisation systématique à 6-8 semaines avec nouvelles biopsies, du fait du risque de cancer gastrique sous-jacent masqué initialement.
- Bilan biologique orienté selon le contexte : NFS (recherche d'anémie), bilan de coagulation en cas de saignement ou avant geste invasif.
- Gastrite (voir fiche dédiée), lésion inflammatoire sans perte de substance atteignant la musculeuse muqueuse
- Reflux gastro-œsophagien (voir fiche dédiée)
- Dyspepsie fonctionnelle (voir fiche dédiée), sans lésion muqueuse identifiée à l'endoscopie
- Cancer gastrique, diagnostic différentiel majeur de l'ulcère gastrique, à éliminer systématiquement par les biopsies des berges et le contrôle de cicatrisation
- Pancréatite chronique (voir fiche dédiée) en cas de douleur épigastrique irradiant dans le dos
- Lithiase biliaire (voir fiche dédiée) en cas de douleur de l'hypochondre droit associée
- Syndrome de Zollinger-Ellison (gastrinome), cause rare mais à évoquer en cas d'ulcères multiples, résistants ou récidivants malgré traitement bien conduit
- Douleur épigastrique, classiquement rythmée par les repas : soulagée par l'alimentation puis récidivante 2 à 3 heures après dans l'ulcère duodénal, parfois aggravée par l'alimentation dans l'ulcère gastrique
- Douleur nocturne réveillant le patient, évocatrice de l'ulcère duodénal
- Sensation de faim douloureuse
- Nausées, parfois vomissements
- Ballonnements, éructations
- Perte d'appétit et amaigrissement, en particulier dans l'ulcère gastrique
- Dans les formes compliquées : hématémèse (vomissement de sang), méléna (selles noires, malodorantes), pâleur et signes d'anémie en cas d'hémorragie ; douleur abdominale brutale, intense, en coup de poignard, associée à une défense abdominale en cas de perforation
- Peut être totalement asymptomatique, en particulier chez les patients sous AINS au long cours (effet antalgique masquant la douleur) ou chez la personne âgée
- Signes souvent négligés en médecine conventionnelle : fatigue chronique par anémie ferriprive insidieuse en cas de saignement occulte prolongé
Évolution favorable : cicatrisation en 4 semaines pour l'ulcère duodénal et 8 semaines pour l'ulcère gastrique sous traitement anti-sécrétoire bien conduit associé à l'éradication de H. pylori et/ou l'arrêt des AINS ; l'éradication de H. pylori dispense d'un traitement anti-sécrétoire au long cours et réduit considérablement le risque de récidive.
Évolution défavorable : en l'absence de prise en charge ou de traitement adapté, risque d'hémorragie digestive (complication la plus fréquente, potentiellement grave, avec une mortalité qui reste stable autour de 5 % malgré les progrès de la prise en charge), de perforation digestive (urgence chirurgicale), de sténose pylorique cicatricielle (vomissements post-prandiaux répétés, amaigrissement), et pour l'ulcère gastrique spécifiquement, risque de méconnaître une lésion cancéreuse sous-jacente en l'absence de contrôle biopsique de cicatrisation. Signes imposant une hospitalisation en urgence : hématémèse, méléna, douleur abdominale brutale et intense avec défense, signes de choc hémorragique (pâleur, tachycardie, hypotension).
- Infection à Helicobacter pylori (voir fiche dédiée), présente chez 60 à 80 % des patients ulcéreux
- Prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou d'aspirine, y compris à faible dose et en vente libre, par inhibition de la synthèse des prostaglandines protectrices de la muqueuse
- Corticothérapie associée aux AINS, majorant significativement le risque
- Certains traitements de l'ostéoporose (bisphosphonates), associés à un risque accru selon des données récentes
- Tabagisme, retardant la cicatrisation et favorisant la récidive
- Consommation excessive d'alcool
- Stress physiologique majeur (ulcère de stress en contexte de réanimation, grands brûlés, polytraumatisme)
- Antécédent personnel d'ulcère gastroduodénal
- Âge supérieur à 65 ans, facteur de risque de complication notamment hémorragique
- Syndrome de Zollinger-Ellison (cause rare, hypersécrétion acide tumorale)
- Poursuite de la prise d'AINS ou d'aspirine sans protection gastrique adaptée
- Tabagisme actif
- Consommation d'alcool
- Stress chronique, par son effet sur la sécrétion acide et le retard de cicatrisation
- Automédication répétée en antalgiques anti-inflammatoires sans avis médical
- Inobservance du traitement d'éradication de H. pylori ou du traitement anti-sécrétoire
- Retard diagnostique lié à la banalisation de symptômes digestifs sous AINS au long cours
Physiopathologie
- Rupture de l'équilibre agression/protection de la muqueuse
- Facteurs agressifs : acide chlorhydrique, pepsine, Helicobacter pylori, AINS
- Facteurs protecteurs : mucus, bicarbonates, prostaglandines, flux sanguin muqueux, renouvellement épithélial rapide
- Mécanisme spécifique à Helicobacter pylori (voir fiche dédiée pour le détail)
- Colonisation de la muqueuse antrale principalement, production d'uréase et de cytotoxines lésant directement l'épithélium
- Dans l'ulcère duodénal, la gastrite à prédominance antrale entraîne une hypergastrinémie réactionnelle et une hypersécrétion acide qui, déversée dans le duodénum, y favorise une métaplasie gastrique puis l'ulcération
- Mécanisme spécifique aux AINS
- Inhibition de la cyclo-oxygénase 1 (COX-1), enzyme clé de la synthèse des prostaglandines protectrices (PGE2 notamment)
- → diminution de la sécrétion de mucus et de bicarbonates, réduction du flux sanguin muqueux, altération du renouvellement cellulaire
- → muqueuse fragilisée, plus vulnérable à l'agression acide même en l'absence d'infection associée
- Progression de la lésion
- Perte de substance initialement superficielle (érosion) pouvant s'approfondir jusqu'à atteindre puis dépasser la musculeuse muqueuse (définition de l'ulcère vrai, par opposition à l'érosion)
- Extension possible en profondeur jusqu'à éroder un vaisseau sous-jacent (hémorragie) ou perforer la paroi digestive (péritonite)
- Cicatrisation et risque de récidive
- La cicatrisation nécessite la levée du facteur causal (éradication de H. pylori, arrêt des AINS) associée à la réduction pharmacologique de l'acidité (IPP)
- En l'absence de traitement de la cause, le risque de récidive reste élevé même après cicatrisation apparente sous traitement symptomatique seul
Rupture de l'équilibre agression/protection de la muqueuse gastroduodénale (H. pylori et/ou AINS principalement) → lésion directe de l'épithélium (cytotoxines bactériennes) et/ou baisse des facteurs protecteurs (inhibition des prostaglandines par les AINS) → érosion superficielle initiale de la muqueuse → approfondissement de la lésion au-delà de la musculeuse muqueuse en l'absence de cicatrisation (ulcère constitué) → risque d'érosion vasculaire (hémorragie) ou de perforation pariétale en l'absence de traitement → cicatrisation conditionnée par la levée du facteur causal et la réduction pharmacologique de l'acidité → risque de récidive en l'absence de traitement de la cause sous-jacente
Accompagnement allopathique
Objectif : prévenir la survenue d'un ulcère chez les patients à risque (traitement AINS au long cours, antécédent personnel d'ulcère) et prévenir la récidive après cicatrisation.
Traitement : coprescription systématique d'un IPP chez tout patient sous AINS au long cours de plus de 65 ans ou ayant déjà eu un ulcère gastroduodénal ; éviction de l'aspirine à visée anti-agrégante chez les patients ayant un antécédent d'ulcère, sauf indication cardiovasculaire impérative avec protection gastrique associée ; dépistage et éradication de H. pylori avant tout traitement AINS au long cours prévu chez un patient à risque ; arrêt du tabac et modération de l'alcool en prévention de la récidive.
Objectif : cicatriser la lésion ulcéreuse et traiter la cause sous-jacente.
Traitement : arrêt des AINS lorsque possible, associé à un traitement par IPP pour une durée de 4 semaines (ulcère duodénal) à 8 semaines (ulcère gastrique) ; si la poursuite des AINS est indispensable après réévaluation, traitement prolongé par IPP permettant de poursuivre le traitement en parallèle ; éradication de H. pylori si l'infection est confirmée, par quadrithérapie bismuthée ou trithérapie concomitante selon le profil de résistance local (voir fiche dédiée), dispensant alors d'un traitement anti-sécrétoire prolongé une fois l'éradication obtenue ; prise en charge endoscopique en urgence en cas d'hémorragie (hémostase par clip, injection ou thermocoagulation) ; prise en charge chirurgicale en cas de perforation ou d'échec du traitement endoscopique de l'hémorragie ; contrôle endoscopique systématique avec nouvelles biopsies pour l'ulcère gastrique afin d'éliminer formellement une cause néoplasique.
Évaluation fonctionnelle du terrain
- Depuis quand les symptômes sont-ils présents ? La douleur est-elle rythmée par les repas ?
- L'ulcère a-t-il été localisé à l'estomac ou au duodénum ? Une biopsie de contrôle a-t-elle été faite si ulcère gastrique ?
- Une infection à Helicobacter pylori a-t-elle été recherchée et traitée ? Le contrôle d'éradication a-t-il été fait (voir fiche dédiée) ?
- Prenez-vous ou avez-vous pris récemment des AINS, de l'aspirine, ou des corticoïdes, y compris en automédication ?
- Avez-vous déjà eu un épisode d'hémorragie digestive ou de perforation ?
- Fumez-vous ou consommez-vous de l'alcool régulièrement ?
- Comment évaluez-vous votre niveau de stress au quotidien ?
- Avez-vous des signes de carence (fatigue, pâleur, essoufflement) ?
- Avez-vous des antécédents personnels ou familiaux d'ulcère ou de cancer gastrique ?
- Avez-vous des signes d'alarme actuels (vomissements de sang, selles noires, douleur abdominale brutale) ?
Bilans conventionnels (à faire prescrire par le médecin traitant ou le gastro-entérologue) :
- Endoscopie œso-gastro-duodénale avec biopsies (berges de l'ulcère et recherche de H. pylori)
- Test de dépistage de H. pylori si non déjà réalisé
- NFS, ferritine
- Bilan de coagulation en cas d'antécédent hémorragique ou avant geste invasif
- Contrôle endoscopique de cicatrisation à 6-8 semaines pour l'ulcère gastrique
Bilans fonctionnels (à prioriser en première intention selon la clinique, laboratoires Barbier/BIOAVENIR, LIMS, Synlab) :
- Bilan du statut en fer et en vitamine B12, notamment en cas d'antécédent hémorragique occulte
- Bilan de la fonction digestive haute (hypochlorhydrie fonctionnelle associée, voir fiche dédiée)
- Analyse du microbiote intestinal en cas d'antibiothérapie d'éradication récente
- Bilan du stress oxydatif en cas d'ulcère récidivant
Accompagnement naturopathique
Accompagnement naturopathique préventif
Objectif : s'adresse aux personnes à risque (traitement AINS au long cours, antécédent personnel d'ulcère cicatrisé, terrain de stress chronique) avant récidive ; but recherché : réduire les facteurs de risque modifiables et soutenir la résilience de la muqueuse.
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse, vérification de la coprescription IPP si AINS au long cours, identification des facteurs de risque modifiables (tabac, alcool, stress, automédication).
- Séance 2 : renforcement des mesures de protection muqueuse et de gestion du stress.
- Séance 3 : consolidation des routines, réévaluation clinique.
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Traitement AINS au long cours pour pathologie rhumatologique, plus de 65 ans | Prévenir la récidive ulcéreuse | Vérification de la coprescription IPP avec le médecin, réduction des autres irritants (alcool, tabac), phytothérapie protectrice |
| Antécédent personnel d'ulcère cicatrisé, éradication de H. pylori confirmée | Prévenir la récidive et soutenir un terrain digestif résilient | Soutien du microbiote, gestion du stress, alimentation protectrice de la muqueuse |
| Stress chronique marqué avec automédication fréquente en antalgiques | Réduire le recours aux AINS et le risque associé | Techniques de gestion du stress et de la douleur alternatives, orientation vers le médecin pour réévaluation du traitement antalgique |
Accompagnement naturopathique de soutien
Objectif : soutenir la cicatrisation muqueuse et le microbiote pendant et après le traitement médical d'un ulcère actif, en coordination stricte avec ce dernier.
Protocole :
- Séance 1 : anamnèse complète, vérification du traitement en cours (IPP, éradication de H. pylori le cas échéant) et de l'absence de signe d'alarme, mise en place des mesures alimentaires protectrices de base.
- Séance 2 : introduction de la phytothérapie et de la micronutrition de soutien à la cicatrisation, soutien du microbiote si antibiothérapie en cours ou récente.
- Séance 3 : travail sur le stress et les facteurs de risque modifiables, vérification du contrôle de cicatrisation/éradication.
- Séances suivantes : suivi selon l'évolution, transition vers le protocole préventif une fois la cicatrisation confirmée.
Les accompagnements diffèrent selon le profil identifié au questionnaire :
| Problématique | Sous-objectif | Solution |
|---|---|---|
| Ulcère à H. pylori en cours de traitement d'éradication (voir fiche dédiée) | Soutenir la tolérance du traitement et la cicatrisation | Probiotiques adaptés en décalage des antibiotiques, micronutrition ciblée (zinc-carnosine), phytothérapie apaisante à distance de l'antibiothérapie |
| Ulcère sous AINS chez un patient ne pouvant arrêter le traitement de fond | Limiter l'agression muqueuse résiduelle malgré la poursuite des AINS | Vérification stricte de la protection IPP avec le médecin, phytothérapie protectrice de la muqueuse, réduction des autres cofacteurs (alcool, tabac, stress) |
| Antécédent hémorragique avec anémie ferriprive résiduelle | Corriger la carence et soutenir la récupération | Bilan et supplémentation en fer adaptée à la tolérance digestive, alimentation riche en fer bien assimilable |
| Ulcère récidivant malgré traitement bien conduit | Explorer les causes rares et soutenir le terrain global | Orientation médicale pour recherche de cause rare (Zollinger-Ellison), soutien global du stress et du mode de vie |
Boîte à outils
Priorité :
- Alimentation peu irritante en phase active (éviction temporaire de l'alcool, des plats très épicés, du café à jeun) : réduction de l'agression muqueuse directe
- Modalité : à maintenir pendant la phase symptomatique et la cicatrisation
- Repas réguliers et fractionnés, mastication soignée : réduction de l'hypersécrétion acide réactionnelle
- Modalité : 4 à 5 prises alimentaires modérées
Options complémentaires :
- Chou et jus de chou cru : soutien traditionnel de la cicatrisation muqueuse
- Modalité : en cure, à distance des repas, selon tolérance
- Miel non chauffé : usage traditionnel apaisant
- Modalité : 1 cuillère à café, à distance des repas
Précautions : pas de restriction alimentaire prolongée en autonomie ; en cas de traitement d'éradication de H. pylori en cours, ne pas superposer d'aliments ou compléments à visée antibactérienne non concertés.
Priorité :
- Zinc-carnosine : soutien documenté de la cicatrisation de la muqueuse gastroduodénale
- Modalité : selon posologie du produit, cure de 4 à 8 semaines
- Fer (selon bilan, en cas d'antécédent hémorragique) : correction de l'anémie ferriprive
- Modalité : forme bien tolérée digestivement (bisglycinate), à distance des repas selon tolérance
Options complémentaires :
- Vitamine C : soutien de la cicatrisation tissulaire et de l'absorption du fer
- Modalité : 500 mg/jour, en cure
- Glutamine : soutien trophique de la muqueuse digestive
- Modalité : cure courte, à distance de tout contexte oncologique non stabilisé
Précautions : le fer per os peut être mal toléré et irritant sur une muqueuse ulcérée, à introduire prudemment ; ne jamais superposer de compléments à visée antibactérienne à un traitement d'éradication en cours sans avis.
Priorité :
- Cohérence cardiaque quotidienne : réduction de l'hypersécrétion acide liée au stress et soutien de la cicatrisation
- Modalité : 3 fois 5 minutes par jour
Options complémentaires :
- Sophrologie ou méditation de pleine conscience
- Modalité : séances hebdomadaires ou pratique autonome guidée
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Marche régulière modérée : soutien de la digestion et réduction du stress
- Modalité : 30 minutes, 3 à 5 fois par semaine
Options complémentaires :
- Yoga doux
- Modalité : 1 à 2 séances par semaine
Précautions : éviter les activités intenses ou hyperpressives en phase symptomatique aiguë ou en cas d'antécédent hémorragique récent.
Naturopathique : suivi rapproché pendant la phase de cicatrisation (toutes les 2 à 4 semaines), puis trimestriel une fois la cicatrisation confirmée.
Conventionnel : médecin traitant ou gastro-entérologue pour le diagnostic, le traitement et son contrôle (endoscopique pour l'ulcère gastrique, biologique pour l'éradication de H. pylori), hospitalisation en urgence en cas de complication hémorragique ou perforative.
Autre : diététicien en cas de retentissement nutritionnel significatif, tabacologue en cas de sevrage tabagique à accompagner.
Priorité :
- Réglisse déglycyrrhizinée (DGL) : soutien de la muqueuse gastroduodénale, favorise la sécrétion de mucus protecteur
- Modalité : à mâcher 20 minutes avant les repas, cure de plusieurs semaines
- Camomille matricaire : anti-inflammatoire et apaisant digestif doux
- Modalité : infusion après les repas
Options complémentaires :
- Guimauve (racine) : mucilage protecteur de la muqueuse
- Modalité : macérat à froid, à distance des repas
Précautions : réglisse non déglycyrrhizinée contre-indiquée en cas d'hypertension artérielle ; aucune plante ne doit retarder ou remplacer le traitement médical d'un ulcère actif, en particulier en cas de suspicion de complication.
Priorité :
- Hydrolat de camomille romaine : apaisement digestif doux
- Modalité : 1 cuillère à café diluée dans un verre d'eau, après les repas
Options complémentaires :
- Hydrolat de mélisse en cas de composante anxieuse associée
- Modalité : dilué dans un verre d'eau, 1 à 2 fois par jour
Précautions : huiles essentielles concentrées à éviter par voie orale sur une muqueuse ulcérée ; privilégier les hydrolats.
Priorité :
- Hydratation régulière en dehors des repas : soutien digestif sans surcharger l'estomac
- Modalité : eau à température ambiante, fractionnée dans la journée
Options complémentaires :
- Eau bicarbonatée en cas de douleur ponctuelle
- Modalité : ponctuellement, hors usage systématique prolongé
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
Priorité :
- Régularité des repas et du sommeil : réduction de l'hypersécrétion acide réactionnelle
- Modalité : horaires fixes, 7 à 9 heures de sommeil
- Arrêt du tabac : facteur de retard de cicatrisation et de récidive bien documenté
- Modalité : accompagnement au sevrage en lien avec le médecin traitant si besoin
Options complémentaires :
- Réduction des écrans et rituel de détente en soirée
- Modalité : arrêt des écrans 1h avant le coucher
Précautions : aucune spécificité supplémentaire.
- Aucune phytothérapie ou micronutrition ne doit retarder ou remplacer le traitement médical d'un ulcère actif, en particulier en cas de suspicion de complication
- Réglisse non déglycyrrhizinée contre-indiquée en cas d'hypertension artérielle
- Fer per os à introduire prudemment sur une muqueuse ulcérée, à distance des repas selon tolérance
- Probiotiques à décaler de plusieurs heures par rapport à la prise d'antibiotiques en cas d'éradication de H. pylori en cours
- Automédication en AINS ou aspirine fortement déconseillée en cas d'antécédent d'ulcère, à réévaluer systématiquement avec le médecin traitant
- Toute apparition de signe d'alarme (hématémèse, méléna, douleur abdominale brutale) impose une hospitalisation en urgence, sans délai
Rappels
Muqueuse gastroduodénale et facteurs protecteurs
- Le mucus alcalin et les bicarbonates sécrétés par les cellules épithéliales forment une barrière protectrice entre l'acide gastrique et l'épithélium
- Les prostaglandines (notamment PGE2) stimulent cette sécrétion protectrice et favorisent le flux sanguin muqueux et le renouvellement cellulaire rapide, d'où la vulnérabilité muqueuse induite par les AINS qui bloquent leur synthèse
Différence anatomique ulcère gastrique/duodénal
- L'ulcère duodénal survient le plus souvent dans un contexte d'hypersécrétion acide (gastrite antrale à H. pylori notamment) et touche une population plus jeune en moyenne
- L'ulcère gastrique survient davantage sur un terrain de muqueuse fragilisée (AINS, atrophie liée à une gastrite chronique étendue) et nécessite systématiquement l'élimination d'une cause néoplasique du fait de sa localisation
Vascularisation et risque hémorragique
- La paroi gastroduodénale est richement vascularisée ; un ulcère profond peut éroder une artériole ou une artère de plus gros calibre (artère gastroduodénale notamment pour les ulcères de la face postérieure du bulbe), expliquant le risque d'hémorragie parfois massive
Amont :
- Infection à Helicobacter pylori (voir fiche dédiée), cause la plus fréquente
- Prise d'AINS ou d'aspirine pour une pathologie rhumatologique, cardiovasculaire ou douloureuse sous-jacente
- Gastrite chronique préexistante (voir fiche dédiée)
- Stress chronique ou aigu majeur
Aval :
- Anémie ferriprive, aiguë (hémorragie) ou chronique (saignement occulte prolongé), avec fatigue et retentissement fonctionnel global
- Retentissement sur l'absorption digestive globale par l'hypochlorhydrie associée au traitement anti-sécrétoire prolongé (voir fiche Hypochlorhydrie gastrique)
- Retentissement psychologique en cas d'antécédent d'épisode hémorragique ou de perforation, avec anxiété résiduelle autour de l'alimentation ou de la prise de certains médicaments
- Risque de sténose pylorique cicatricielle en cas d'ulcères pyloriques ou pré-pyloriques répétés, avec retentissement nutritionnel par vomissements chroniques
- Risque, pour l'ulcère gastrique non biopsié ou non contrôlé, de méconnaître une évolution néoplasique sous-jacente
Niveaux de preuves
- ⭐⭐⭐ Rôle causal de Helicobacter pylori et des AINS dans la survenue de l'ulcère gastroduodénal, représentant à eux deux environ 80 % des cas
- ⭐⭐⭐ Efficacité de l'éradication de H. pylori dans la réduction du risque de récidive ulcéreuse et hémorragique
- ⭐⭐⭐ Efficacité de la coprescription d'IPP chez les patients sous AINS au long cours à risque (plus de 65 ans, antécédent d'ulcère)
- ⭐⭐⭐ Nécessité du contrôle endoscopique et biopsique de cicatrisation pour l'ulcère gastrique afin d'éliminer une cause néoplasique
- ⭐⭐ Association entre certains traitements de l'ostéoporose (bisphosphonates) et risque accru de complication ulcéreuse
- ⭐⭐ Efficacité du zinc-carnosine en soutien de la cicatrisation muqueuse
- ⭐⭐ Rôle du tabagisme dans le retard de cicatrisation et la récidive ulcéreuse
- ⭐ Usage traditionnel de la réglisse déglycyrrhizinée, du chou cru et du miel non chauffé en soutien de la muqueuse gastroduodénale
- ⭐ Usage de la glutamine en soutien trophique de la muqueuse digestive
Sources
- VIDAL, Recommandations — Ulcère gastrique ou duodénal
- CNP-HGE (Conseil National Professionnel d'Hépato-Gastro-Entérologie), Ulcères gastro-duodénaux
- Lanas A., Chan F.K.L., Peptic ulcer disease, The Lancet, 2017
- Malfertheiner P. et al., Management of Helicobacter pylori infection: the Maastricht VI/Florence consensus report, Gut, 2022
- Haute Autorité de Santé (HAS), recommandations relatives à la prévention des lésions gastroduodénales sous AINS
- American College of Gastroenterology (ACG), Guidelines for the Treatment of Helicobacter pylori Infection, 2024
